VLADIMIR BESSON
Ici-même

Du 28 juin au 30 août 2013.
Vernissage le vendredi 28 juin
de 18h à 21h.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull poursuit son travail de défrichage en produisant la première exposition personnelle de Vladimir Besson.

Ce jeune photographe parisien à l’univers noir et blanc, très rock’n’roll a déjà publié pour Vice, Mire et Entrisme et couvert le festival Villette Sonique. Nous avons demandé à son ami, le journaliste Julien Bécourt, de nous présenter son travail.

“A une époque où abondent les méme et où l’ironie est devenue un gimmick encombrant, les photographies de Vladimir Besson touchent un sentiment à la fois pur et pop, archaïque et dans l’air du temps. Elles incarnent la persistance du réel contre le flux reproductif – et restent profondément ancrées dans la mémoire, immanentes, suspendues dans l’éternité du présent.

Hic et nunc. Ici-bas. Ici-même. Magnétisme animal et connaissance par les gouffres. Poétiser plutôt que théoriser. Le plus anodin devient icônique, sans doute la réminiscence de ses origines slaves, des enluminures d’Ivan Bilibine ou des peintures de Gustave Moreau. Sans compter son goût pour les canons « gothiques » de pacotille, provenant autant des bandes dessinées de Tardi que de l’esthétique Black Metal, des flyers punks en photocopie comme des fanzines do-it-yourself. Avec pour mission de rendre le potache sérieux, le graveleux solennel, l’idiotie sublime – et vice-versa. Gummo chez Bela Tarr. Dostoïevski dans un squatt. Lovecraft en Seine-et-Marne.

Il émane des photos de Vladimir une quiétude surnaturelle. Plutôt que de déployer des tactiques, il détecte des présences. L’intimité s’y dévoile en clair-obscur, dans des contrastes pudiquement granuleux. Une incandescence propre à éblouir tout en obscurcissant. La déperdition de l’aura tant déplorée par Walter Benjamin retrouve chez lui des contours spectraux. Car Vladimir voit ce que nous ne voyons pas. Un noir et blanc opaque là où on croyait distinguer des couleurs printanières. Une expression machiavélique au lieu d’un sourire. Un paquet de clopes éventré transformé en totem. Une jeune fille endormie changée en momie dans son linceul. Postures et fétiches du quotidien saisis dans une nuit charbonneuse. Le temps d’un smiley en coin et d’une impulsion, du tac-au-tac. Lyrisme instantané. Séduction fugace. Amour de l’instant. Romantisme noir et humour décalé. Spéléologie de l’âme humaine.

On décèle dans ses photographies un monde non pas tel qu’on l’idéalise, mais tel qu’on le fantasme. Pas de tricherie pour autant, la vérité d’une situation se met elle-même en scène sous son objectif. L’instinct prime chez lui toujours sur la réflexion. Chien fou et warrior kid qui verserait presque une larme en revoyant un clip de Kino, le groupe new wave russe qui a bercé son adolescence. L’âme slave et le rire chaleureux dans sa ligne de mire. La grâce dans la précarité. La poésie dans la crasse. L’humilité en bandoulière et les mains dans le cambouis.

Tropismes et aporie. Mysticisme du quotidien. Chamanisme des bas-fonds. L’air de dire: C’est arrivé près de chez vous. Pour une fois, les rôles sont inversés. Les untermenschen ont le dernier mot. Noir Boy George a trouvé refuge chez Baba Yaga. Plus personne ne se laisse aveugler. Ce n’est pas un hasard si Vladimir se sent comme un poisson dans l’eau lorsqu’il se trimballe avec son appareil dans les catacombes: se retrouver toujours à l’origine et à la fin, à faire un pied de nez aux « choses sérieuses », à déjouer le macabre. Souffle léger, vapeur éphémère. S’en fout la mort. Aux innocents les mains pleines.

Et si le vrai dandy, c’était lui?”

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

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Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr
Communication Culture Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
Vladimir Besson : http://vladimirbesson.com

12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.

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DUPUY & BERBERIAN
CHEVAUCHEMENTS
Du 12 avril au 14 juin 2013
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.

Photos vernissage © Valentin Lecron
Lire le diaporama commenté par Dupuy & Berberian sur le sité de Libé Next.

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SO ME / HYPEBEAST

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DUPUY & BERBERIAN CHEVAUCHEMENTS
Du 12 avril au 14 juin 2013.
Vernissage le vendredi 12 avril de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull invite Dupuy et Berberian, deux auteurs – illustrateurs de renom et complices de longue date pour une exposition de dessins inédits. Joseph Ghosn, journaliste, essayiste et musicien évoque pour nous cet attelage hors-norme.

« I’d be riding horses if they let me / sleep outside at night and not take fright » – La chanson, Horses (écrite par Sally Timms, surtout interprétée par Will Oldham époque Palace Brothers), vient immédiatement à l’esprit en regardant les dessins préparés par Philippe Dupuy et Charles Berberian pour leur exposition à la galerie 12Mail – Red Bull Space. Une exposition qui, sous couvert de montrer des chevaux, pointe quasiment en contrebande une nouvelle liberté surgissant soudain dans leur travail, soit-il à deux ou en solitaires, chacun chez soi. Une liberté qui leur permet d’expérimenter, de sortir des cadres de la bande dessinée, où ils travaillent depuis 30 ans – la légende et Wikipedia affirment ainsi qu’ils se sont rencontrés en 1983.

Désormais, en plus de la BD, ils investissent d’autres champs, qu’ils sont les rares, dans leur métier, à oser : dessiner librement et hors cadres, improviser, tenter des installations, s’échapper surtout, toujours – ne jamais avoir peur d’être ailleurs. Cette sensation de liberté absolue se fait aussi ressentir grâce aux correspondances étranges, souvent intimes, parfois saisissantes, souvent impromptues, qui se font jour lorsque leurs dessins, selon le principe retenu ici, se chevauchent : l’un sur l’autre, en transparences dévoilant des corps, des espaces, des figures, des chevaux, des centaures recomposés à l’envi, par le calque, le décalque, la superposition.

Des fruits du hasard ? Pas vraiment. Plutôt de la télépathie dessinée et, surtout, une même source d’inspiration, très concrète : le morceau Cheval Mouvement de Rodolphe Burger, qu’ils accompagnent sur scène, improvisant des dessins sur ses sons. Cheval Mouvement, donc, dont on retiendra ici une phrase en lancer de flèche programmatique : « Would you like to see what else is in your bag ? » faisant écho à ce que Dupuy et Berberian jettent désormais à notre face de lecteurs qui ont appris à grandir en lisant leurs livres, en regardant leurs dessins : venez voir ce qu’il y a dans notre sac. Des surprises, à l’infini. Et pas mal de génie aussi. Du génie chevauché, fantastique.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

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Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr
Communication Culture Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
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© Valentin Lecron

SO ME
TRAVAIL FAMILLE PARTY
Du 1er avril au 5 avril 2013
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

FB Event : www.facebook.com/events/532583396786228

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SO ME  TRAVAIL FAMILLE PARTY
Du 1er avril au 5 avril 2013
Vernissage le lundi 1er avril de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail,
75002 Paris.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull France fête les dix ans du plus influent des labels Français, Ed Banger, au travers des archives photos de son directeur artistique, So Me. Une exposition extraite du livre « Travail Famille Party » édité par le label pour ses 10 ans.

Les images de So Me, capturées à travers les objectifs de ses appareils photos, allient à la fois réflexion artistique et instantanéité. Travail, Famille, Party s’apprécie comme un album de famille que l’on voudrait ne jamais refermer. Ce témoignage visuel exclusif conjugue la vie du label depuis sa création en 2003 et les propres expériences de son directeur artistique.

So Me, de son vrai nom Bertrand de Langeron, a su en quelques années multiplier les activités afin de mieux se distinguer. Directeur artistique du label Ed Banger Records depuis sa création en 2003, il accompagne Pedro Winter dans tous les projets du label. À la fois graphiste, designer, photographe, réalisateur, musicien, sa polyvalence lui vaut une reconnaissance internationale. Au-delà de son travail de graphiste, il a également réalisé différents clips pour Justice, Kid Cudi, Duck Sauce, MGMT, Kanye West ou Major Lazer.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Exposition produite avec le soutien de Janvier.

MORE INFO
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr - infos@12mail.fr
Ed Banger : www.edbangerrecords.com
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our sense video

REBECCA BOURNIGAULT / CHLOÉ THÉVENIN OUR SENSE from redbullfr on Vimeo.

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REBECCA BOURNIGAULT / CHLOÉ THÉVENIN OUR SENSE
Du 1er février au 29 mars 2013
Vernissage le vendredi 1er février de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull France débute 2013 en invitant deux artistes françaises, Rebecca Bournigault et Chloé Thévenin qui, si elles sont proches, n’ont jamais vraiment collaboré ensemble. Rebecca Bournigault est plasticienne et vidéaste, Chloé Thévenin musicienne et Dj. Ensemble, elles ont élaboré un dispositif immersif : quatre vidéos dans lesquelles Rebecca Bournigault développe les thèmes récurrents de son œuvre (corps, portrait, violence, féminité) sur une bande son originale, douce et inquiétante à la fois, composée par Chloé Thévenin. Nous avons demandé à la critique d’art Elisabeth Lebovici de nous parler de cette rencontre.

Deux et deux.
Il n’est pas anodin que Chloé Thévenin et Rebecca Bournigault, travaillant ensemble, jouent sur le deux et sa puissance carrée. Comptons, si vous voulez bien. L’arithmétique est simple. Deux artistes, quatre films, deux atmosphères dans une ligne sonore. Deux fois deux boucles filmiques, aussi.  Deux d’entre elles se rapportent – en tout cas dans mes yeux—à des performances féministes des années 1960-70. Les deux autres font allusion à des stéréotypes plus cinématographiques : l’attente à la fenêtre, le couple enroulé sur la plage (nordique). Mais le chemin qu’elles parcourent ensemble rend bien plus complexe leur interprétation. Ou plutôt : leur interprétation peut-être déjouée à chaque instant, défaisant les gestes ou les sons de leur effet émotionnel prévisible, attendu, stéréotypé. Du coup, quelque chose lâche, les positions se détendent, l’écoute et le regard s’aiguisent. La géométrie du carré s’effondre, rendue vulnérable par sa sensibilité aux signes les plus ténus d’une rencontre toujours en recherche d’inattendu, d’inhabituel, d’une puissance d’étrangeté.

Le temps­_­l’espace.
Dans le noir de l’écran, des cercles s’ouvrent à l’image. On pourrait même dire qu’ils s’exposent à elle, de la même façon que l’obturateur circulaire d’une caméra analogique, qui a pour fonction d’exposer le film à la lumière pendant un instant donné, va aussi capter l’image, se livrer à elle. Celle-ci, en retour, s’inscrit en un cercle, qui lui donne son cadre, son contexte, sa visibilité et sa durée, avant de se fondre, à nouveau, dans le noir. Plus que de séquences, de scènes, de clips ou de  « modules », on pourrait ici parler des quatre « expositions » filmiques de Rebecca Bournigault, composant avec l’espace et la durée sonores de Chloé Thévenin– puisque c’est de leur interaction (audio/visuelle) qu’il est ici question, dans le présent continu de leur installation.

Voir.
La forme circulaire, le tondo exposé à l’image et qui la découpe au sein de l’écran noir, fait irrémédiablement penser aux appareils optiques, et, parmi eux, à l’instrument sophistiqué qu’est l’œil, avec sa pupille au centre de l’iris, qui permet par sa contraction ou sa dilatation, de doser la quantité de lumière. Le lien de ce format rond avec le voyeurisme a souvent été mis en valeur. Par exemple, Le Bain Turc d’Ingres, tableau de harem rectangulaire (1862) devenu circulaire (1863) met en scène un fantasme, c’est-à-dire la position d’un regardeur à distance, qui devient le sujet –et le maître- de l’image. Dans cette construction en fenêtre circulaire, en oculus, s’active une logique de peep-show, « où l’étal de la chair est soumis au lois du panoptique : œil central, corps périphériques.[1]»

Salò
La troisième et dernière partie de Salò, le film (1975) de Pasolini, a lieu également à partir d’un cercle inscrit sur l’écran noir. Les scènes sont vues à partir d’une jumelle à une fenêtre, qui placent la spectatrice ou le spectateur du film à la place de l’observateur des sévices infligés aux victimes au gré de son plaisir visuel, de son cinéma fantasmatique à la fois rapproché (grâce à l’instrument optique) et à distance (par les mêmes voies). Les supplicié/e/s déjà privé/e/s de parole, se trouvent placées dans le silence retentissant d’un film muet, dépourvu du moindre enregistrement « live », sonore, de toute forme de vie, fût-elle abjecte. La caméra ainsi, saisit notre silence complice. Parallèlement, la musique retentit.

Sons.
Les matières visuelle et musicale mettent, elles aussi, la spectatrice ou le spectateur en position la fois distante et rapprochée : c’est ainsi que Rebecca Bournigault et Chloé Thévenin ont conçu la composition de leur installation, qui fait interagir les tondo filmiques de durées variables et une boucle sonore d’une vingtaine de minutes. Chloé Thévenin a conçu une bande sonore fusionnant deux ambiances musicales électro-acoustiques : un bourdonnement électronique sombre et tendu et des vagues plus immersives d’une tonalité mélancolique. Les boucles visuelles et les ambiances sonores se déploient, chacune à son rythme, dans une continuité et une contiguïté surprenantes. Chacune de leurs itérations, dans leur contexte à chaque fois différent, ouvre ainsi une dissemblance, sinon une « différance ».

Chien(ne)s
Deux personnes à cheveux longs marchent à quatre pattes dans la rue parisienne. Elles font le chien. De même, dans sa performance de 1968 Aus der Mappe der Hundigkeit (du registre de la chiennerie) VALIE EXPORT tient son compagnon Peter Weibel en laisse dans les rues de Vienne, pour le plus grand désarroi des passants. Mais de quel désarroi s’agit-il ? De cette transformation d’un homme en chien ? Ou d’une révélation exigeante des relations de pouvoir qui existent entre les genres ? Dans Bend (courber, plier) il n’y a pas de relation de domination entre les deux personnes agenouillées. Il y a juste leur marche parallèle, durant laquelle leurs genoux et les paumes de leurs mains se trouvent en contact intime avec le trottoir de la ville, ce lieu destiné à flâner ou à promener les animaux. La ville se vit à hauteur chienne.  « L’important », dit Deleuze, « c’est d’avoir un rapport animal avec l’animal [2].»

Sang
Sur une cuisse nue, maculée de rouge, du sang s’écoule – ou un autre liquide visqueux. Une main fait irruption et finit par étaler le sang en remontant. A partir du liquide recueilli sur sa main, un personnage féminin va alors s’en badigeonner les lèvres : un maquillage dans les « règles de l’art ». Dans Blood, aussi, la référence à la performance féministe est, sinon évidente, du moins vraisemblable. Menstruationsfilm réalisé en 1966-1967, encore par VALIE EXPORT, la montre nue sur un tabouret, filmée par sa sœur, urinant au moment de ses règles, le long du tabouret et sur le mur adjacent. Au cours de son action Autoportrait(s) du 11 janvier 1973  Gina Pane s’entaille l’intérieur de la lèvre inférieure et s’incise le pourtour des ongles avec une lame de rasoir, pendant sont projetées des diapositives de mains féminines se passant du vernis couleur sang. Elle se gargarise avec du lait qui se mêle au sang de la blessure de la lèvre, et l’artiste le régurgite ensuite.[3]

Sea, Mer (Chabadabada)
Un couple sur la plage, au bord d’un océan gris, avec un soleil qui n’est pas au plus haut, mais darde une forte luminosité en perçant les nuages. La tonalité des couleurs est en mode mineur. « Elle », la fait tomber, se couche sur « Elle », la maintient à terre. Elles luttent. Elles roulent sur le sable, enlacés.

Désynchronisation.
L’historien d’art Douglas Crimp utilise ce terme pour évoquer les travaux de l’artiste Joan Jonas, au début des années 1970. Il s’agit aussi d’un décalage entre image et son, d’abord tels qu’ils apparaissent dans un espace donné, puis tels qu’ils sont transmis par le medium audiovisuel. Dans Delay delay, des performers claquent des blocs de bois tenus dans les deux mains et selon la distance et l’ambiance atmosphérique où on est placé, on voit l’arc formé par le geste avant de percevoir le son : « cette séparation de l’action et du son, de la vue et de l’écoute, isolait pour le public la relativité de la perception : le geste de percussion marquait le périmètre de l’espace mais la transmission du son, le délai désynchronisé, donnait la mesure ». La video Songdelay duplique, altère et transforme un peu plus encore le léger décalage du son par rapport à l’image, rendant caduque tout point de vue unique et unifié sur la chose vue, entendue, enregistrée, perçue.

Vis à vis.
Une personne, vue de trois-quarts dos, cheveux souples et tee-shirt blanc, est tournée vers les vitres d’une fenêtre fermée. S’il n’est pas sûr qu’il épie au dehors, la caméra intègre cependant dans son champ ce qu’il pourrait voir, dans le cas où il regarderait : les fenêtres d’en face. Une, en particulier, est rendue visible : une fenêtre parisienne, sous les toits d’ardoise, ornée de pots de fleurs. Fermée. Dedans, quelqu’un peut-être regarde en retour? Le garçon en tee-shirt bouge légèrement la tête, se recoiffe, met ses mains dans ses poches, remue et bloque une épaule, passe légèrement d’un pied sur l’autre sans qu’on sache à quoi ces gestes obéissent. Et si ces gestes n’obéissent à rien, alors peut on dire qu’ils sont libres ?
Mascarade. Si travaille ici un semblable décalage, c’est peut-être pour éclairer, d’un jour un peu grinçant, ces catégorisations auxquelles on a tendance à rattacher ce qu’on ne connaît pas: « performance féministe »,  « comédie psychologique », ou « atmosphère musicale » propre à la bande originale d’un film. Le travail de Rebecca Bournigault et de Chloé Thévenin aura ainsi consisté à se parer de ces catégorisations, de la même façon que certaines femmes utilisaient (ou utilisent, toujours) une stratégie que la psychanalyste Joan Rivière, en 1929, avait intitulé : « La féminité en tant que mascarade [4]». Il s’agit également, dans ce dernier cas, d’une comédie : celle du genre. La féminité hyperbolique portées par certains personnages dans le cinéma classique hollywoodien a amené des théoriciennes anglo-saxonnes à penser une « efficacité de la mascarade, précisément dans son potentiel à fabriquer une distance à l’égard de l’image, de générer une problématique au sein de laquelle l’image est manipulable, productible et lisible par une (spectatrice)[5]. » Accrocher émotivement et laisser prendre de la distance, ce sont deux stratégies contradictoires que les sons et les images de Rebecca Bournigault et de Chloé Thévenin tissent à l’adresse de celles et ceux qui les observent, librement.

REFERENCES
[1] Régis Michel, Posséder et Détruire. Stratégies sexuelles dans l’art d’Occident. Paris, Louvre/RMN,  2000, p 175.
[2] « Mais généralement, encore une fois, les gens qui aiment les animaux n’ont pas un rapport humain avec l’animal, ils ont un rapport animal avec l’animal, et là c’est très beau. » Abécédaire de Gilles Deleuze, A comme Animal.
[3] Emilie Bouvard, . « Présence réelle et figurée du sang menstruel chez les artistes femmes : les pouvoirs médusant de l’auto-affirmation ». 2010. Mise à jour le 09 avril 2011. URL :  http://hicsa.univ-paris1.fr [consulté le 1/1/2013]
[4] Joan Riviere, Womanliness as a mascarade, in : International Journal of Psycho-Analysis, 1929, X:303-313.
[5] Mary Anne Doane, Femmes Fatales. Feminism. Film. Theory. Psychoanalysis. London and New York : Routledge, 1991. p.32

La version complète du texte d’Elisabeth Lebovici sera disponible à la galerie pendant la durée de l’exposition.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr – infos@12mail.fr
Rebecca Bournigault : www.dominiquefiat.com/artists/rebecca-bournigault
Chloé Thévenin : www.dj-chloe.comhttp://soundcloud.com/chloe-dj-producer
Elisabeth Lebovici : http://le-beau-vice.blogspot.fr
Facebook event : http://www.facebook.com/events/574391485908297

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vernissage SUSUMU MUKAI


All pictures © Made in Varma except the two first portrait of Susumu
Mukai © Arnaud Brunet
Read Susumu’s interview for Brain Magazine here.

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SUSUMU MUKAI ANIMAS
Du 29 novembre 2012 au 25 janvier 2013
Vernissage le jeudi 29 novembre de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.
http://www.facebook.com/events/456486081056660

Voir l’itw vidéo de Susumu Mukai par Jean Rouzaud et Mélanie Bauer.

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