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SO ME  TRAVAIL FAMILLE PARTY
Du 1er avril au 5 avril 2013
Vernissage le lundi 1er avril de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail,
75002 Paris.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull France fête les dix ans du plus influent des labels Français, Ed Banger, au travers des archives photos de son directeur artistique, So Me. Une exposition extraite du livre « Travail Famille Party » édité par le label pour ses 10 ans.

Les images de So Me, capturées à travers les objectifs de ses appareils photos, allient à la fois réflexion artistique et instantanéité. Travail, Famille, Party s’apprécie comme un album de famille que l’on voudrait ne jamais refermer. Ce témoignage visuel exclusif conjugue la vie du label depuis sa création en 2003 et les propres expériences de son directeur artistique.

So Me, de son vrai nom Bertrand de Langeron, a su en quelques années multiplier les activités afin de mieux se distinguer. Directeur artistique du label Ed Banger Records depuis sa création en 2003, il accompagne Pedro Winter dans tous les projets du label. À la fois graphiste, designer, photographe, réalisateur, musicien, sa polyvalence lui vaut une reconnaissance internationale. Au-delà de son travail de graphiste, il a également réalisé différents clips pour Justice, Kid Cudi, Duck Sauce, MGMT, Kanye West ou Major Lazer.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Exposition produite avec le soutien de Janvier.

MORE INFO
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr - infos@12mail.fr
Ed Banger : www.edbangerrecords.com
FB Event : www.facebook.com/events/532583396786228

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SUSUMU MUKAI ANIMAS
Du 29 novembre 2012 au 25 janvier 2013
Vernissage le jeudi 29 novembre de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.


12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull France fête ses trois ans d’existence avec un livre rétrospectif et une exposition de travaux inédits de l’illustrateur Londonien Susumu Mukai / Zongamin.

12Mail a donc trois ans. Une envie simple a présidé à la conception de cette galerie pas comme les autres, celle d’élaborer une plateforme de diffusion permettant à de jeunes artistes issus de l’illustration, de la mode, du design graphique ou de la photo de montrer leur travail dans des conditions professionnelles. Assez vite cet axiome a évolué : il ne s’agissait plus simplement d’exposer des dessins ou des photos, mais de fréquenter les lisières, ou plutôt les marges, de la création contemporaine : l’auto-édition, la presse underground, les fanzines… En confrontant des artistes influents peu connus du grand public à une génération plus jeune, en privilégiant les démarches singulières à la « tendance », en évitant d’être décoratifs, branchés ou élitistes. En proposant des cartes blanches à des personnalités ayant des choses à dire ou à montrer, même (et surtout) si elles n’étaient pas issues du réseau des galeries et de l’art contemporain. « Il n’y a de vie que dans les marges », affirmait déjà Balzac.

Nous allons fêter cet anniversaire par le biais d’une publication – rétrospective et irraisonnée – dont vous trouverez les détails plus bas. Nous pensons aussi que la meilleure façon de manifester son contentement c’est de faire comme si de rien n’était en continuant à montrer des choses qui en valent la peine. A ce titre, le nom de Susumu Mukai figurait déjà parmi les invités potentiels de 12Mail en 2009. Cet artiste anglais plus connu sur le pseudonyme de Zongamin, diplômé du Royal College of Art de Londres possède tous les attributs de la hype : expos chez Colette et Undercover, publications chez GAS books, disques sur XL Recordings et Ed Banger, et pourtant.

Le travail de Susumu Mukai, qu’il soit graphique ou musical n’obéit à aucune mode. Il est radicalement libre, tant dans le choix de ses thèmes que dans son exécution. Son univers, habité par un psychédélisme rigoriste, servi par une technique bluffante est d’une singularité qui vaut le détour. Quand on lui demande de quoi seront fait ses nouveaux dessins, Susumu parle d’une mission de recherche disparue en essayant de trouver des traces d’Animas, une civilisation avancée qui maîtrisait l’eau et le feu. Ces dessins constitueraient les fragments du dernier message que cette équipe aurait transmis, il y a 333 millions d’années environ. Quand on m’a proposé de piloter ce projet de galerie il y a trois ans, je n’aurais jamais pensé participer, un jour, à la recherche de civilisations perdues. La vie est décidément pleine de surprises.

Guillaume Sorge

Le livre « 12Mail / Red Bull space 2009 – 2012 » designé par Laurent Fétis sera édité à 500 exemplaires hors commerce et comprendra des œuvres et interviews des artistes suivants : //DIY, Abäke, Amy Lombard, Angelo Di Marco, Ann Woo, Angelo Cirimele, Antoine Marquis, Aurélien Arbet, Blutch, Born Bad, Camille Vivier, Caroline Andrieu, Charles Berberian, Charles Burns, Christophe Brunnquell, Didier Lestrade, Discographisme Récréatif, Elisabeth Arkhipoff, Estelle Hanania, House of Kids, Jason Nocito, Jérémie Egry, Jérémie Grandsenne, JSBJ, Julien Carreyn, Linus Bill, Maciek Pozoga, Manystuff, Mathias Schweizer, Nicolas Poillot, Nine Antico, OfficeABC, Paul Hornschemeier, Sang Bleu, Santiago Mostyn, Sophie Bramly, Sporthitparadise, Theo Ellsworth, Travess Smalley, Vava Dudu, Yan Morvan, Yorgo Tloupas.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Facebook Event : http://www.facebook.com/events/456486081056660

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SOPHIE BRAMLY – 1981 & +
Du 17 juin au 2 septembre 2011
Vernissage le vendredi 17 juin de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

DOWNLOAD THE ENGLISH VERSION HERE

Sophie Bramly fut un témoin privilégié de l’émergence de la culture hip hop dans le Bronx au début des années 80. Ses amis de l’époque se nommaient Afrika Bambaataa, Futura, Kurtis Blow ou Crazy Legs. Elle les a photographié alors qu’ils étaient des légendes en devenir, sublimant un quotidien difficile par un talent débordant et une énergie sans limite. Pour vous présenter cette exposition un peu spéciale qui nous donnera l’occasion de produire notre première publication, laissons la parole à Sophie :

« Il faut d’abord se souvenir du contexte de l‘époque. Au début des années 80, même en plein centre de New-York, un chauffeur de taxi, fut-il noir, ne s’arrêtait pas pour un autre noir s’il était habillé en jogging et baskets, alors signes distinctifs de ceux qu’on appelle en français et avec beaucoup d’affection des cailleras. Si la ségrégation était abolie depuis longtemps, elle avait laissé un peu partout des empreintes : peu de blancs dépassaient la 125ème rue et pour aller dans le Bronx, il fallait soit s’armer de patience et d’organisation et suivre un parcours complexe dans le métro, soit faire venir une voiture du Bronx, appelée très audacieusement « limo ». Voilà les premiers stigmates distinctifs du mode de survie local : tout miser sur les apparences.

Downtown, il y avait la faune des branchés qui savait accueillir les « homies », qui venaient montrer prouesses et inventions dans des clubs branchés comme le Pyramid ou le Roxy. Ils rappaient, mais depuis le succès du Sugarhill Gang en 79, une certaine familiarité avec le genre commençait à s’installer. Ils dansaient aussi, mais plutôt sur la tête, le coude, ou d’autres parties saugrenues du corps et là le spectacle de ces bandes habillées à l’identique, se lançant des défis sur le sol des boîtes de nuits (recouverts de cartons pour l’occasion) en laissaient plus d’un ébahi.

Il y avait des filles aussi, qui sautaient à la corde comme on ne l’enseignera jamais à l’école. Enfin, des  graffitis artists, dont le talent au départ consistait à écrire leur nom partout, des noms féeriques, colorés, puissants, dans tous les endroits les plus ternes, laids et hostiles possibles. Il fallait savoir mettre un peu d’élégance là où on ne trouve que de l’hostilité.

Je ne me suis pas posé la question à l’époque de ce que je pensais du mouvement, j’ai suivi, c’est tout. A peine me suis-je laissée attendrir par les idées à priori simplistes de Afrika Bambaataa, leader d’une partie de la jeunesse du Bronx. Son principe était le suivant : tout le monde avait au moins un talent, il fallait l’exploiter au mieux, se surpasser tout le temps, se lancer des défis aussi. L’esprit de compétition améliore, oblige à aller plus loin.

Tout miser sur les apparences ?

Pour exploiter au mieux son talent, il fallait d’abord avoir belle allure. Quelques codes de l’époque étaient à peu près faciles à tenir : lacets de baskets démesurément larges, des lunettes de la marque allemande Cazals avec des verres neutres et donc ne servant strictement à rien d’autre qu’à afficher bonne figure, des Adidas et un Kangol sur la tête. C’était presque simple, d’autant que ces marques à l’époque (à l’exception peut-être d’Adidas) n’étaient pas particulièrement en vogue. Je ne saurais pas dire si, plus cette communauté est sortie du Bronx et de Harlem, plus elle a cherché à s’identifier aux blancs fortunés ; mais je me souviens que l’accessoire de marque est vite devenu indispensable, et plus tard il a fallu une garde-robe complète. Si les marques de luxe, Gucci et Vuitton en particulier, sont devenus indispensables pour faire état d’un statut social appétissant, les produits de ces marques étaient inabordables et surtout les accessoires nécessaires n’existaient pas. Le royaume de la contrefaçon a rempli le vide existant et l’extraordinaire Dapper Dan a ouvert une boutique dont le concept était unique : les clients (des rappeurs, mais aussi Mike Tyson, qui était un fidèle) s’asseyaient pour discuter de longues heures. Pendant ce temps-là, dans l’arrière-boutique, des dizaines d’asiatiques fabriquaient d’une part des tissus monogrammés Vuitton, Gucci et autres marques indispensables au statut social, et d’autre part des vêtements que les marques de luxe n’auraient jamais imaginé commercialiser un jour : des joggings, des casquettes, des blousons, des baskets, … Après avoir lutté farouchement contre ces contrefaçons, l’industrie du luxe a finalement profité de l’engouement de plus en plus populaire de ces produits, et l’imagination des uns à fait la richesse des autres. Je n’ai pas d’intérêt particulier pour ce développement industriel phénoménal, mais une vraie fascination pour cette invention du luxe démocratique par une poignée d’ados, initialement rejetée de tous (ou presque). Et au-delà, la manière dont leur mal-être et ses palliatifs sont devenus un style de vie pour une bonne partie de la planète.

C’est leurs obsessions pour leur goût de paraître que j’ai photographié pendant les quelques années où je ne les ai pas lâchés d’un mètre. J’ai étudié leur mise en scène et l’extrême attention qu’ils portaient à la représentation de soi, avec un goût pour l’envers du décor, pour les moments de « nudité » où je les trouvais aussi attendrissants que tout à fait magnifiques et éblouissants.

Ils étaient sur scène dans des habits de lumière, adulés par la foule, mais pour la plupart ils habitaient chez leur mère, étaient déjà pères par ailleurs et savaient rire à gorge déployée du saugrenu de la situation. C’est le chemin qui les menait de chez eux à la scène que l’on retrouve ici. »

Sophie Bramly a commencé sa carrière comme photographe et s’est rapidement spécialisée dans le rap new-yorkais. Lorsque le mouvement a émergé, elle s’est naturellement tournée vers la production télé, en 1987 elle crée notamment pour MTV Europe l’émission culte « Yo ! » qui sera ensuite reprise par MTV U.S. Elle a délaissé l’univers de la musique en 2007 pour se tourner vers la sexualité féminine en créant le site Internet « secondsexe.com » et en produisant pour Canal + la série  de films adultes « X Femmes ».

À l’occasion de L’exposition 1981 et plus, un livre édité à 500 exemplaires numérotés sera édité par 12Mail et Red Bull France. 12mail est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Numérisation et tirages : Fotodart, atelier d’impression Fine Art (www.fotodart.com)

MORE INFOS
infos@12mail.fr
http://www.facebook.com/event.php?eid=199094723461256

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MAGAZINE MAGAZINE
Du 1er avril au 10 juin 2011
Vernissage le vendredi 1er avril de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.


Si depuis sa création 12Mail s’est intéressé à des domaines aussi divers que la mode (Vava Dudu), l’illustration (Elisabeth Arkhipoff), la musique populaire (Born Bad) ou le graphisme (House of Kids, Manystuff), la presse occupe, malgré l’omnipotence d’internet, une place prépondérante dans nos préoccupations. Après Sang Bleu (le fanzine pensé comme un objet de luxe) et Magazine (l’émergence d’une presse magazine identitaire gay chic et lettrée) nous avons choisi de laisser carte blanche à Angelo Cirimele et Yorgo Tloupas, têtes pensantes de Magazine.
Non par goût du mot « Magazine », mais pour saluer une certaine presse indépendante, qui décrypte les tendances sans jamais courir derrière. Magazine délivre au fil des numéros un regard lucide, souvent clairvoyant et parfois visionnaire sur ce milieu.

A l’heure où Magazine lance sa nouvelle formule, quelques mots d’Angelo Cirimele sur leur exposition à 12Mail :

« Un magazine sur les magazines, ce n’était pas juste un pied de nez à la fin des années 90, mais le sentiment que le modèle des magazines culturels était derrière nous et que l’avenir était au lifestyle, en français : ce terrain parcouru par la mode, l’art et le design, avec beaucoup d’images si possible.

Magazine est paru en septembre 1999 et a été fondé par Alexandre Thumerelle qui quittera l’aventure deux ans plus tard et moi-même. À partir du numéro 5, son directeur artistique, Yorgo Tloupas, propose que le graphisme soit confié à un directeur artistique différent à chaque numéro. Magazine n’était à la fois jamais et toujours le même et sa forme changeait aussi sûrement que son contenu. Une esthétique « suisse » (vu d’ici) s’est peu à peu installée, beaucoup de blancs et des choix tranchés : nom du magazine en pied de page, textes non illustrés, portfolios libres… Nous avons invité beaucoup de DA à participer à ce petit jeu, on aurait pu en faire un livre, nous avons choisi une exposition.

Un magazine nommé Magazine se devait aussi de proposer des rubriques plus élaborées. Citons le « off record » (interview anonyme d’un professionnel qui explique les mécanismes de son métier), « désaffection », dont chaque texte débutait invariablement par « je n’aime pas… », ou encore « rencontre » qui, sous prétexte de présenter un inconnu, nous parle d’ici et de maintenant. Aucun journaliste au sens classique ne faisait partie de la rédaction de la première formule ; nous nous sommes adoucis…

Magazine était gratuit, ce qui permettait de mêler insiders et hasards de distribution, une manière de choisir les lieux avant d’être choisi par les lecteurs. Magazine était parisien – pourquoi la province ?

Au fil des numéros nous avons eu le plaisir de collaborer avec des DA tels qu’ Harri Peccinotti, Sophie Toporkoff, Christophe Brunnquell, Laurent Fétis, Surface to Air, Eem, Antoine & Manuel, Michel Mallard, Ramdane Touhami, Payam Sharifi, Sanghon Kim, Ich & Kar, DeValence, Loran Stosskopf, H5, Thomas Lenthal, Peter Knapp, Leslie David, Ill studio entre autres…

Un jour, pas après 10 mais 11 ans, nous avons élaboré une nouvelle formule et tout a changé ou presque : Magazine devient payant, dos carré, diffusion en  kiosque, même en province. Continuité éditoriale, mais des séries mode inédites. Magazine est devenu un autre objet, avec un sticker en couverture qui cache puis dévoile un élément, des cahiers texte plus étroits, différents papiers… Le magazine sur les magazines continue sous une autre forme. L’exposition à 12Mail mettra à profit les deux espaces pour présenter l’ancienne et la nouvelle formule, une sorte de making of avec une anthologie des anciens numéros – collectors pour la plupart – et des DA invités, des objets customisés, une mise en exergue des « interviews insiders » ainsi que des séries mode.

À l’occasion de L’exposition Magazine Magazine, un CD tracklisté par Qoso, musicien et DA associé à la nouvelle formule sera édité et numéroté à 300 exemplaires. 12MAIL est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
12MAIL : www.12mail.fr / infos@12mail.fr
MAGAZINE : www.magazinemagazine.fr
FACEBOOK EVENT :  www.facebook.com/event.php?eid=204188019595568

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MANYSTUFF «Kunstkammer, Représentation d’un cabinet d’amateur»
Du 28 janvier au 25 mars 2011
Vernissage le vendredi 28 janvier de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

PRESS RELEASE / ENGLISH VERSION / CLIC HERE

MANYSTUFF est un blog qui propose quotidiennement une sélection de graphistes, de projets et d’événements internationaux dans le domaine du design graphique. Suivi par plusieurs milliers de personnes tous les jours, de Paris à Londres, de New York à Berlin, en passant par Séoul, Zurich ou Amsterdam, Manystuff se veut le miroir d’une pratique, le reflet d’un paysage dont le cadre se définit par les coups de coeur quotidiens de Charlotte Cheetham, son administratrice. Manystuff étend son activité de promotion de la nouvelle scène graphique et s’engage entre autres dans le commissariat et l’édition de publications spécialisées en design graphique. L’objectif étant, à travers ces activités variées, de fixer un laboratoire d’expérimentations et de réflexions, d’approfondir une démarche curieuse et avide de nouvelles approches formelles et théoriques.

Les représentations de Cabinets d’amateur, au 17e siècle, ont fixé sur la toile de nombreuses collections privées d’amateurs d’art : dans un intérieur privé duquel les murs présentent une accumulation de toiles juxtaposées sans hiérarchie, cadre contre cadre, du sol au plafond, l’amateur peut y recevoir des invités cultivés, également suffire à son plaisir intime d’esthétique et de savoir érudit. Genre de musée idéal, la représentation des cabinets d’amateur combine parfois la réalité et la fiction: décors imaginaires, copies de chef d’oeuvres, collections hybrides.

KUNSTKAMMER, exposition de graphisme, reproduit la dualité de ces représentations – réalité / fiction – en proposant un cabinet d’amateur d’affiches, la collection de Manystuff, dans laquelle s’immisce une séries de 6 affiches fictionnelles, spécialement réalisées pour l’occasion, rassemblées en un cabinet de curiosités graphiques.

Cabinet d’amateur, la collection Manystuff
La collection d’affiches de Manystuff, itinérante et évolutive, dont la première version fut présentée à Moscou en juin 2010. Pour Kunstkammer, il s’agit d’un extrait original de cette collection d’affiches réalisées par des graphistes français et internationaux contemporains tels qu’Experimental Jetset, M/M Paris, Vier5, Laurent Fétis, Fanette Mellier, Frédéric Teschner, Pierre Vanni et bien d’autres. La scénographie reproduit celle des cabinets d’amateur du 17e siècle.

Cabinet de curiosités, affiches commissionnées
6 graphistes et studios de graphisme internationaux proposent une affiche, sérigraphiée, création originale spécialement conçue pour l’exposition et sa thématique des Cabinets d’amateur et de curiosités.

LES  ARTISTES INVITES

ABAKE
Abäke (Patrick Lacey, Benjamin Reichen, Kajsa Ståhl and Maki Suzuki) vivent et travaillent à Londres depuis 2000, où ils se sont rencontrés lors de leurs études au Royal College of Art. Ils ont co-fondé le label de musique et de mode Kitsuné, la production architecturale Sexymachinery, le restaurant parasite Trattoria et plus récemment la structure d’édition Dent-De-Leone, le projet de musée Victoria & alterD ainsi que le groupe de recherche Suzuki åffice. Ils collaborent régulièrement avec Martino Gamper, Aurélien Froment et Yuri Suzuki.
http://abake.fr
http://www.myspace.com/abakespace

KARL NAWROT
Karl Nawrot est un graphiste indépendant vivant à Amsterdam, Il a étudié l’illustration à Lyon (1994- 1998) et le graphisme à la Werkplaats Typografie à Arnhem, Pays-Bas (2006-2008). Il enseigne depuis 2008 le dessin à la Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam.
http://www.voidwreck.com

MANUEL RAEDER
Manuel Raeder vit et travaille à Berlin. Son travail réside dans la mise en place d’interactions entre des éléments, humains ou objets, aussi divers que des artistes, des plantes, des scientifiques, des perroquets, des créateurs de mode, des imprimantes, des stagiaires, des bibliothécaires, des conservateurs, des rappeurs, des photocopieurs, des relieurs, non professionnels et théoriciens….  Manuel Raeder questionne nos pratiques et les relations que nous entretenons avec les objets. La problématique de l’histoire et de sa constante ré-invention est également au centre de son travail. Manuel Raeder travail actuellement sur une série de livres avec l’artiste Tris Vonna-Michell qui seront publiés en 2011.
http://www.manuelraeder.co.uk

MATHIAS SCHWEIZER
Après des études à l’école d’Art de la Chaux-de-Fonds en Suisse, Mathias Schweizer rejoint en 1998 l’atelier parisien des Graphistes Associés avant de s’installer à son compte en 1999. Son travail graphique navigue constamment entre de multiples moyens d’expressions pour établir des liens entre ses pratiques de la vidéo, de la conception typographique, de l’image et de la musique notamment au sein du label Rolax, qu’il a fondé avec Léonard de Léonard, Seep et Komori en 2003. Il collabore avec les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, le CREDAC d‚Ivry-sur-Seine, le FRAC des Pays de la Loire et les Galeries Lafayette pour le projet Antidote.
http://weizer.ch

OFFICEABC
Diplômé de l’université d’Aix-Marseille, Brice Domingues a organisé des workshops au Centre d’Art Contemporain Parc Saint Léger et l’école Supérieure d’Arts Appliqués de Bourgogne parmi d’autres. Catherine Guiral est une ancienne élève de l’école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et du Royal College of Art. Elle a aussi étudié au California Institute of the Arts (CalArts). Elle est actuellement chercheuse en Histoire du Design au Royal College of Art. Brice Domingues et Catherine Guiral se connaissent depuis 2004 et ont officiellement fondé OFFICEABC en 2008. Le studio est un atelier mobile fonctionnant sur le système de création à distance ou sur lieu commun, ses méthodes s’intéressent à la mise en oeuvre de processus liés au langage, aux images et aux liens obliques qui peuvent se faire entre les différents champs des pratiques artistiques.
http://www.officeabc.cc

METAHAVEN
Graphiste et écrivain, Vinca Kruk est diplômée de la Willem de Kooning Academy, a intégré la Jan van Eyck Academie en tant que chercheuse en 2003 et a collaboré avec Adriaan Mellegers jusqu’en 2007. Elle a créé Metahaven en 2006 en compagnie de Daniel van der Velden, graphiste et écrivain également issu de la Willem de Kooning Academy. Daniel et Vinca se sont associés après avoir collaboré sur le projet « Sealand identity » en 2003, projet qui leur a donné envie de créer une structure dont les champs d’application sont le design, la recherche et l’écriture. Daniel van der Velden est également « Senior Critic » à l’université de Yale.
http://www.metahaven.net

REFERENCES MANYSTUFF / CHARLOTTE CHEETHAM
Commissariat (prochainement): L’Echappée belle, Paris; Octobre 2010, CODEX, Voltex, Toulouse; Juin 2010, Collection, Red October, Moscou; Juin 2010, Workshops, Strelka Institute, Moscou; Mai 2009, Manystuff Room, Nuits Sonores, Lyon; Décembre 2009, Time Capsule Series, Berlin; June 2010, Reflet, GHP, Toulouse.

Publications : Octobre 2010, Manystuff #2, About your process; Octobre 2010, catalogue Codex; Avril 2010, Manystuff#1, One possible Catalyst; Mai 2008, Manystuff#0, More real than fiction.

Divers : Novembre 2010, Workshop, EHU, Vilnius; Octobre 2010, Salon Light #7, Point Ephémère, Paris; Septembre 2010, Jury, Croatia Design 0910, Zagreb; Juin 2010, Conférence, Udk Berlin, Berlin; Juin 2010, Jury, ERG, Bruxelles; Juin 2010, conference, Sofia Design Week, Sofia; Novembre 2009,  GRAPHIC #12 Manystuff special  Edition; Novembre 2009, reportage in-situ, RCA, Londres; Novembre 2009, reportage in-situ, Connexions>Conexoes, Sao Paulo; Mai 2009, reportage in-situ, Festival de l’affiche, Chaumont.

A l’occasion de Kunstkammer, le label de musique indépendant Tigersushi propose son cabinet de curiosités musicales. 10 morceaux rares ou méconnus issus du catalogue du label sont regroupés en un CD édité et numéroté à 300 exemplaires.

12MAIL est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
12MAIL : http://www.12mail.fr / infos@12mail.fr
MANYSTUFF : http://www.manystuff.org
TIGERSUSHI : http://www.tigersushi.com
FACEBOOK EVENT : http://www.facebook.com/#!/event.php?eid=135731899817676

Visuel : © TENIERS, David the Younger, Archduke Leopold Wilhelm in his Gallery, c. 1647, Oil on copper, 106 x 129 cm, Museo del Prado, Madrid. Permission is granted to copy, distribute and / or modify this document under the terms of the GNU Free Documentation License, Version 1.3 or any later version published by the Free Software Foundation Typographie.

Sérigraphie: Lezard Graphique

Signalétique: Jean-Baptiste Levée

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Born Bad, Désordres

BORN BAD RECORDS Désordres
Du 17 novembre 2010 au 14 janvier 2011
Vernissage le mercredi 17 novembre de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

Jean Baptiste Guillot dirige le label BORN BAD RECORDS. La galerie 12MAIL lui a donné carte blanche pour une exposition autour du rock. Pas le rock glamour vidé de sa substance par la mode de masse, plutôt ce dernier envisagé comme un choix de vie dangereux et sans concession. L’exposition Désordres présentera un hommage au livre Le Cuir et le Baston au travers de photos rares de Yan Morvan ainsi que des installations de Moolinex et Discographisme Récréatif (Patrice Caillet).

BORN BAD RECORDS
Jean Baptiste Guillot : « Si Born Bad Records s’amuse à cultiver un certain folklore rock’n roll, j’espère aller au delà. Mon credo, c’est de fuir toutes les tendances rétrogrades qui parasitent le rock’n roll en France depuis trop longtemps et de défendre des groupes qui se mettent en danger en proposant une musique novatrice. Tous les groupes du label ont des influences évidentes, mais qu’ils transcendent (Cheveu / Frustration / Magnetix notamment…) Born Bad Records joue avec des codes un peu premier degré tout en essayant de les amener vers d’autres sphères, vers une certaine avant-garde. Nous ne sommes pas dans le revival car je ne vois pas l’utilité de refaire moins bien des choses qui ont déjà été faites. Mes tendances passéistes, régressives (j’écoute des vinyles, je regarde des films en 16 mm, je roule en vieille Triumph…) je les expulse via des rééditions, un travail d’anthropologue, tourné vers les abysses de l’underground et de l’alternatif à la sauce française : les années 50 avec Rock Rock Rock, 60 avec Wizzz, 80 avec Bippp, des compilations regroupant des artistes qui se sont mis en porte à faux avec les codes prédominants de leurs époques pour proposer des choses différentes. J’ai grandi avec l’idée qu’il n’y a pas de rock’n roll en France du fait de la main mise de Téléphone puis de celle de Noir Désir sur l’hexagone. En France on vit la musique de manière exclusive, c’est peut-être un héritage des idoles : tu as le gagnant de la tombola et puis c’est tout. Derrière, les autres n’existent pas. Un des premiers chocs, c’est quand j’ai découvert Si tu reviens chez moi des 5 gentlemen, pour la première fois un groupe issu des circuits alternatifs français m’interpellait, ça a été le détonateur pour découvrir des tonnes de groupes qui n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs homologues étrangers. J’aime l’idée que l’on possède, de De Roubaix à Metal Urbain en passant par Magma, des artistes majeurs en France. »


« LE CUIR ET LE BASTON » 1977 éditions Jean-Claude Simoen
Jean Baptiste Guillot : « Ce livre de Maurice Lemoine illustré de photos de Yan Morvan renvoie à une marginalité qui n’existe plus : un mélange de rock’n roll et de précarité sociale. C’est le portrait des premiers bikers français, celui de loubards de la banlieue parisienne à la dérive, où se mêlent dans une confusion totale alcool, musique, immigration et croix gammées. L’idée étant avant tout chez eux d’effrayer les gens. Ce sont des mecs en totale rupture, leur seul message étant  : « la société ne veut pas de moi, je ne veux donc pas d’elle et allez-vous faire ******». À la différence de la racaille d’aujourd’hui qui oscille entre frustration et désir de consommation, les voyous du Cuir et le Baston sont dans le nihilisme, la haine, le chaos et l’errance. Toute proportion gardée, je viens de la banlieue et de cette culture de la bande de potes qui glande et qui rode, une culture de l’ennui dans l’attente du dérapage, de l’incident qui va mettre un peu de piquant dans ta vie.

Je me suis construit sur le mythe du loser magnifique, un mélange de flamboyance et de pathétique. Ce livre retranscrit très bien l’envers de ce mythe pour lever le voile sur une réalité difficile. Yan Morvan, dont c’est le premier travail, avait commencé à faire un portfolio de photos et son éditeur n’ayant plus les moyens de le sortir, il a proposé à Maurice Lemoine de faire une étude sociologique sur ces marginaux là. C’est comme ça que ce livre est né. Le Cuir et le Baston c’est un peu le casque d’or des années 70 : l’immersion de Maurice Lemoine dans un monde étranger qu’il décrit avec un certain détachement, parfois sarcastique, parfois tendre, pour révéler l’humanité de gens résignés à une certaine fatalité. On est loin de l’image d’épinal du Hells Angel en Californie sur une Harley avec une nana derrière et un soleil couchant. On est plutôt à Montreuil dans la précarité, la crasse et la perdition. »

Yan Morvan est photographe, il a collaboré avec Libération, Paris Match, Newsweek et fondé le site Photographie.com.

PATRICE CAILLET / DISCOGRAPHISME RECREATIF
Jean Baptiste Guillot
: « J’ai toujours voulu faire quelque chose avec Patrice Caillet, l’instigateur de cette collection de pochettes de 45 tours retravaillés par des inconnus. J’adore l’idée de ces travaux qui, pris isolément n’ont que peu d’intérêt et qui, dans le volume et la répétition, prennent du sens et de la valeur. Si tu regardes une pochette de Sylvie Vartan avec une dent noircie au Bic, ça va t’amuser deux secondes, mais quand tu en vois 150 en mosaïque, là c’est sublime. Je suis également sensible à toutes les formes d’art populaire, la pochette de disque en étant une des plus belle expression, ici réappropriée par des anonymes. Ces disques tirent leur beauté de leur détournement plus ou moins maitrisé et ludique : le spectateur peux s’amuser à imaginer le destin de chacun de ces 45 tours et de leurs propriétaires… Ces disques, personne ne va les chiner, personne ne s’y intéresse. Au même titre que les héros du Cuir et le Baston sont les parias de la société, les 45 tours de Discographisme récréatif sont les parias du disque. Si on veut trouver un thème général à cette exposition, ça serait peut-être une évocation des canards boiteux. »

Patrice Caillet : « Discographisme récréatif est un travail à la fois documentaire et
« assemblagiste » commencé en 1996. Il se compose de différents montages iconographiques élaborés à partir de pochettes de disques. Une particularité, ces pochettes au format 45 tours, 33 tours et CD, trouvées pour la plupart au marché aux puces, ont toutes été refaites ou modifiées par des inconnus ayant utilisé l’originale comme support ou comme source d’inspiration. Au cours de nombreuses pérégrinations lors de vide-greniers, j’ai eu l’occasion de discuter avec les propriétaires de ces pochettes. Certains, en redécouvrant leurs oeuvres passées, parlent avec plaisir de leur intervention sur un disque, liée à des souvenirs personnels ou musicaux, d’autres semblent embarrassés de dévoiler ainsi une trace de leur intimité, voire gênés de révéler la part de naïveté ou l’éventuelle maladresse de leur ouvrage. De nombreuses pochettes se trouvent couvertes d’inscriptions timides ou inachevées, de tracés aléatoires, de caviardages bâclés. Ce sont souvent de simples gribouillages, biffures, retouches, découpages, scotchages. Mais dans d’autres cas se distingue un travail plus élaboré, qu’il soit dessin, collage, peinture, customisation, montage infographique… Ces productions réalisées en dehors des cadres protocolaires de la création artistique (elles n’ont pas été nécessairement créées pour être « montrées ») apparaissent comme stéréotypées car indéniablement liées à la consommation de masse et donc assujetties à ses codes. Il ne s’agit pas ici de porter un jugement esthétique, mais de faire des hypothèses quant aux conditions de leur création, de relever un contenu sensible, revendicatif, fantasmagorique ou poétique… »



MOOLINEX « MONCUL »

Jean Baptiste Guillot : « Je vais également présenter une mobylette, symbole même de l’adolescence minable de banlieue, customisée par l’artiste Moolinex à l’aide des napperons de grand mère : le choc des titans entre deux mondes que tout oppose. »

Un CD sélectionné par BORN BAD RECORDS sera édité et numéroté à 300 exemplaires à l’occasion de l’exposition.

12MAIL est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
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BORN BAD RECORDS : http://www.myspace.com/bornbadrecords
YAN MORVAN : http://www.yan-morvan.com / http://fr.wikipedia.org/wiki/yan_morvan
DISCOGRAPHISME RECREATIF : http://approximatif.free.fr
MOOLINEX : http://artpute.over-blog.com/categorie-10642730.html
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Qui a peur de Vava Dudu ?

Quand Vava déboule sans se presser au café Cannibale, crâne rasé, maquillage minimal punk, un collier bizarre posé sur le front, perchée sur des hauts talons et enveloppée dans une tenue de barbare pop dont elle seule a le secret, une somme de points d’interrogations s’allume au-dessus des têtes : «mais qui c’est celle-là ?». Quand elle commande dans un grand rire chaleureux «de la viande crue et un pot de vin rouge» en guise de quatre-heure, on se dit qu’on a peut-être un élément de réponse : Vava serait ce mélange explosif entre Divine, l’égérie trash de John Waters, et Joey Star. Un cocktail à manier avec précaution. Deux heures plus tard, les raccourcis et les préjugés ont volé en éclats. Vava Dudu est Vava Dudu. Un point c’est tout. À prendre ou à laisser.


Prenons et cherchons en sa compagnie quelques éléments biographiques : née à Paris au début des années 70, Vava grandit en banlieue dans une famille nombreuse d’origine martiniquaise. Comme elle ne fout pas grand chose à l’école, sa mère l’envoie pour deux ans chez les bonnes sœurs. Mais Vava n’a pas la foi. Dépression, retour au bercail. Son père l’emmène souvent aux puces, et c’est là au milieu de ce grand bordel où toutes les époques et les styles s’enchevêtrent qu’elle a sa propre révélation, celle d’une obsession fatale pour le vêtement, pour la mode sous toutes ses coutures (qu’elle surgisse d’une poubelle ou d’un musée, peu importe). Vava recycle déjà à tout va tout ce qu’elle touche, réinventant la new wave alors en vogue à sa propre sauce, une sauce aussi corsée qu’un rhum arrangé. Tout en préparant les Beaux Arts (où elle n’ira jamais), elle découvre le travail de Jean Paul Gaultier, choc : «C’est le premier qui a vraiment fait monter la rue sur les podiums. On retrouvait des blacks, des Arabes et des tronches pas possibles dans ses défilés. Même si j’ai jamais souffert de racisme en tant que black, c’était très important pour moi». Après avoir galéré de stage en stage dans un monde qui lui semble inaccessible, Vava réalise enfin son rêve: repérée pour ses créations d’accessoires par le grand Jean Paul, elle intègre la maison Gaultier pour sa première collection haute couture: «ma dernière grosse émotion de jeune fille fraîche et innocente».

Mais Vava ne cherche pas la sécurité de l’emploi, («bosser, c’est se prostituer», dit elle en rigolant, retrouvant les accents situ qui font d’elle une vraie punk). De jour comme de nuit, c’est l’aventure qui l’appelle aux détours des faubourgs. Elle vagabonde dans l’underground Parisien, y forge sa propre famille, créature parmi les créatures, tout en rêvant d’une mode qui dynamite les carcans, touchant autant les péripatéticiennes de l’avenue Montaigne que les lectrices de la Redoute. En 1998, Vava crée sa propre marque avec son frère spirituel Fabrice Lorrain. Vava Dudu et Fabrice Lorrain soit l’association de la nitro et de la glycérine, Mode et Travaux revu et corrigé par la bande à Baader. Cinq années d’existence comme les grands groupes de rock (pensez The Sex Pistols plutôt que The Mamas & The Papas). Prix de l’Andam en 2001, aussitôt claqué dans un défilé mémorable organisé dans l’un des plus fameux backroom parisien. Le duo travail à l’instinct, brûle les catwalks, fait parler la poudre avant d’exploser. Le 11 septembre est passé par là. Retour à l’artisanat, au système D. Mais si la France a peur de Vava Dudu (trop trash, trop talentueuse, trop insaisissable: bigger than life!), l’onde de choc s’est propagée à l’étranger («J’ai appris l’anglais avec les japonais», s’amuse-t-elle à raconter) et les créations du duo se sont retrouvées dans les pages de tous les magazines.

Si on lui parle de Leigh Bowery comme inspiration à son travail, Vava rétorque qu’elle ne le connaissait pas à l’époque, ses références à elle penchant plutôt du côté de Saint Laurent, Gaultier bien sûr et du regretté McQueen pour son goût du spectacle, son sens de la provoc intelligente et sa manière unique de sublimer le trivial comme le tragique. Vava n’a suivi qu’un seul précepte, prodigué par sa maman : «Je ne vois pas l’intérêt de faire des défilés pour vendre des cardigans et des pull-overs» même si elle aurait adoré avoir inventé un basique comme le perfecto. Kate Moss est cliente, Tom Cruise achète une veste 15000 $ dans une boutique de L.A. («prix de fabrication: 4 francs», ricane Vava qui n’est pas encore passée à l’euro). Avec la crise, les freaks sont chic et Lady Gaga alors en pleine ascension remplit sa garde-robe de fringues Dudu/Lorrain pour ses shows et ses clips sur les conseils avisés du styliste Nicola Formichetti. Le cirque planétaire comme un écho lointain à ce qui se passe en souterrain: soit la Chatte, le groupe formé en 2003 par Vava, Nikolu et Stéphane Argillet dans la fournaise artistique que fut le Pulp, dernier club parisien digne de ce nom. Pas de fausse décadence chez la Chatte, mais un don véritable pour la performance, pour des chansons qui claquent comme des slogans Dada (Rien, Cosmic Cosmétique, Mortelle Robe Chinoise) sur un premier album, Bastet, aux synthés déglingués.

On ne sait pas encore grand chose de ce qui sera exposé à la galerie 12 Mail. Vava nous parle d’une pyramide, de certains costumes, d’une fresque. Elle ouvre enfin un dossier où elle a réuni quelques dessins qui s’éparpillent sur les tables du Cannibale, on croit y déceler une parenté avec Nikki de Saint Phalle, avec certains outsiders qu’on catalogue dans l’art brut, mais une fois de plus tout cela ne ressemble qu’à Vava: générosité, singularité, modernité. Lorsqu’on lui demande si elle se rend compte qu’elle effraye parfois, Vava nous renvoie à cette simple évidence: «mais les gens me font peur également… j’ai tellement peur de m’ennuyer!» avant d’éclater de rire. Quand le Dieu des arts et du spectacle aura chassé les nouveaux marchands du temple, il faudra alors écouter sa sainte parole: «N’ayez pas peur de Vava Dudu».

Clovis Goux

Un CD sélectionné par VAVA DUDU sera édité et numéroté à 300 exemplaires à l’occasion de l’exposition. After party sur liste le le soir même au Social Club avec Dj Hell.  12Mail est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

VAVA DUDU Ambiance
12Mail du 25 juin au 10 septembre 2010
Vernissage le vendredi 25 juin de 18h à 21h
Performance de La Chatte à 19h30
12 rue du Mail, 75002 Paris.

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VAVA DUDU Ambiance
12Mail du 25 juin au 10 septembre 2010
Vernissage le vendredi 25 juin de 18h a 21h
12 rue du Mail, 75002 Paris.

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magazinelogo

MAGAZINE, Un fanzine underground (1980 – 1987)
12Mail du 29 avril au 18 juin 2010
Vernissage le jeudi 29 avril de 18h à 21h
12 rue du Mail, 75002 Paris.

Crééen 1980 par Didier Lestrade et Misti Gris, Magazine est sans nul doute la revue séminale des années 80, le blueprint qui a servi d’inspiration à de nombreux fanzines gays modernes comme Butt. Même typo American Typewritter pour les textes, même interviews intégrales inspirée par le magazine d’Andy Warhol, Interview, même importance des portfolios de photographes inconnus, même impression sur papier de couleur (Butt, La Revue Monstre). Au milieu des années 80, Magazine faisait partie du trio des plus beaux fanzines gays internationaux, avec Folsom (à San Francisco) et Straight To Hell (à New York). Le renouveau du support papier dans l’édition des fagzines modernes est un phénomène absolument surprenant à l’époque de l’omnipotence d’Internet.

Pendant ces sept années, Didier Lestrade s’est promené dans la rue et a photographié les célébrités interviewées dans la revue. Ses snapshots, à l’aide d’un Instamatic Kodak de moyenne qualité, n’ont pas la prétention d’être de beaux objets. Ils sont le reflet d’une curiosité à l’endroit de stars en devenir ou appartenant à un underground gay sur le point de devenir universel. Parmi ces photos : Tom of Finland, Erwin Olaf, Pierre & Gilles, Paul Morrissey, Erté, David Hockney, Michael Clarke, Keith Haring, Adolfo Arietta, Paolo Calia, Bastille, Federico Botana, Copi, Bronski Beat, Baby Ford, Mikado, Sylvester, Shazz, les Redskins and many more. Ces snapshots seront accompagnés de détails de maquette et de documents d’archives de cette époque.

Un CD mixé par Patrick Vidal sera édité et numéroté à 300 exemplaires à l’occasion de l’exposition. Une after party prolongera l’esprit de Magazine le soir même au Rex Club avec derrière les platines quatre fers de lance de la diversité disco : Morgan Geist, Daniel Wang, Patrick Vidal et Nick V. Cette soirée sera enregistrée et rediffusée sur www.rbmaradio.com.

« Chroniques du dancefloor – Libération 1988 – 1999″, un livre regroupant les chroniques house de Didier Lestrade dans Libération sortira fin avril chez l’Editeur singulier.

Contact : infos@12mail.fr

More :  http://www.facebook.com/didier.lestrade
Didier Lestrade parle de l’exposition Magazine dans Vice ce mois-ci

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ELISABETH ARKHIPOFF / SPORT HIT PARADISE « You In Me »
Espace 12Mail du 11 décembre 2009 au 12 février 2010
Vernissage le vendredi 11 décembre de 18h à 21h
12 rue du Mail 75002 Paris

Née en Côte d’Ivoire au milieu des années 70 d’un père russe et d’une mère arménienne, Elisabeth Arkhipoff vit et travaille désormais à New York. Après des études de Lettres et Philosophie à Paris, Elisabeth démarre sa carrière artistique au début des années 2000 en élaborant une bibliothèque expérimentale pour le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Depuis lors, cette artiste met son esthétique pop, abstraite et onirique au service de commanditaires aussi variés que Swarovski, Anna Sui, Vogue, Showstudio, Visa Card, ou encore les department stores japonais Marui et Beams. Elle collabore régulièrement avec la mode et la musique en créant des pochettes pour Dj Hell, Tahiti 80, compilations Dirty ainsi que des vidéos pour Dj  Mehdi, M83 et Japanther.

A l’occasion de son exposition à l’espace 12Mail, Elisabeth nous fera pénétrer dans l’univers de Sport Hit Paradise, un groupe musical fictif qu’elle a imaginé et lancé lors d’une première exposition à la galerie Taka Ishii à Tokyo en 2004. « You in Me » documentera le processus creatif de Sport Hit Paradise au travers de collages, dessins, tapisseries ainsi qu’un nouvel album de Sport Hit Paradise enregistré en collaboration avec des musiciens prestigieux tels que Munk, Villeneuve, Pilooski, Gavin Russom, Henning Specht, Davide Balula ou Satanicpornocultshop. Ce disque sera édité à 300 exemplaires numérotés à  l’occasion de l’exposition.

12Mail est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Visuels 300 dpi : http://www.12mail.fr/tools/elisabeth_arkhipoff_presskit.zip
Contact : Guillaume Sorge / infos@12mail.fr

More :
www.romanticsurf.com
www.sport-hit-paradise.com

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