PIERRE VON KLEIST Levante
Du 4 juillet au 12 septembre 2014.
Vernissage le vendredi 4 juillet de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.
infos@12mail.fr

12Mail, l’espace d’exposition de Red Bull France propose une exposition photo sous forme de carte blanche au collectif Pierre von Kleist, maison d’édition Lisboète qui publie les travaux d’André Principe, José Pedro Cortes, André Cepeda et António Júlio Duarte. Philippe Azoury, critique cinéma et consommateur invétéré de photobooks a accepté de nous les présenter :

 » Pierre von Kleist est un écrivain prolifique et un collectionneur éclectique de livres de photo. C’est aussi, et vous le savez, un héros de la seconde guerre mondiale. Ses textes sur la photographie inspirent encore aujourd’hui  les artistes. Et sa collection de livres rivalisait avec les plus importantes d’Europe avant qu’elle ne se consume dans les flammes, au début des années 50.  »

C’est par ce canular que les Pierre von Kleist sont arrivés jusqu’à nous, au tout début de la décennie. Pierre von Kleist, ce type à grosses moustaches qui orne le logo de leur maison d’édition (17 livres en 4 ans), n’a jamais existé. Cette vie de Kleist est une farce. Un tour sur Google nous l’aurait appris, mais il y a plus urgent à faire, dans leur cas, que d’aller sur Google : croire les Pierre von Kleist à moitié, par exemple, même quand ils racontent n’importe quoi. Après tout, ce n’est pas la première fois que des Portugais nous font le coup d’une identité fallacieuse – Joao César Monteiro et Jean De Dieu, Alvaro de Campos et Pessoa.

Pierre von Kleist est plus peuplé encore que tous ceux-là réunis : ils sont si nombreux à habiter le petit corps du vieux collectionneur que de loin PvK ressemble à une Renault Espace. Il y a José Pedro Cortes et André Principe, les deux têtes fondatrices. Puis André Cepeda, que les deux premiers croisaient à Porto (où tous les trois sont nés). Cepeda, qui a commencé très jeune la photo et a fréquenté Robert Frank. Cepeda encore, qui a tenu un magasin de disques rares.

Il y a enfin António Júlio Duarte, le plus âgé du clan (bon, il a juste 49 ans, mais il était déjà au Japon en 1997, et photographiait le monde avec la même frontalité qu’aujourd’hui – ça force le respect).  Ils ont plutôt entre trente et quarante ans, mais aucun ne porte la moustache bien qu’ils appartiennent à une génération à moustache. La première à aimer tout autant faire des livres de photos que des photos elles-mêmes. Les livres, leur séquençage, leur design, les fascine. Ils les collectionnent, les recherchent, en parlent des heures, s’engueulent. Fondus ensemble, les Pierre von Kleist ressemblent effectivement à un collectionneur fou.

Et pourtant : il suffit d’ouvrir un seul de leurs livres autoproduits pour que leur envie, leur sens de l’urgence dépassent leur respect qu’ils ont pour les maîtres. Il y a dans leurs livres tout ce qu’on aime, tout ce dont on rêve, tout ce à quoi on appelle : la beauté, la colère, l’immédiateté, le contemporain, la spontanéité, l’étrangeté, la décharge d’amour.

Les premiers livres de Pierre von Kleist ressemblaient à des recueils de partitions classiques, dont ils avaient détourné le design. Des grands bouquins portant des titres de chansons de Léonard Cohen ou Bonny Prince Billy. Quand on les ouvrait, ils ressemblaient plus à des albums de Sebadoh. La photo, chez eux, est le centre de tout. De leur vie, de leurs conversations, de leurs idées, du chaos de leur existence (pour certains), de leur soif de connaitre (pour tous), de leurs traversées du monde (loin, loin).

C’est hors de chez eux que les Pierre von Kleist ont refondé leur photographie. Une bonne partie d’entre eux (José Pedro, André P. et Antonio Julio) ont fait le voyage initiatique au Japon – là où se sont fabriqués les plus beaux livres de photos. Là où la photographie est exercée comme un art martial : discipline quotidienne, pensée qui accompagne le geste, avant que l’oubli et le saké ne se chargent du reste. Puis Pedro Cortes est parti neuf mois à Tel Aviv, André Principe à Tokyo et à Londres, António Júlio Duarte à Londres puis à Macao et à Tokyo, André Cepeda a vécu un moment en Belgique. Je ne sais pas où ils seront demain.

Dans un mail écrit entre Londres et Lisbonne, André Principe m’explique que toutes les images de Levante ont été faites à Lisbonne. Même les photos d’André Cepeda, le seul de la bande à vivre encore à Porto. Oui, même les photos de Cepeda. Ok, des mecs de Lisbonne font des photos de Lisbonne, la belle affaire. Ça parait naturel, dit comme ça, mais quand on connait l’envie de fuite qui les travaille et la sensation permanente d’exil qui nourrit leur travail respectif, on tient là comme un exploit.  Levante ? Kesako ? Le terme désigne tout à la fois la côte orientale, levantine, du Portugal, avec ce vent fou qui la frappe du matin au soir et contre lequel il faut résister, et la capacité du peuple portugais à s’organiser contre un système politique, social et économique.

Dans le détail, cela donne cinq partitions parallèles.

- José Pedro Cortes est récemment revenu du côté de Costa, une plage abandonnée ou presque, à 12 kilomètres de Lisbonne, une plage de sable et de béton laissée à l’état de crise permanente. Territoire de la sécheresse et du désastre économique. Et témoignage d’autre chose, en sous-main: l’identité nationale se terre au fonds des choses.

- André Principe est parti trouver du côté des filles exotiques et des nuits sans fin sa soif d’ailleurs. La rue est longue, une station, deux stations, trois stations, et l’espoir à chaque fois renouvelé d’un moment où tout va partir en couille ou au contraire sceller un truc inoubliable. Vivre pour accumuler des moments cramés.

- L’ailleurs de António Júlio Duarte a le goût d’un poster kitch, palmiers et coucher de soleil, accroché à moitié déchiré aux murs d’une chambre de merde (murs nus, volets clos). Rêve, et puis quand tu auras fini de rêver, tu tourneras le dos au monde. Effrontément.

- L’ailleurs d’André Cepeda est au fond de lui-même – ça, on le sait maintenant. Il porte son blues partout où il va. C’est une blessure profonde, une vielle blessure. Qui peut ressembler à une fenêtre bousillée ou à un sexe cru.

- Et Diogo Simoes, le petit jeune de 24 ans, le petit nouveau, le protégé ?
On dirait bien que c’est le seul de la bande à ne même plus choisir la fuite en avant comme moyen d’existence. Le kid prend ce qu’il voit autour de lui. Démerde-toi avec ça et avec ça seulement, c’est le crédo. Et tant mieux si ça résiste, et tant mieux si ça fait mur. Simoes dévisage ceux qui dévisagent cette crise qui n’en finit pas.

Moi, je les aime tous autant qu’ils sont. Ils ont chacun leur façon, leur manière de traverser la rue, de s’approcher de nous, et de nous observer. Mais une fois mis côte à côte, ils font collectivement ressurgir ce que je préfère au monde : la possibilité d’une vie violente.

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On on four dans les Inrocks et A Shaded View on Fashion.

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ALESSANDRO SIMONETTI  
- one on four
Du 30 mai au 2 juillet 2014.
Vernissage le vendredi 30 mai de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.

english version below

12Mail, l’espace d’exposition de Red Bull France propose la première exposition personnelle Française du photographe Américain Alessandro Simonetti, une série de portraits (Raymond Pettibon, Scott Campbell, Larry Clark…) capturés au grès de ses rencontres. Joseph Ghosn, rédacteur en chef adjoint d’Obsession et grand amateur de photo contemporaine, nous présente cet artiste encore peu connu du grand public.

Des Japonais rockab’ qui dansent dans un bar tiki de New York, les bad boys du Wu-Tang Clan sur scène et en coulisses à Rome, un transsexuel qui vous accueille dans une fête à Venise et dont vous tombez tout de suite amoureux… Les photographies d’Alessandro Simonetti scrutent quelque chose du monde contemporain : elles tentent d’en saisir des figures hautes en couleur, célébrités ou illustres inconnus, dans des situations éphémères, fugitives, déjà disparues au moment où la photo est prise. Alessandro les regarde d’un œil qui veut avant tout capter leur énergie, leur tension, leur joie. Et qui sait que tout peut s’effondrer d’un moment à l’autre. Sans doute est-ce sa position entre deux pays qui lui vaut ce regard singulier, qui recherche les failles temporelles, les incongruités géographiques, mais aussi l’étrange euphorie qui les accompagne.

Lui-même vit à New York, mais a grandi à Rome dans les années 1970 et 80, a passé plusieurs années à Venise et s’est laissé imprégner à partir de ses 16 ans des cultures saillantes de la fin du XXème siècle comme le skateboard, le graffiti, le punk… La photographie le surprend au même moment et un livre, en particulier, encapsulera dans les années 1990 toutes ses envies, ses désirs : Fuck You Heroes de Glen E. Friedman, ouvrage iconique à la croisée de toutes ses amours.

Pour 12Mail, il présente un travail inédit débuté il y a 15 ans déjà : des photos de passeport, photos d’identité, shootées avec un vieil appareil spécialement conçu pour cela, acheté pour s’amuser et avec lequel il s’est mis à photographier des artistes croisés çà et là. Comme Raymond Pettibon, les musiciens de Sonic Youth, le rappeur KRS1, etc. « Chaque portrait que l’on revoit dans un document d’identité marque un sentiment étrange, drôle et malaisé : c’est toujours une photo du passé, mais comme marquée au fer rouge… Avec cela à l’esprit, c’était amusant de photographier tous ces gens célèbres avec un médium destiné à disparaître dans les prochaines années. La production des pellicules adéquates pour ce genre d’appareil et de photos sera en effet bientôt obsolète. » Explique-t-il.

Au fond, ce ne sont pas tant les artistes qui intéressent Alessandro Simonetti, mais plutôt le fait de saisir leur visage à un moment précis. Le comble, c’est qu’il le fait avec un matériau aussi fragile que le temps qui passe. Cet homme-là est un vampire. Avec ses photos, il capture votre jeunesse.

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Alessandro Simonetti : www.alessandrosimonetti.com

ALESSANDRO SIMONETTI – one one four
May 30th to july 2nd 2014.
Opening reception : May 30th from 6pm to 9pm.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris, France.

12 Mail, the Red Bull France exhibition space, presents the first French exhibition of American photographer Alessandro Simonetti. Joseph Ghosn, edior-in-chief for Obsession and contemporary photography connoisseur, introduces us to this artist.

From Japanese rockab’ heads dancing in a New York City tiki bar to the Wu-Tang Clan bad boys backstage in Roma or a Venetian transsexual welcoming you to a party where you could immediately fall in love with him… Alessandro Simonetti’s photos seem to look for something from a contemporary world: they capture colorful figures, from celebrities to unknowns, in this ephemeral status, yet disappear at the moment the photo is taken. Alessandro looks at his subjects with a personal eye that captures all of their energy, tension or joy, knowing that all this can really disappear in a second. Maybe he owes this personal twist to his italo-american origins.

Currently residing in New York but having grown up in Italy during the 70’s and 80’s between Rome and Venice, Alessandro’s vision was born from the rough romanticism of Rome and his university schooling in Venice. His aesthetic and artistic condition lean towards subcultures like skateboarding to punk music and graffiti. The book “Fuck You Heroes”, by Glen E. Friedman, iconicized the people living in an era and guided Alessandro to his own unique artistic filter.

For 12Mail, he chose an unreleased work he started 15 years ago: passport photos and ID cards shot with and old camera, which he bought just for fun and started shooting artists everywhere he went. (Raymond Pettibon, Sonic Youth, KRS-1, etc). «Every picture you can see on an ID card is filled with this strange feeling, both funny and uncomfortable: it’s always a picture from the past, deeply rooted in something that is finished. The purpose of the medium (passport photos) is so intimate but at the same time impersonal, is this duality, you either love your ID image from the 90’s or you hate it. Most of the characters translate an awkward beauty in these instant photos.»

If you think about it, Alessandro Simonetti is not only interested in the artists, but in the act of catching their face at a very special moment. And what makes his work more precious is the way he captures reality through a medium as fragile as the passing of time. This man is a vampire, he sucks your youthful spirit !

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© Valentin Le Cron

(french version below)

TREVOR JACKSON
YESTERDAY, TODAY, TOMORROW, FOREVER

March 21st to may 16th 2014.
Opening on march 21st from 6pm to 9pm.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris, France.
infos@12mail.fr

Musician, DJ and famous art director Trevor Jackson’s exhibition represents the cultural importance and hidden beauty of vinyl recordings. We asked the English magazine Dazed and Confused’s art critic Francesca Gavin, long time observer of Trevor’s work, to introduce the show :

« This is an exhibition about imperfections. A show about how experience changes us and the objects and environment around us. Over the past four years Trevor Jackson has created a series of microscopic images taken of records from his extensive personal collection. The aim – to capture detailed images of vinyl surfaces, highlighting the individuality of physical sound waves visually distorted by scratches, stains and smears – wear and tear the artist unintentionally inflicted upon them during decades of use.  These large scale graphic prints are being shown together publicly for the first time at the 12Mail / Red Bull Space Gallery.

The work can be seen as a reflection of our personal relationships to objects and how we amend and change them through their use and interaction with the human body. Here they also become a form of self portraiture, capturing Jackson’s own personality and emotional relationship with his objects and music. The grooves of a record, blown up to super-human size, appear almost organic, Instead of regular mechanical lines these images resemble veins of plants or cells.

The records that are captured, magnified and transformed into the monolithic images within this devotional space, range from the radical noise of Public Enemy, ethereal house of FIngers inc, perfect pop of The Beach Boys to the pioneering electronics of Jean Michel Jarre, all paying tribute to the physical recorded medium. The choices were based more on the aesthetic value than their audio elements, The method of this creation reflects the nuances and care in the creation of music itself. Jackson adapted the eyepiece used by engineers to check the grooves in cutting rooms where records were mastered into a unique camera, these result in a visual manifestation of the hiss, crackle and pop of vinyl. A visual translation of our ritualistic relationship to vinyl and music in a wider sense.  A soundtrack for the show has been created by Trevor entirely from minuscule elements from the recordings on display and will be released as a limited edition vinyl single to coincide with the exhibition, along with a specially produced publication.

London-based artist, musician, designer, producer and DJ Trevor Jackson has been making visual work since he founded his first design company ‘Bite It!’ in 1987. He has exhibited and created projects for art institutions including London’s ICA and Barbican, Gateshead’s Baltic, and the Onedotzero festival, won various international design awards for his work with the band Soulwax and collaborated with clients such as Nike, BMW, Lexus, Coca Cola, & Uniqlo. Alongside his visual work he is best known for his  music project ‘Playgroup’ and the seminal record label Output Recordings (original home to Four Tet & LCD Sound System). His remix and production work for artists like Dinos Chapman, Massive Attack, U2, the Gossip & Tiga along with his classic DJ Kicks (K7) mix album and acclaimed compilation series entitled ‘Metal Dance’ (Strut) have maintained his status as an important and highly respected figure within contemporary audio visual culture.

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Trevor Jackson : http://www.trevor-jackson.com

TREVOR JACKSON Yesterday, Today, Tomorrow, Forever from redbullfrance on Vimeo.


TREVOR JACKSON
YESTERDAY, TODAY, TOMORROW, FOREVER

Du 21 mars au 16 mai 2014.
Vernissage le vendredi 21 mars de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.


Musicien, Dj et directeur artistique réputé, Trevor Jackson propose une exposition en forme de déclaration d’amour au support vinyle. Un travail graphique et musical qui a pris forme lors d’une résidence au Red Bull Studios Paris. Nous avons demandé à Francesca Gavin, critique d’art au magazine Anglais Dazed & Confused et complice de Trevor de nous présenter son exposition :

« Yesterday, Today, Tomorrow, Forever est une histoire d’imperfections. Au cours des quatre dernières années, Trevor Jackson a créé une série d’images microscopiques à partir de sa vaste collection personnelle de disques vinyles. Le résultat, qui met en scène des ondes sonores déformées physiquement par les égratignures des scratches, les tâches et les frottis divers, révélant l’usure que l’artiste a involontairement infligé à son support pendant des décennies d’utilisation. Ces impressions graphiques à grande échelle seront présentées publiquement pour la première fois à la galerie 12Mail / Red Bull Space.

Ce travail peut être considéré comme un reflet de nos relations personnelles avec les objets, de la manière dont les interactions avec l’humain les modifient, en altèrent les contours. En un sens, ils sont aussi une forme d’autoportrait, capturant la personnalité de l’artiste en révélant la relation affective qu’il entretient avec eux. Agrandis à taille humaine, ces sillons manipulés, déformés, semblent presque organiques, vivants, loin des nervures lisses, régulières et presque mécaniques du monde végétal.

Pour capter ces images, Trevor Jackson a adapté sur son appareil photo les oculaires utilisés par les ingénieurs pour vérifier les microsillons dans les usines de pressage. Un procédé qui rend visible, presque palpable, le souffle, le craquement, et le fameux « pop » vinylique, comme une traduction graphique de notre relation avec le disque, mais aussi avec la musique au sens large. Car les disques dont l’image et la structure sont transformées ici en images monolithiques sont choisis, du radical noise de Public Enemy à la house éthérée de Fingers Inc., de la pop parfaite des Beach Boys à la musique synthétique de Jean Michel Jarre, rendant un hommage au média disque autant qu’à son contenu immatériel. Une bande-son a également été créée à partir de minuscules éléments des enregistrements en jeu dans l’exposition. Cette pièce sonore conçue en résidence au Red Bull Studios Paris sera publiée sur vinyle en édition limitée, accompagnée d’une publication. »

Musicien, créateur, producteur et DJ basé à Londres, Trevor Jackson a investi le champ des arts visuels en fondant sa première entreprise de design, Bite It!, en 1987. Il a depuis exposé dans de nombreux centres d’art (ICA, Barbican, festival Onedotzero…), et remporté plusieurs prix internationaux de design, notamment pour son travail avec le groupe Soulwax. Il a par ailleurs collaboré avec des clients tels que Nike, BMW, Lexus, Coca Cola et Uniqlo. En parallèle à ses travaux visuels, il est aussi connu pour son projet Playgroup et son label Output (Four Tet, LCD Soundsystem), fondé en 1996. Ses productions et remix pour Dinos Chapman, Massive Attack, U2, The Gossip et Tiga, et sa célèbre compilation Metal Dance (Strut) ont par ailleurs fait de lui un personnage respecté de la culture audiovisuelle contemporaine.

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A FEW PICTURES OF THE SHOW’S SOUNDTRACK RECORDING SESSION AT
RED BULL STUDIOS PARIS

all pics © Philippe Lévy.

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Ill-Studio: Twisted Objects on Nowness.com

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ILL-STUDIO

ILL-STUDIO
FETISHISTIC SCOPOPHILIA

Du 17 janvier au 14 mars 2014.
Vernissage le vendredi 17 janvier de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

12Mail, l’espace d’exposition de Red Bull France entame sa cinquième année en poursuivant ses pérégrinations aux frontières de la photographie, de l’illustration et de la presse indépendante. A l’heure où tout le monde s’autoproclame “DA” il nous a semblé intéressant de proposer une carte blanche aux français de Ill-Studio qui rendent ses lettres de noblesse à la discipline de “directeur artistique” en conciliant forme et fond, sens et esthétique, travail de commande et démarche artistique. Nous avons demandé au critique d’art Jean-Max Colard de vous présenter leur travail sur cette exposition en quelques mots :

“ Ill-Studio ? Je les considère d’abord comme des « esthètes du contemporain ». Dans les termes, ce devrait être un oxymore, une contradiction : l’esthète au sens ancien et dandy du terme n’a en principe que dédain pour les productions démocratiques, pour les artefacts de la civilisation industrielle, pour les surfaces populaires, pour la foule qu’il snobe de toute sa hauteur, en aristocrate du goût.  Il y a de cela dans les travaux d’Ill Studio depuis leur création en 2007 : quelle que soit la commande qui leur est faite — un clip pour Tame Impala, une collection de vêtements avec Christophe Lemaire, une série de casques en collaboration avec la marque Ruby —, ils affectent à l’évidence un raffinement extrême, un culte soigné du Beau, un rapport fétichiste aux matières et aux signes, parvenant à conjuguer un minimalisme forcément épuré avec une préciosité qui confine à l’ésotérisme. Le style est leur style. Et cela passe avant l’affichage d’un quelconque savoir-faire technique ou l’adoption d’un protocole grapho-conceptuel.

Sauf que cette hyperesthésie qui est leur véritable maladie (illness), et dont ils sont visiblement atteints jusqu’à la scopophilie (soit une irrépressible pulsion scopique, le plaisir pris à regarder, à toucher du regard), s’applique non pas à des objets estampillés de qualité, mais à des formes indifféremment hautes ou basses de la culture contemporaine : un mauvais logo au look 3D dégradé,  un pan de mur en béton, le design italien d’Alessandro Mendini, un synthétiseur Roland-Juno 60, une veste de jogging Fila ou un costume Yves Saint Laurent. C’est ce fétichisme exigeant qu’on retrouve dans leurs directions artistiques et qui sera mis en scène dans l’exposition à la galerie 12Mail, où il s’agira de mettre en exergue des obsessions visuelles, d’exhiber des références, de goûter des matières brutes.

Parmi les adeptes du contemporain, on différenciera donc « les esthètes » des « érudits » : dans les années 1980, une génération d’artistes nommés Mike Kelley, Jim Shaw, mais aussi Richard Prince ou Haim Steinbach avaient dépassé les effets de surface du pop art pour devenir de véritables spécialistes de la culture populaire, de ses fanzines innombrables, de ses niches les plus underground. D’autres artistes continuent sur cette voie, tel Raphaël Zarka par exemple. Venant après eux, les « esthètes », telle l’artiste Dominique Gonzalez-Foerster, sont ceux qui peaufinent leur culture vernaculaire, qui passent du savoir érudit à un raffinement tout intellectuel. Outre l’ouvrage Neapolis consacré à une approche culturelle du skateboard, les deux fondateurs d’Ill-Studio ont également dressé l’inventaire de leurs références cultes dans un booklet intitulé Moodcyclopedia. Autant dire une encyclopédie personnelle, subjective, choisie. Ou comment détourner la culture de l’échantillon qui s’étale sur Google à des fins précieuses. Ill-Studio est un moteur de recherche esthétique. »

Créé en 2007, Ill-Studio est une cellule de création artistique basée à Paris et dirigée par Thomas Subreville et Léonard Vernhet. Le studio est investi dans de nombreux domaines, de la direction artistique à la photographie en passant par la mode, le graphisme, le cinéma et l’édition, tant pour des travaux personnels que pour des commandes. Ill-Studio a déjà collaboré avec des marques aussi prestigieuses que Nike, Colette, Supreme NYC, The New York Times, Louis Vuitton, Chanel, Lanvin, Christophe Lemaire, Lacoste and Tigersushi. Leurs travaux ont été exposés à Paris, Londres, Los Angeles, New York, Stockholm, Vienne ou Mexico.

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SANGHON KIM  « Echo »
Du 6 septembre au 8 novembre 2013.
Vernissage le vendredi 6 septembre de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

Illustrateur et Directeur artistique de talent, Sanghon Kim dévoilera les travaux préparatoires de son premier court métrage d’animation à 12Mail en septembre : dessins originaux et collaborations visuelles qui lèveront le voile sur un univers de science-fiction unique. Nous avons demandé à Etienne Menu, rédacteur en chef de la revue Audimat et ami de longue date de Sanghon de nous raconter ce projet inédit.

“ Le jour où j’ai rencontré Sanghon, je portais un tee-shirt du robot « Astro ». C’était dans les années 90, nous étions au lycée. On a jamais cessé de se voir depuis, et le mois dernier il m’a étrangement reparlé de ce tee-shirt avant de me demander de rédiger le présent texte. J’ai accepté, même si je ne connais rien à l’art – en même temps Sanghon n’a jamais trop fait l’artiste. Il est pourtant diplômé des Beaux Arts de Paris et depuis une dizaine d’années pratique avec succès les métiers de directeur artistique et d’illustrateur. Il a notamment réalisé de nombreuses pochettes de disques (dernièrement Sébastien Tellier, -M-). Ces dernières années, quand j’allais le voir chez lui, je tombais tout le temps sur des dessins et des aquarelles. Ce que j’ignorais, c’est que ces études étaient destinées à un projet de film d’animation : un court métrage de science-fiction baptisé Echo.

Au début de l’année, quand 12Mail a demandé à Sanghon d’exposer son travail, il était déjà en train de préparer Echo. C’est son projet le plus personnel et logiquement, il a proposé de montrer dans la galerie une large sélection de ses travaux préparatoires. Quand on parle de recherches visuelles pour un dessin animé ou un film fantastique, on appelle ça du « concept art ». Pour trouver les financements de La Guerre des Étoiles, George Lucas avait par exemple demandé à son directeur artistique Ralph McQuarrie de produire du concept art, à savoir une série de peintures à présenter aux producteurs.

C’est ce que Sanghon Kim va accrocher aux murs de 12Mail : les premières esquisses d’un film qui n’est pas encore fabriqué. Mais ce n’est pas très grave – c’est même pas plus mal, les œuvres inachevées. Surtout quand on peut les montrer avant même de savoir si on les finira : on assiste à une sorte de merveilleux rêve éveillé. Ce projet cinématographique qui s’amorce donc par un travail collectif. On pourra voir, lors de cette exposition, une sélection du matériel produit par Sanghon et d’autres travaux réalisés par des artistes amis : des photos de Camille Vivier, des dessins de Siegfried Jégard et des visuels d’Armand Béraud. Sanghon m’a demandé de garder l’histoire secrète, je dirai donc juste qu’il s’agit d’un conte de science-fiction romantique.

L’univers du film est inspiré par les deux grands tandems de l’animation française ; Jacques Prévert/Paul Grimault (Le Roi et l’oiseau) et Roland Topor/René Laloux (La Planète Sauvage). Mais sa force, c’est de mêler des références hétéroclites et de puiser dans l’histoire de l’art autant que dans la pop culture. L’esthétique, singulière et intemporelle, glisse quelque part entre le passé et l’actuel, tout en laissant filer le futur entre les interstices. L’exposition transformera donc 12Mail en atelier ouvert. Un atelier que l’artiste aurait quitté pour quelques jours, y laissant tout de même des traces organisées de son projet. Cette exposition s’apparente à un appel au devenir plus qu’à une réunion de travaux passés. Un rêve incertain qui aura au moins le mérite d’être partagé dans sa forme la plus simple : un dessin.

Entrez-y comme si vous alliez y écouter la version démo d’une chanson entêtante. Prenez-la quand même pour une œuvre en soi, même si elle adopte la forme d’un jubilatoire assemblage, et non d’une entité achevée. Et laissez résonner l’écho des images.”

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

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Sanghon Kim: http://www.monsieurlagent.com/#illustration/sanghon-kim

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VLADIMIR BESSON
Ici-même

Du 28 juin au 30 août 2013.
Vernissage le vendredi 28 juin
de 18h à 21h.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull poursuit son travail de défrichage en produisant la première exposition personnelle de Vladimir Besson.

Ce jeune photographe parisien à l’univers noir et blanc, très rock’n’roll a déjà publié pour Vice, Mire et Entrisme et couvert le festival Villette Sonique. Nous avons demandé à son ami, le journaliste Julien Bécourt, de nous présenter son travail.

“A une époque où abondent les méme et où l’ironie est devenue un gimmick encombrant, les photographies de Vladimir Besson touchent un sentiment à la fois pur et pop, archaïque et dans l’air du temps. Elles incarnent la persistance du réel contre le flux reproductif – et restent profondément ancrées dans la mémoire, immanentes, suspendues dans l’éternité du présent.

Hic et nunc. Ici-bas. Ici-même. Magnétisme animal et connaissance par les gouffres. Poétiser plutôt que théoriser. Le plus anodin devient icônique, sans doute la réminiscence de ses origines slaves, des enluminures d’Ivan Bilibine ou des peintures de Gustave Moreau. Sans compter son goût pour les canons « gothiques » de pacotille, provenant autant des bandes dessinées de Tardi que de l’esthétique Black Metal, des flyers punks en photocopie comme des fanzines do-it-yourself. Avec pour mission de rendre le potache sérieux, le graveleux solennel, l’idiotie sublime – et vice-versa. Gummo chez Bela Tarr. Dostoïevski dans un squatt. Lovecraft en Seine-et-Marne.

Il émane des photos de Vladimir une quiétude surnaturelle. Plutôt que de déployer des tactiques, il détecte des présences. L’intimité s’y dévoile en clair-obscur, dans des contrastes pudiquement granuleux. Une incandescence propre à éblouir tout en obscurcissant. La déperdition de l’aura tant déplorée par Walter Benjamin retrouve chez lui des contours spectraux. Car Vladimir voit ce que nous ne voyons pas. Un noir et blanc opaque là où on croyait distinguer des couleurs printanières. Une expression machiavélique au lieu d’un sourire. Un paquet de clopes éventré transformé en totem. Une jeune fille endormie changée en momie dans son linceul. Postures et fétiches du quotidien saisis dans une nuit charbonneuse. Le temps d’un smiley en coin et d’une impulsion, du tac-au-tac. Lyrisme instantané. Séduction fugace. Amour de l’instant. Romantisme noir et humour décalé. Spéléologie de l’âme humaine.

On décèle dans ses photographies un monde non pas tel qu’on l’idéalise, mais tel qu’on le fantasme. Pas de tricherie pour autant, la vérité d’une situation se met elle-même en scène sous son objectif. L’instinct prime chez lui toujours sur la réflexion. Chien fou et warrior kid qui verserait presque une larme en revoyant un clip de Kino, le groupe new wave russe qui a bercé son adolescence. L’âme slave et le rire chaleureux dans sa ligne de mire. La grâce dans la précarité. La poésie dans la crasse. L’humilité en bandoulière et les mains dans le cambouis.

Tropismes et aporie. Mysticisme du quotidien. Chamanisme des bas-fonds. L’air de dire: C’est arrivé près de chez vous. Pour une fois, les rôles sont inversés. Les untermenschen ont le dernier mot. Noir Boy George a trouvé refuge chez Baba Yaga. Plus personne ne se laisse aveugler. Ce n’est pas un hasard si Vladimir se sent comme un poisson dans l’eau lorsqu’il se trimballe avec son appareil dans les catacombes: se retrouver toujours à l’origine et à la fin, à faire un pied de nez aux « choses sérieuses », à déjouer le macabre. Souffle léger, vapeur éphémère. S’en fout la mort. Aux innocents les mains pleines.

Et si le vrai dandy, c’était lui?”

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12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.

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DUPUY & BERBERIAN
CHEVAUCHEMENTS
Du 12 avril au 14 juin 2013
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Photos vernissage © Valentin Lecron
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