En 2016, 12Mail laisse la place à Red Bull Space Paris et persiste dans sa volonté de présenter des artistes émergents ou encore peu connus du grand public qui se jouent des frontières – toujours plus poreuses – entre les disciplines artistiques. C’est l’artiste français, Julien Langendorff, qui inaugure ce nouveau cycle d’expositions en présentant une série de collages inédits ou peu montrés. Nous avons demandé à son ami et premier supporteur, Thurston Moore (leader du groupe Américain Sonic Youth) de vous présenter le travail de Julien, en anglais dans le texte.

In 2016, 12Mail will gracefully bow out to allow for Red Bull Space Paris, reestablishing our intent to present emerging or up-and-coming artists who choose to ignore the usual – yet ever so porous -  frontiers between the various artistic worlds.  French artist Julien Langendorff is the one to kick off this new exhibition cycle, with a presentation of a previously rarely, if ever shown  series of collages. We asked Thurston Moore, of Sonic Youth fame, if he’d introduce you to Julien’s work.

« I love Julien Langendorff because Julian loves rock n roll. He’s a rock’n’roll songwriter in the truest sense. He’s an artist in love with rock’n’roll. He’s a rock’n’roll animal. He loves love and writes love songs, the signifiers flaring, flashing, flowing off paper pages of passion, romance, sex and grace. These are his notes. Julian makes music, love and worship. His tools are the guitar and amp in his heart, his heart the light on the page where the score is love. Feminine beauty is all. The artist in love with the high art of rock’n’roll, the vision of the rock’n’roll animal is in the room. This is the energy of God and passion where rock n roll as united duology comes. The artist in love, with love, sees love, the rock’n’roll artist animal comes to share, to save the day. For now the artist is musician is angel. This is our music. »

Thurston Moore

CONTACTS
Contact Red Bull Space Paris / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
Contact Communication Red Bull / Xavier Paufichet : xavier.paufichet@fr.redbull.com
Julien Langendorff : http://julienlangendorff.com
Event FB : https://www.facebook.com/events/1651645905092751

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ÉTAPES : MAGAZINE
Diplômes étudiants

Du 4 décembre au 29 janvier 2016
Vernissage le vendredi 4 décembre de 18h à 21h
Red Bull Space Paris, 12 rue du Mail, 75002 Paris

À l’occasion de la sortie de son numéro « Diplômes & Écoles 2015 », le magazine Étapes présente quelques-uns des 50 travaux parmi les plus brillants de son traditionnel « numéro étudiant ». Isabelle Moisy Cobti, co-rédactrice en chef d’Étapes et commissaire d’exposition invitée introduit l’exposition.

« Si le diplôme marque pour beaucoup des étudiants la fin des études et l’entrée sur le marché du travail, il est aussi pour certains une opportunité d’approfondir ses connaissances en post-diplôme, faire de la recherche en thèse, partir en stage à l’étranger ou tout simplement une première étape avant de découvrir le monde. Il s’inscrit dans tous les cas dans une démarche de projection vers un avenir qui peut, parfois, paraître incertain.

Réalisés au cours de l’année 2014-2015 pour la validation de cursus en écoles d’art, de design ou des nouveaux médias, les projets exposés montrent les préoccupations, les rêves ou les recherches d’une jeune génération de designers, de graphistes, photographes et d’illustrateurs qui questionnent sur le devenir de nos sociétés contemporaines.
Travail introspectif sur le corps et l’individu, exploration de nouveaux écosystèmes et compréhension des milieux, solutions habiles et sensibles pour l’avenir de l’édition ou de l’écriture, nouvelles applications, projets d’environnements interactifs ou mises en abîme de nos modèles socio-culturels : les jeunes créateurs de demain tentent de relever avec audace, humour et intelligence le défi de nous offrir un monde meilleur ».

L’exposition présentera les projets de diplômes 2015 publiés dans le numéro é :228 d’Étapes (Novembre-Décembre) ainsi qu’une sélection surprise en ligne préparée pour l’événement.

Avec les travaux de Thibault Jouvent, Félicien Goguey, Emmy Marchesse, Sylvain Joly & Michael Martin, Bilal Sebei, Alexandre Haefeli, Daphne Christoforou, Maxime Jacobs, Marion Caron, Suzon Hauchard, Namsa Leuba, Lucas Descroix, Marie Mirgaine, Elliott Amblard, Jonas Obadia, Mathilde Fiant, Estelle Vanmalle, Adriaan Van Leuven, Delphine Sicard, Malafosse My-Lan, Estelle Bizet, Louise Drulhe, Mélanie Laviolette, Manon Bruet, César Henry, Ivan Murit, Diane Rousseau, Michael Driver, Sarah Cleeremans, Laura Gordon, Corentin Noyer, Mélitine Courvoisier, Raphaëlle Ankaoua, Léa Krysiecki, Fermin Guerrero, Camille Thomas, Hélène Mourrier, Vytautas Jankauskas, Rémi Esslinger, Thomas Fournier, Alexia Sellem, Adrien Contesse, Charles Levai, Valentin Defaux, Alix Le Barazer, Lorène Pollitzer, Line Hachem, Charles Bail, Anaïs Vandeweghe, Janna Ullrich

Exposition produite avec le soutien d’Arjowiggins, Fotolia et la Manufacture d’Histoires Deux-Ponts.

MORE INFOS
Étapes Graphiques : https://etapes.com

CONTACTS
Contact 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
Contact Communication Red Bull / Marion Toche : marion.toche@fr.redbull.com

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MACIEK POZOGA Uchronia
En collaboration avec Christopher Kirkley

Du 4 septembre au 16 octobre 2015
Vernissage le vendredi 4 septembre de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Il y a cinq ans le photographe Maciek Pozoga faisait ses premiers pas en galerie en co-programmant une de nos premières expositions pour le compte de l’édition française du magazine « Vice ». Depuis, il a travaillé pour plusieurs publications prestigieuses et reçu la bourse pour la photo documentaire Lagardère 2014. Cinq ans plus tard, il revient donc pour une exposition personnelle. Ce projet inédit est l’aboutissement d’une collaboration de plusieurs mois avec le musicologue Américain Christopher Kirkley.

En juin 2015, le photographe Maciek Pozoga et le musicologue Christopher Kirkley passent deux semaines à Bamako, la capitale du Mali, afin d’y produire un corpus de travaux intitulé « Uchronia : L’interprétation univoque de la réalité ». Leur recherche prolonge et élabore un récit trouvé sur Internet : comment, en 1311, l’empereur malien Abubakari II quitta l’Afrique occidentale pour explorer l’océan Atlantique. Le Mali était alors riche – sans doute le pays le plus riche du monde – mais Abubakari désirait plus : la gloire, peut-être, ou de nouvelles terres. Il croyait pouvoir trouver les deux de l’autre côté de la grande eau et prit une flotte de 2000 bateaux pour partir à leur recherche. En Afrique, pour certains, Abubakari découvrit l’Amérique ; en Europe occidentale, ce fut Christophe Colomb.

Soi-disant.

L’histoire d’Abubakari sert de point de départ et de prétexte à une “mission ethnographique” dans une réalité alternative. Encouragés par une découverte sur Internet, Maciek Pozoga et Christopher Kirkley partent au Mali et commencent à poser des questions : et si Abubakari avait vraiment découvert l’Amérique? Quelles réalités alternatives pourraient avoir connues le Mali, l’Afrique – le Monde?

Dans « Uchronia », Pozoga et Kirkley jonglent avec la science-fiction, le folklorisme et le documentaire social afin d’explorer des thèmes tels que la géographie (voire la fin de la géographie), l’inter-connectivité, la mondialisation, l’histoire et son interprétation.

La photographie est le médium principal du projet, mais c’est avant tout un prétexte permettant une production multidimensionnelle. Faisant régulièrement confiance au hasard, Pozoga et Kirkley travaillent avec des musiciens locaux, des anthropologues, des griots, des linguistes, des peintres d’enseignes et des artistes 3-D, pour créer un ensemble fertile et évolutif de pièces sonores et visuelles.

Collaboration entre le photographe et le musicologue, ce projet est aussi une collaboration entre les artistes et le Mali, son peuple, sa culture, ses fables et ses multiples réalités, qu’elles soient accomplies ou à venir.

Le disque enregistré par Christopher Kirkley à Bamako et produit au Red Bull Studios Paris fera l’objet d’une édition vinyle sur le label américain Sahel Sounds, celui-ci est accompagné par une publication éditée par Pierre Hourquet, produite avec le soutien de Carhartt WIP, disponible à la galerie pendant la durée de l’exposition.

Cette exposition est produite par Red Bull et Carhartt WIP.

MORE INFOS
Interview chez Vice France : http://www.vice.com/fr/read/maciek-pozoga-uchronia-mali-182
12Mail – Red Bull Space : http://www.12mail.fr/
Maciek Pozoga : http://maciekpozoga.com/
Sahel Sounds – Christopher Kirkley : http://sahelsounds.com/
Carhartt Wip : www.carhartt-wip.com

CONTACTS
Contact 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
Contact Communication Red Bull / Marion Toche : marion.toche@fr.redbull.com
Contact Communication Carhartt WIP : pr@carhartt-wip.com

Images © Nicolas Jacquemin

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JARVIS COCKER 20 Golden greats
From june 17th to august 28th
Opening reception wednesday june 17th, 6pm to 9pm
Red Bull Space Paris, 12 rue du Mail, 75002 Paris, France.
infos@12mail.fr

Each year, Red Bull Space Paris offers one artist a residency culminating in an exhibition. The soundtrack to that exhibit, recorded at Red Bull Studios Paris, is cut to vinyl for the occasion. After Trevor Jackson last year, 2015 brings us English musician Jarvis Cocker. The former lead singer of Pulp has chosen to present a new kind of Gold Record: an imaginary award that seeks to uncover the nature of music and the intangibility of success.

Gold records are a myth: they don’t exist. Cited in biographies and celebrated in the pages of magazines, their value is actually non-existent. Not only because they usually aren’t at all made with gold, but moreover because they are generally crafted in a manner at best vaguely artistic, and at worst, perfectly kitsch. But they strike our interest because of something else. Their intrinsic value, beyond the physical, is infinite; it represents the materialisation of the immaterial, of collective energies, of shared success. A meditation on the intangible and symbolic content of these flimsy plastic discs guides Jarvis Cocker, inhabiting the works of his exhibition.

The idea arose 3 years ago, during a period in which I didn’t really know where I was headed. I had just finished a tour and people kept asking what I was going to do next, if I was going to start work on a new record. Though it’s a bit embarrassing, that’s where the idea came from. I told them ‘Yes, I’m working on records, but not in the manner you’d expect.” Working by hand, he designed and crafted Vinyl 45s, attributing fictional songs to his best loved labels: RCA Victor, Belter, Disques Vogue… “It’s a way of playing with the machinery of the record industry: for one disk, I imagined I was at Philips, on another, that I was at Motown, or the Island of the 1970s. I imagined mysef on all those labels that I love, that I track down as a collector, in record shops.” A game of musical chairs, a mise-en-abyme of the labyrinthine day-to-day of artists circling from label to label, from corridor to corridor and from studio to studio.

Adorned with an imaginary title and sealed with the logo of a famous label, the virgin circle of rough black vinyl begins to take life. An emotional charge awakens inert matter: how many records have been bought on the faith alone of a logo or a handful of the artist’s skilfully arranged words? Just how many personal worlds, semantic universes, and intimate echoes resonate within song titles? “Titles are an important part of the music; in just a few words, they reflect an artist’s imagination. As a songwriter, someone who works with words, I enjoy the challenge of expressing something in barely three words.

They may be imaginary but Jarvis’ records exist nonetheless, with lives of their own, played live and radio transmitted: energy shared between millions of fans. Charged with the force of the collective unconscious, they’ve become symbols of collective success, they’ve attained their gold status: “They started out as regular records, but in an apparent twist of egomania, I decided that they should be Gold records. It was a way of saying: I released an LP on Island Records and I sold millions. It was a sort of fantasy of success at a time in my life when I wasn’t even sure I’d carry on making music and releasing records.

The Gold record can’t be bought. It can’t be sold either: its value is intrinsic. It is but the reflection of success, a materialisation of collective energy, of a public enthusiasm that would remain otherwise intangible. What’s at stake here is a meditation on the form, the act of materializing the immaterial, and the manner in which success is represented: “At certain points in my career I received gold and platinum records but I always felt a little bit embarrassed, I was never quite at ease with the idea and always gave them to my mother because I certainly didn’t want them in my house. This was the challenge I faced with this exhibition: how to make the gold record something desirable, something with class and sophistication, because as far as I’m concerned, gold records, and especially those you see lined up on the walls of recording studios, are always rather ugly.

It’s in that crack between material and immaterial that the other side of the exhibition is to be found: beside the gold records, screens play footage from a music TV program from 1980s England. Fixed on the audience rather than the musicians, the cameras capture adolescents in full swing, moving about, screaming and clapping. As far as Jarvis is concerned, this is where you find the real measure of success, the real measure of the gold record: “In contrast to the gold record, which is the record industry’s way of confirming commercial success, these fans who engage, share an energy, a communal moment that’s ultimately not so focused on the band, it’s them who symbolise what music means to me: an energy to be shared, that draws people together, that encourages interactions via the act of listening and dancing. That’s what the spirit of music is, as I understand it.  Sometimes it’s not even the music itself that’s most important. ”

Jarvis Cocker spent a week at Red Bull Studios Paris producing and recording the soundtrack for ‘20 Golden Greats’. With the support of several invitees (harpist Serafina Steer, French producer Pilooski), he has crafted a purely instrumental sound to accompany the project.  “I wanted a sonic landscape that really extrapolated the exhibition experience. This past week at Red Bull Studios Paris was a great experience because of the freedom we had in the way we worked. We came, we tried out different ideas, which we then recorded in simple fashion. It’s a real luxury to be able to just try out different things, with the allotted time and the materials at hand.” The soundtrack will exclusively be available at the gallery for the duration of the exhibition, on limited edition vinyl only.

Chaque année 12Mail – Red Bull Space invite un artiste en résidence pour un projet d’exposition dont la bande son, réalisée au Red Bull Studios Paris est éditée en vinyle pour l’occasion. Après Trevor Jackson l’année dernière, c’est au tour du musicien Anglais Jarvis Cocker – ex leader du groupe Pulp – qui a choisi de présenter des disques d’or d’un genre nouveau : des récompenses imaginaires au service d’une réflexion sur l’essence de la musique et l’immatérialité du succès.

Le disque d’or est un mythe, il n’existe pas. On le mentionne dans les biographies, on le célèbre dans les pages de magazines, mais en réalité il ne vaut rien. D’abord parce qu’il n’est généralement pas en or, mais aussi parce qu’il est la plupart du temps serti d’un habillage au mieux vaguement artistique, au pire parfaitement kitsch. Mais il fascine parce qu’il renferme autre chose : au-delà de sa matérialité, sa valeur intrinsèque est infinie ; il est la matérialisation d’un immatériel, d’une énergie collective, d’un succès partagé. C’est une réflexion sur cet accomplissement de l’impalpable, sur la charge symbolique qui habite ce maigre support plastique qui guide Jarvis Cocker et habite les créations qu’il va présenter.

« L’idée a germé il y a 3 ans, à une période où je ne savais pas vraiment où j’allais. Je venais de terminer une tournée, et mon entourage me demandait sans cesse ce que j’allais faire, si j’allais travaillais sur un nouveau disque. C’était embarrassant, mais il m’est venu cette idée. Je leur ai dit : “Oui, je travaille sur des disques, mais pas de la manière dont vous l’imaginez” ». A la main, il invente et dessine des rondelles de 45 tours, dispersant ses chansons fictives sur les labels qu’il affectionne : RCA Victor, Belter, Disques Vogue…: « C’est une manière de jouer avec le fonctionnement de l’industrie du disque : pour tel disque j’imaginais que j’étais chez Philips, pour tel autre j’étais sur Motown, ou sur Island dans les années 1970. Je pouvais subitement me retrouver sur tous ces labels que j’affectionne, que je recherche en tant que collectionneur de disques lorsque je fouille dans les magasins ». Un jeu de chaises musicales, en même temps qu’une mise en abyme du quotidien labyrinthique des artistes circulant de labels en labels, de couloirs en couloirs, de studios en studios.

Parée d’un titre imaginaire, tamponnée du logo d’un célèbre label, la galette de vinyle noir, brute et vierge, prend vie. Une charge émotionnelle réveille le support inerte : combien de disques ont été achetés sur la foi d’un logo ou de quelques mots habilement assemblés par les auteurs ? Combien d’imaginaires, d’univers sémantiques et d’échos intimes se dégagent d’un titre de chanson ? « Les titres sont importants dans la musique, ils disent beaucoup de l’imagination d’un artiste en peu de mots. Je suis un songwriter, je travaille avec des mots, et je pense qu’il est intéressant de chercher à dire quelque chose avec à peine trois mots. ».

Mais il y a plus : même s’ils sont imaginaires, les disques de Jarvis possèdent une existence propre, une vie. Ils ont été joués sur scène, sont passés à la radio et ont transmis leur énergie à des millions de fans. Chargés d’un inconscient collectif, symboles d’un succès partagé, ils sont ainsi devenus des disques d’or : « A l’origine c’était de simples disques, mais, en raison de ce qui s’apparente un peu à de la mégalomanie, j’ai décidé que ce serait des disques d’or. C’est une manière de dire : j’ai sorti un disque sur Island Records et j’en ai vendu des millions. C’était un peu un fantasme de succès, à une époque où je ne savais pas si j’allais vraiment continuer à faire de la musique et à sortir des disques ».

Le disque d’or ne s’achète pas et ne se vend pas ; sa valeur est intrinsèque. Il n’est que le reflet d’un succès, la matérialisation d’une énergie collective, d’un enthousiasme populaire qui demeure impalpable. C’est une réflexion sur le support, sur la matérialisation d’un immatériel, et la manière de représenter le succès, qui l’emporte ici : « J’ai reçu des disques d’or, des disques de platine, même, durant ma carrière, mais ça m’a toujours embarrassé, je n’ai jamais été à l’aise avec ça et je les ai donc tous donnés à ma mère car je n’en voulais pas chez moi. C’est précisément le challenge de cette exposition : faire du disque d’or quelque chose de désirable, de classieux et de sophistiqué, parce que pour moi, les disques d’or, particulièrement ceux que tu vois quand tu vas dans les studios où ils sont alignés sur les murs, sont assez laids ».

C’est ici, dans ce creux entre matériel et immatériel, que se noue le lien avec l’autre partie de l’exposition : à côté des disques d’or, des écrans diffusent des séquences d’une émission musicale anglaise des années 1980. Braquées sur le public plutôt que sur les musiciens, les caméras saisissant des adolescents en liesse qui occupent l’espace, hurlent et applaudissent.  Pour Jarvis, c’est ici que se joue la notion de succès, et donc de disque d’or : « A la différence du disque d’or, qui est une manière pour l’industrie du disque de qualifier un succès commercial, ces fans qui s’agitent, qui partagent une énergie, qui communient, et qui prêtent finalement très peu d’attention au groupe, symbolisent ce qu’est pour moi la musique : une énergie qui se partage, qui pousse les gens à se réunir, à échanger entre eux, en écoutant, en dansant. Pour moi, c’est ça l’esprit de la musique. Parfois, la musique n’est même pas le plus important ».

Jarvis Cocker a passé une semaine au Red Bull Studios Paris pour produire et enregistrer la bande son de ces 20 Golden Greats. Epaulé par quelques invités (la harpiste Serafina Steer, le producteur Français Pilooski), cette musique purement instrumentale vient compléter sa réflexion. « Je voulais créer une sorte de paysage sonore qui décuplerait l’expérience des gens qui visitent l’exposition. Cette semaine au Red Bull Studios Paris était une très bonne expérience parce que la manière dont on a travaillé était très libre. On est venu, on a testé des idées puis on les a enregistrées très simplement. C’était un vrai luxe de venir juste pour essayer des choses, en utilisant le temps nécessaire, le matériel à disposition. » Cette bande-son fera l’objet d’une édition vinyle limitée, hors commerce, disponible à la galerie pendant la durée de l’exposition.

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JEAN ANDRÉ
Anyone who knows what love is (will understand)

Du 7 mai au 11 juin 2015
Vernissage le jeudi 7 mai de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Aveyronnais d’origine, dessinateur et directeur artistique, Jean André est un esthète qui magnifie le charme de la figure féminine par le biais d’une œuvre protéiforme. Il présentera à 12Mail – Red Bull Space ses derniers travaux de peinture, ses encres, dessins et pour la première fois, sculptures.

Librement inspiré par les débuts du magazine Lui, Gainsbourg, Matisse ou encore Angélique et Emmanuelle, Jean André propose une version plus contemporaine de l’illustration érotique « à la française » et diffuse ses dessins via les nouveaux réseaux de communication. Il imagine une sensualité souriante, hyper-réaliste mais doucement pudique.

Dans le travail de Jean André, chaque médium est utilisé pour relater d’une expérience humaine différente. Ses portraits de femmes, qui composent la majeure partie de son travail, racontent des rencontres quotidiennes : sur internet, le long de pages de magazines, ou encore dans la vie quotidienne. De ces contacts spontanés, il crée, par le biais de dessins ou de peintures dans lesquels il isole par un détail, un moment, un regard, une intimité partagée ou fantasmée.

Çà et là, des carrés de soie minimalistes et dessins réalisés au rouge à lèvres crient des mots d’amour, ou subliment des lettres de ruptures. Garçon sensible se réclamant du « gentleman art », Jean André pense cette exposition comme une ode à l’éternel féminin.

Pendant la dernière semaine de l’exposition, l’artiste réalisera des portraits à la demande. Les futurs modèles peuvent envoyer leurs photos à l’adresse suivante : hello@jeanandre.fr à partir du 4 juin. Les portraits sélectionnés seront dessinés puis exposés par l’artiste et leurs propriétaires pourront les récupérer gratuitement lors du décrochage de l’exposition.

MORE INFOS
Jean André : https://hvw8.com/jean-andre
Jean André : https://instagram.com/je_andre
Event Facebook : https://www.facebook.com/events/1544242349170563

CONTACTS
Contact 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
Contact Communication Red Bull / Marion Toche : marion.toche@fr.redbull.com

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SHOBOSHOBO 
- Airc


SHOBOSHOBO 
Airc
Du 16 mars au 30 avril 2015
Vernissage le vendredi 20 mars de 18h à 21h.
Création d’une fresque en public entre le 13 et le 20 mars.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail,  75002 Paris

12Mail poursuit sa saison 2015 en invitant Shoboshobo, un artiste rare évoluant à la croisée des arts graphiques, de la performance et de la musique pour une exposition qui prendra une forme un peu différente, puisque le public pourra assister à la création d’une fresque murale pendant la première semaine et participer à une séance de paint ball lors du vernissage. Le journaliste Julien Bécourt, vieux complice de l’artiste vous en dit plus.

Onomatopée japonaise désignant le bruit d’un ballon qui se dégonfle pour qualifier « un truc naze », Shoboshobo est né sous le stylo de Mehdi Hercberg en 2001, en même temps que les soirées du même nom qu’il organise à Paris et dont il réalise les flyers à la main. Huit ans durant, il y accueille la crème de l’electronica nipponne et du weirdo-noise bricolo, des comparses belges d’Ultra Eczema aux américains de Fort Thunder en passant par Lucky Dragons.

Au croisement des arts visuels, de la performance et de la musique, ses propres projets audiovisuels se révèlent tout aussi improbables que le laisse entendre leur intitulé : gang de bikers braillant sur du noise improvisé (Motards En Colère), trio de « hassidic house » déguisé en rabbins (Moishe Moishe Moishele), électropop transgenre en perruque et zentai (Michelle’s Fusain), workshop de masques et comédie musicale avec la chanteuse Kumisolo (Kumisho) ou solo-Casio-noise sous le nom de Minifer, sans même parler de son inénarrable Motor Karaoke… Shoboshobo, c’est tout ça à la fois! Un univers graphique peuplés de monstres informes qui relève à la fois de l’attraction de foire et du performance art, des films d’horreur et de l’expérimentation low-tech.

A mesure que ses projets se multiplient, d’un fanzine imprimé à la ronéotypeuse (la série des Decapitron) jusqu’aux t-shirts pour Andrea Crews, Shoboshobo fédère autour de lui une communauté d’artistes underground éparpillés aux quatre coins du globe, tous adeptes du DIY et de l’auto-édition: Fréderic Fleury, e*Rock, Dennis Tyfus, Jacob Ciocci, Misaki Kawai, Mat Brinkman, Andy Bolus, Hendrik Hegray ou Jonas Delaborde. Pour Mehdi, chez qui subsiste encore des résidus d’utopie, l’esprit de communauté n’est pas un vain mot.

Imprégné de culture pop japonaise jusque dans ses recoins les plus fantasques, Mehdi voue une tendresse toute particulière pour les personnages atteints de gigantisme et affublés d’appendices étirés comme de la guimauve. Cette obsession pour la disproportion l’amène à fabriquer des géants amorphes à la mine désabusée qu’il expose au festival Pictoplasma en 2011, et qui s’affaissent de tout leur long dans des couloirs et des escaliers, voués à une passivité terminale. Et puis, il y a tous ces monstres difformes, morveux, dégoulinants qu’il dessine compulsivement. Ces créatures, tapies dans son inconscient, Mehdi a mis des années à les amadouer, à leur donner forme. Elles incarnent non seulement les réminiscences de son adolescence – imprégnée de films gore 80’s, de graphzines transgressifs et de frénésie jap-punk-noise à la Boredoms – mais font aussi office de rempart contre l’agressivité d’un monde en voie d’auto-destruction. Sans le manifester explicitement, Shoboshobo nous incite à nous réconcilier avec notre part monstrueuse, à transmuter la négativité en énergie vitale. « Explorer l’idiotie, nous dit l’essayiste Jean-Yves Jouannais, c’est comme descendre avec délectation aux enfers de l’art, un voyage hilare, quand il n’est pas effrayant. »

Dans le monde de Shoboshobo, le dessin est un terrain miné que Mehdi se propose de faire exploser. En quête d’un renouvèlement perpétuel de son medium de prédilection, il exerce des allers-retours incessants entre son bestiaire mutant et des crobards plus sombres, plus sales, plus saturés. Deux graphismes diamétralement opposés qui se cannibalisent l’un l’autre: tantôt une ligne claire ferme et bien découpée, où formes cubiques, têtes de monstres aux yeux exorbités et organes rhizomatiques s’entrelacent, tantôt le gribouillage expressionniste à grands coups de taches d’encre et de griffures de feutre tremblotantes. Ici un masque de robot aux couleurs flashy à fabriquer soi-même, là un vomi goudronneux craché en stries d’encre. Dans ses carnets, sa patte faussement négligente fait jaillir des formes vives, énergiques; un amas de traits d’où surgit parfois un gros pif vérolé ou un globe oculaire innervé de vaisseaux sanguins. Comme si les dessins en soi ne lui suffisaient plus, qu’il fallait qu’ils s’émancipent de leur fonction illustrative, qu’ils trouvent un nouveau souffle à travers un geste plus ample, plus brut, mal dégrossi.

Feutres, gouache, Rotring, Bic, tablette graphique, polycopié, collage, pochoir, wallpainting… Tous les moyens sont bons, de préférence les plus désuets et artisanaux. Mais c’est en découvrant la propriété plastique de l’aérographe, technique utilisée pour la majeure partie des oeuvres présentées dans l’exposition, que Mehdi ouvre la boîte de Pandore. Organes sans corps ou totems animistes, ces deux séries marquent une nouvelle étape dans son travail. Subitement, ses dessins en noir et blanc se métamorphosent en photographies floutées, emplies de méandres inorganiques et de contrastes ahurissants. Il y fleurit tout un vivier de bubons, de mycoses protubérantes, de nervures réticulaires, de dégoulinades et de glaucomes qui agrippent la rétine comme si l’on chaussait des lunettes 3D.

Cette végétation surnaturelle, tout droit sortie d’un récit de Lovecraft, crée la sidération en ouvrant les portes d’un monde à la fois familier et inconnu, délimité par un effet de pochoir qui lui confère une étrange profondeur de champ.

Ces représentations distordues n’ont cependant rien d’anodines ; elles ont autant à voir avec la séduction immédiate d’un graphisme pop-friendly qu’avec un certain constat du marasme dans lequel l’humanité s’est enferrée et l’entropie qui la menace : la débâcle du tout-technologique, l’inconséquence écologique, l’auto-sabotage de la civilisation, la consommation à outrance… A sa façon, Mehdi résiste à l’accélération du flux visuel, à la capitulation avec ce qui nous détruit, au mensonge des apparences. Et laisse entrevoir, dans les interstices de l’inconscient collectif, une infime lueur d’espoir. Car il y a aussi beaucoup d’amour et de générosité dans ce maelstrom pictural.

Pour autant,  le barbouillage freestyle n’est pas en reste, car Mehdi n’aime rien tant que d’inventer de nouvelles attractions, dont la légèreté apparente dissimule un humour acerbe. Les visiteurs seront donc invités à tirer au paint ball sur des figures contrecollées sur carton, comme un bon vieux Shoot’Em Up de fête foraine. Et en cette période sombre où les kalachnikov défient la liberté d’expression, rien de tel qu’un bon défouloir à coup de giclures multicolores pour remettre du baume au coeur.

MORE INFOS
Shoboshobo : http://www.shoboshobo.com

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SOPHIE BRAMLY WALK THIS WAY
Dans le cadre du festival HIP OPsession au lieu unique, du 6 au 21 février 2015.
Vernissage le jeudi 5 février à 18h.
Rencontre Sophie Bramly x Afrika Bambaataa animée par Olivier Cachin le vendredi 6 février à 17h.

Dans le New York des années 1980, la française Sophie Bramly a capturé la naissance de la culture hip-hop en photographiant ses héros, de Fab 5 Freddy à Futura 2000. Près de 40 ans plus tard, ses séries de portrait sur le vif, de photos de concerts ou de backstage ressuscite l’insolence royale de ces premiers b-boys à l’occasion de l’exposition Walk This Way, en ouverture du 11e festival HIP-Opsession et en présence d’Afrika Bambaataa. A l’occasion d’une rencontre animée par le spécialiste du hip-hop Olivier Cachin, la présence exceptionnelle du père de la Zulu Nation résonne comme un symbole de ce vent de révolte qui a traversé les décennies, de la détermination d’une poignée d’adolescents qui n’ont eu de cesse de détourner, retourner et contourner les règles pour exister enfin.
De l’underground à la lumière.

Walk This Way, dans le cadre du festival HIP OPsession au lieu unique, du 6 au 21 février 2015. Vernissage le jeudi 5 février à 18h.

Rencontre Afrika Bambaataa x Sophie Bramly animée par Olivier Cachin, vendredi 6 février à 17h.

Le lieu unique (Atelier 2) – du mardi au samedi : 14h-19h, dimanche : 15h-19h – entrée libre.
2 Quai Ferdinand Favre, 44000 Nantes.

Exposition organisée par le lieu unique, 12Mail / Red Bull Space et Pick Up Production. 
En partenariat avec New York Yankees Footwear.

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Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr – 12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr
Contact presse HIP OPsession : guillaumed.pickupprod@gmail.com
Contact HIP OPsession : www.hipopsession.com

http://www.lelieuunique.com/site/2015/02/06/walk-this-way
http://www.hipopsession.com/bands/235-vernissage-exposition-walk-this-way-ouverture-officielle-du-festival-avec-dj-chilly-jay

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ÉLISA PÔNE Rocking spectrum

ÉLISA PÔNE
Rocking spectrum

À l’occasion des dix ans du festival Hors Pistes du Centre Pompidou.
Du 27 janvier au 13 février 2015
Vernissage le mardi 27 janvier de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Pour sa première exposition de l’année 2015, 12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu en octobre 2009 par Red Bull France convie Elisa Pône artiste plasticienne,  pour une expérience inédite, Rocking Spectrum, qui mêle performance, combustion /pyrotechnie et son. Cette exposition fera suite à la performance « Alliance Caustique, l’écho des spectres » en collaboration avec le compositeur contemporain Éric Arletti,  qui se tiendra dans le cadre de l’ouverture des dix ans du festival Hors Pistes, sur le parvis du Centre Pompidou le 23 janvier 2015.

Elle se prolongera sous la forme de l‘édition d’un vinyle (dont les pochettes seront des pièces uniques car réalisées par l’artiste avec des fumigènes colorés), disponible à la galerie pendant la durée de l’exposition. Nous avons demandé à Valentine Meyer, commissaire d’exposition, de vous présenter leur travail :

« Le feu suggère le désir de changer, de brusquer le temps, de porter toute la vie à son terme, à son au-delà. Alors la rêverie est vraiment prenante et dramatique, elle amplifie le destin humain, elle relie le petit au grand, le foyer au volcan, la vie d’une bûche et la vie d’un monde. L’être fasciné entend l’appel du bûcher. Pour lui la destruction est plus qu’un changement, c’est un renouvellement.* » Réalité complexe et fugace, la flamme représente « l’ultra-vivant, l’intime, l’universel » et la valorisation des contraires.

Mais comment s’y prennent les artistes pour « jouer avec le feu » à l’intérieur d’un espace clos, sans en perdre la contradiction, la portée ? « Traducteurs, traduisez. » La traduction implique un choix, qui ne nie pas une complexité ou une opacité du sens, mais puisque fatalement incomplète,  laisse derrière un reste irréductible.

On pense à Yves Klein et ses peintures de feu, qui déclarait ne jamais être à proprement parler l’auteur d’une oeuvre puisque la beauté existe déjà à l’état invisible. La tâche de l’artiste consiste à la saisir partout où elle est pour la faire voir aux autres hommes : « Mes tableaux ne sont que les cendres de mon art ».  Pour cette exposition, Elisa Pône se sert en l’occurrence de la mèche brûlante et de fumigènes colorés  qu’elle dispose dans plusieurs boîtes de plexiglas, reprenant l’ordre des couleurs du spectre lumineux : rouge-orange, jaune-vert, etc.  Dans ces réceptacles, les fumées colorées dégagées imprimeront des feuilles de papier et le tout sera baigné par le son.

Si le titre de l’oeuvre Rocking Spectrum fait écho à la série des Color Spectrum d’Olafur Elliason (2005) qui cherche aussi à explorer et à faire sentir au spectateur la nature et le comportement des couleurs, la spécificité d’Elisa Pône est d’inventer une rencontre synesthésique (ndr. qui associe plusieurs sens) entre les spectres lumineux et sonores, grâce à l’association d’une combustion pyrotechnique servant de base à une création de musicale spectrale (courant de la musique contemporaine développé dans les années 70). En diffusant les sons du compositeur Eric Arletti, elle développe les correspondances sensibles entre le visible et l’audible par la combinaison de technologies digitales, acoustiques et pyrotechniques pour baigner le spectateur dans une expérience première de la beauté fugace du spectre lumineux.

* Gaston Bachelard La Psychanalyse du feu, Gallimard, Paris, 1949.

BIOGRAPHIES
Elisa Pône est artiste plasticienne, née en 1979, elle vit et travaille à Lisbonne et Paris.
Elle est représentée par la galerie Michel Rein, Paris et Bruxelles.

Éric Arletti est compositeur de musique contemporaine, né en 1977, il vit et travaille à Paris.

Valentine Meyer est commissaire d’exposition indépendante, membre de AICA France et directrice du programme de résidence d’artistes à la DENA Foundation for Contemporary Art. Elle vit et travaille à Paris.

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Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr
Elisa Pône : http://michelrein.com/fr/artistes/expositions/31/Elisa%20P%C3%B4ne
Centre Pompidou : www.centrepompidou.fr

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UNCLE O PEEP-O-RAMA
Du 5 décembre 2014 au 16 janvier 2015
Vernissage le 5 décembre de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Uncle O est un homme de l’ombre. Collectionneur maniaque, compilateur hors pair, Dj et instigateur des fameuses soirées Toxic, son nom est indissociable de l’underground musical Français de ces 30 dernières années. Comme il n’est pas homme à se laisser enfermer dans un quelconque cliché, c’est son travail d’illustrateur qu’il présentera à la Galerie 12Mail / Red Bull Space en cette fin d’année. Nous avons demandé à une complice de longue date, Sophie Bramly, de nous présenter cet homme (trop) discret.

« Parmi les fans d’Uncle O, il y a ceux qui connaissent le DJ incroyablement pointu et novateur et ceux qui ne jurent que par son art graphique. Tous ne connaissent pas ses deux facettes, il prend indifféremment sons et images pour les tordre, les mélanger avec d’autres, focuser sur un point pour lui donner une force inédite. Uncle O procède toujours de la même manière : peu importe que l’objet soit visuel ou auditif, il avance comme un diamantaire qui trouve une pierre brute et la taille jusqu’à ce qu’elle brille comme une boule disco.

À 12 ans il quitte Saint-Tropez pour découvrir Lyon, la disco, le punk et la new wave, puis, à la fin des années 70 il fréquente les concerts de l’auditorium de l’École Nationale des Travaux Public. Il produit des flyers pour les concerts de James White, OMD, The Cure, Durutti Column, Section 25, YMG… En 1988, il crée une pochette pour un sampler de Factory Records, inspiré par Peter Saville qu’il affectionne particulièrement. Ainsi il met un pied dans le Xerox Art (qu’il aime toujours), le punk, Jamie Reid, X-Ray Specs, Vivienne Westwood et les catalogues de typo Letraset.

Paris, les Bains-Douches. Le jour, il s’occupe de faire des affiches et la promotion des concerts, la nuit, il est DJ. Il a assisté à Lyon à la première tournée de rap et commence à programmer des concerts qui sortent de la programmation habituelle : Whodini, D Train, Kurtis Blow, Fab 5 Freddy, D.St, Afrika Bambaataa, Sheila E. Sa soeur, CC, tombe amoureuse de Futura 2000, ils rentrent ensemble dans la famille pointue et généreuse du Hip Hop et du graffiti américain.

Uncle O s’intéresse à Haze (le créateur des logos des Beastie Boys, Def Jam, EPMD, Public Enemy, Tommy Boy, etc). Il aime Saul Bass, les logos de Bell Telephone, AT&T, Minolta, ou les affiches de films de Hitchcock qui sont de bonnes pistes d’influence. Tout comme PushPin Studios (Seymour Chwast et Milton Glaser), Jackson Pollock, John Carpenter ou George Romero. Peu importe d’où vient l’image, du moment qu’elle a été produite par un intégriste du style.

Dans les années 90, le patron de Virgin, Emmanuel de Buretel l’appelle en disant que les Rolling Stones cherchent une idée pour la pochette d’un nouveau disque. Uncle O travaille dessus sans y croire. Pourtant, son travail deviendra le gatefold à l’intérieur du disque Voodoo Lounge : une petite danse orgiaque de squelettes, de la fin du 19e siècle, avec laquelle il fait mouche.

Uncle O organise de plus en plus de concerts. La Cigale suit les Bains-Douches. Brand New Heavies, De la Soul, Arrested Development, Happy Mondays, Redman, The Alkaholiks ou La Cliqua… Le premier concert de Snoop Dog au Zénith est un plantage total. Deee-Lite à la Cigale, avec NTM en première partie provoque un vrai bordel : des gens escaladent le toit pour rentrer à tout prix, tout le monde veut y être.

Au début des années 2000, sur scène avec Solo, son complice de toujours, ils deviennent Toxic. Pour les premières soirées à la Boule Noire, ils se barricadent derrière un grillage en combinaison de chantier jaune électrique, avec des danseuses de pole dance qui rendent le public hystérique. La musique est hors norme, freaky dit-il. Le succès entraine la sortie d’une compilation Toxic.

À force de faire des pochettes de disques, de collectionner les vinyls sans distinction musicale, il commence à faire des compilations. Certaines sont mythiques ou collector, comme les Shaolin Soul, Champion Sound, Dirty South Bass (dont l’affiche et le disque ont été censurés, à cause d’une grosse paire de fesses) et plus récemment Cosmic Machine. Collectionneur insatiable, il continue de fouiller les magasins comme les brocantes. Il y a des rituels : tous les dimanches, un ami fait pour lui le tour des vide-greniers en province, et, par Skype, lui montre ce sur quoi il tombe, pour acheter ou non. En ce moment, c’est de la musique Turque, du Minimal Synth, de l’Italo Disco et beaucoup de bandes originales de films d’horreur. La musique de Los Angeles le poursuit inexorablement depuis le funk des années 80, du Hip Hop ou électro funk tordu comme Knxwledge, Sasac, Seven Davis Jr, Brian Ellis ou Zackey Force Funk.

Depuis quelques mois, il travaille sur Cerrone, et crée ou refait des pochettes du back catalogue, un peu hot parce que les images porno c’est très bon et que ça l’amuse beaucoup. Il s’est même vu proposer par Kraftwerk, un de ses groupes fétiches, de faire leur merchandising.

Peep-O-Rama présentera un travail qui reprend le principe de ses débuts : du Xerox Art qui a évolué au gré des technologies et des goûts musicaux d’Uncle O. Le principe reste punk : des images joyeusement détournées, provocatrices, irrévérencieuses, mais les univers sont aussi éclectiques que ses goûts musicaux, avec partout une pointe d’humour pour ne jamais se prendre au sérieux. »

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Contact presse 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr

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SOPHIE BRAMLY
 WALK THIS WAY
Dans le cadre du Red Bull BC One World Final
Du 26 au 29 novembre 2014, La Villette.
Vernissage le jeudi 27 novembre de 19h30
à 21h30.

Le 29 novembre prochain, Paris accueillera le Red Bull BC One World Final à la Grande Halle de la Villette soit la plus importante compétition de danse Hip Hop au monde. L’occasion était trop belle pour ne pas proposer à Sophie Bramly, femme à mille vies et témoin privilégié de l’émergence du Hip Hop à New York au début des années 80, de replonger dans ses précieuses archives. Après l’exposition « 1981 &+ » en 2011, voici la suite en couleur, et la première exposition 12Mail hors les murs. Quelques explications de l’intéressée :

« Le Hip-hop traverse les décennies avec la même insolence royale: il continue d’être le media qui permet à toutes les jeunesses de dénoncer le périmé, de faire du neuf dans le vent de la révolte. Cette régénérescence permanente impose de ne pas enfermer ses premiers pas dans une sclérosante bibliothèque de souvenirs, mais d’en offrir une autre lecture, à la lueur du contexte du moment, souvent décrié. C’est pourquoi cette sélection de photos n’est pas un catalogue du passé, mais le reflet de la réponse brillante d’une poignée d’adolescents à une problématique sociale complexe.

Le tableau était noir : au tout début des années 80, la ségrégation était abolie, mais faisait toujours surface ici ou là. Dans les banlieues de New-York, les noirs et les hispaniques étaient globalement pauvres, les familles disloquées, beaucoup vivaient dans des quartiers défoncés où la violence était le seul pain quotidiennement distribué, où les gangs tuaient pour obtenir des biens primaires, il leur fallait tuer pour pouvoir vivre. It’s like a jungle sometimes.

La petite troupe qui a été au démarrage de ce mouvement a occulté toute cette noirceur considérant que, comme le Boson de Higgs, elle ne peut exister que si on lui prête attention. Le tableau noir a été recouvert d’un autre en couleurs : un magma bouillonnant et joyeux, fait de graffitis explosifs partout où la vie est grise, de tenues flamboyantes pour affirmer l’existence, de gymnastique rocambolesque des corps dans la danse, d’un festival de basses tonitruantes qui galvanise l’asphalte et fait vrombir la terre.

Le hip-hop a comblé le manque de tout par l’exagération dans l’humour, par la conception ininterrompue de fictions, jusqu’à ce que l’impossible se métamorphose en possibilité.

Quand le DJ D.St est revenu de son premier voyage au Japon, il n’a pas ramené de clichés touristiques, il a photographié ce qui comptait pour lui : une pile de Yen à côté de son collier en or, à son nom. Ce qui était important, ce n’était pas d’avoir été reconnu là-bas, mais d’avoir pu associer son nom avec de l’argent. L’idée n’était pas d’être riche, mais d’être. Un jour où il était dans sa maison de disques, il parlait en boucles du blouson de cuir rouge que Michael Jackson portait dans Thriller. Au lieu du chèque de royalties attendu, c’est le blouson qu’il a eu. Il a été un de mes personnages fétiches, comme Fab 5 Freddy, Futura, Zéphyr, Afrika Bambaataa, je les ai beaucoup suivis, photographiés plus que d’autres, et ils font toujours partie de ma famille. Ils sont ici réunis avec d’autres façonneurs de rythme, rappeurs, DJ, danseurs, ardents protagonistes d’une culture revigorante.

Sans en prendre conscience, j’ai été addict à la scène hip-hop car j’ai tiré une profonde jouissance à voir ses acteurs faire abstraction de leur réalité, en construire une autre idéale, avec des couleurs brûlantes d’énergie, qui petit à petit s’est imposée, a pris chair dans la réalité, a donné naissance à un geyser créatif qui ne cesse de produire et d’inonder le monde, démontrant que les impasses se contournent, qu’il suffit de dessiner le monde comme on l’entend. Walk this way

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Red Bull BC One : http://www.redbullbcone.com/fr
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LIEU
Grande Halle de la Villette, Pavillon Paul Delouvrier
211 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

HORAIRES D’OUVERTURE
Mercredi 26/11 de 14h à 20h
Jeudi 27/11 de 17h à 23h
Vendredi 28/11 de 17h à 22h
Samedi 29/11 de 14h30 à 18h30

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SOPHIE BRAMLY
 WALK THIS WAY
Part of Red Bull BC One World Final.
November 26 to 29 2014, La Villette.
Cocktail on November 27 from 7.30pm to 9pm.

On November 29th, Paris will be welcome the Red Bull BC One World Final, the most iconic breakdance championship in the world, to be held in La Grande Halle de la Villette. We couldn’t help asking Sophie Bramly, the woman with a million lives – and privileged eyewitness of New York hip-hop burgeoning hip-hop scene in the 80’s – to dig into her own precious archives. A few months after her first exhibition (« 1981 & + », 2011), here’s the following one, and the first « outdoor » exhibition by the 12 Mail art gallery. 

Here are some quotes from the artist:

« Hip-hop has travelled through decades with its « royal insolence »: it continues to be a media allowing worldwide youths to categorize and criticize what’s old, and to build something new out of nothing, as a revolutionary art. The rejuvenation of this culture intends not to confine those early innovations into a locked-up library, but to offer a new way of reading or seeing them. That’s the reason why these photos are not a catalog from the past, but the reflection of hundreds of teenagers’ response to a complex social situation.

At first, the chalkboard was black: at the beginning of the 80’s, segregation had already been abolished, but was still showing up from time to time. In New York suburbs, poor Black and Hispanic people used to live in broken neighborhoods where violence was the only way to live a decent live, with gangs constantly killing to survive. « It’s like a jungle sometimes », as said in the song.

But in those early years, some decided – like Higgs’ boson – that they wouldn’t exist if nobody paid attention to them. The chalkboard was then covered with new colors: an irrepressible magma filled with graffitis or tremendous clothes showcasing the birth of a family, and dazzling gymnastics moves making the crowds more and more excited. In a sense, Hip-hop bridged the gap!

When DJ DST came back from his first trip to Japan, he didn’t bring back some touristic clichés. He chose to take pictures of what was important for him at that time: Yen bills aside a gold chain – with his name on it. What was important was not to be recognized over there in Japan, but to have his name associated with the money. The idea was not to be rich, but to be.

A day, while visiting his record label, he was talking about Mickael Jackson’s red jacket in the Thriller video-clip. Instead of getting the royalties he was waiting for, he got the red jacket…

He was one of my favorite characters, like Fab 5 Freddy, Futura, Zéphyr or Afrika Bambaataa were too. I followed them, I photographed them more than anyone else, and in a sense they’re part of my family. And they are kind of reunited through this exhibition, with some other noisemakers from the same era, including MC’s, DJ’s, breakdancers and some other strong advocates of this street culture.

Without even thinking about it, I think I really enjoyed myself seeing those guys building something out of nothing, something that, one step after the other, became real, tangible, vivid, flooding the musical world and beyond, showing that dead-ends can be circumvented. It’s about seeing the world the way you chose to see it. And, so to say, to Walk This Way.

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Red Bull BC One : http://www.redbullbcone.com/fr
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr
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LOCATION
Grande Halle de la Villette, Pavillon Paul Delouvrier
211 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris, France.

OPENING HOURS
Mercredi 26/11 de 14h à 20h
Jeudi 27/11 de 17h à 23h
Vendredi 28/11 de 17h à 22h
Samedi 29/11 de 14h30 à 18h30

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