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ELZO DURT  Deus ex machina

Du 26 septembre au 14 novembre 2014
Vernissage le vendredi 26 septembre de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.
infos@12mail.fr

Vous connaissez sans doute ses visuels sans savoir qui il est, 12Mail, l’espace d’exposition de Red Bull France vous propose de découvrir des travaux inédits d’Elzo Durt, le plus punk rock des illustrateurs Belges. Clovis Goux, critique musical au Magazine Lui nous présente ce drôle d’oiseau.

« Si les metteurs en scène de théâtre ont longtemps utilisé des cordes, des poulies et des poids pour faire intervenir Dieu sur scène (afin de dénouer des situations désespérées : c’est le principe du Deus Ex Machina), Elzo Durt n’a lui besoin que d’un scanner et de photoshop pour qu’il surgisse des entrailles de son ordinateur. Des machineries complexes du théâtre classique aux connexions sinueuses de nos circuits imprimés, la main de l’homme s’est toujours servi d’artifices afin de révéler le visage de Dieu. Les 15 images qui composent l’exposition d’Elzo Durt à la galerie 12 mail sont ainsi 15 facettes d’une seule et même obsession, 15 voyages dans une Bible de néon dont les versets auraient été écrits sur le comptoir d’un bar de Bruxelles par Elvis, les Sonics et Front 242.

L’évangile selon Elzo Durt se lit face à un flipper, au son d’un juke box qui diffuserait du rock’n roll, du garage et de l’Electronic Body Music. Trois âges de la musique adolescente qui accompagnent la main d’Elzo au moment d’assembler les pièces qui composent ses puzzles kaléidoscopiques. C’est en parcourant des livres d’images pieuses, des catalogues de manufactures, des ouvrages d’arts décoratifs ou des manuels de médecine qu’Elzo Durt élabore son bestiaire ; un véritable zoo dans lequel vous croiserez forcement des nonnes, des écorchés et des motards surgissant des flots, des flammes ou des abysses afin de vénérer l’apparition d’un œil dans le ciel.

Le graphiste et illustrateur belge retrouve ainsi le geste inaugural de Max Ernst qui avec les 5 volumes d’une semaine de bonté ou les sept éléments capitaux inaugurait en 1933 les montages d’après gravures tirées d’illustrés du XIXème. Mais si le surréaliste s’est souvent restreint au noir et blanc, c’est qu’il était trop âgé pour partager un acide avec ses héritiers du psychédélisme. Elzo a grandit à travers les visions de ces affichistes qui nous transportèrent over the rainbow dans une frénésie de sons, d’images et de couleurs. Il a également pas mal voyagé en compagnie des artistes soviétiques qui élaborent le constructivisme tel un véritable attentat visuel. Mais c’est en se perdant dans la collection de vinyles de son père qu’il attrapa une maladie incurable : une fascination pour les pochettes de disque.

Lorsqu’il sort de l’ERG – École de Recherche Graphique, à Bruxelles en 2003, c’est pour fonder sa propre galerie, qui sera la première base d’une invasion graphique de la Belgique, de la France puis du monde à travers des flyers, des affiches, des expositions de sérigraphies et des pochettes de disque qui célèbrent les noces de la mort et de la révolution industrielle dans un cathédrale art déco. Si on le retrouve à la communication graphique du Recycl’art, haut lieux de l’underground Bruxellois, et à la direction artistique du magazine Voxer, il réalise également un nombre impressionnant de pochettes et d’affiches pour des groupes de rock. Sa collaboration privilégiée avec le label Born Bad (on lui doit notamment les pochettes des Magnetix, Jack of Heart, Frustration ou La Femme) marque ainsi les esprits et il est désormais difficile de regarder l’une des images d’Elzo sans entendre le fracas d’une guitare électrique ou la rythmique martiale d’une synthétiseur. C’est sans doute ce qui le mène à fonder en 2011 son propre label, Teenage Menopause (JC Satan, Scorpion Violente ou encore Le Prince Harry) avec un ami parisien.

Mais Elzo Durt souffre d’un symptôme qui touche pas mal d’artistes travaillant sur ordinateur : les originaux n’existent pas. Pour conjurer ce maléfice technologique, et après avoir longtemps travaillé la sérigraphie, il nous propose ici pour la première fois, des images reproduites en grand format avec la technique du Diasec, un montage sur résine acrylique au rendu exceptionnel. Sa manière à lui d’honorer l’œuvre de Dieu (et un peu la part du diable). »

À l’occasion de l’exposition Deux Ex Machina, le label Born Bad publiera un 45 tours en édition limitée réunissant trois morceaux inédits de Pierre et Bastien, Cheveu et Violence conjugale.

All pictures © Valentin Lecron

Retrouvez Elzo Durt en interview chez Noisey, France Culture, Gonzaï et le site du Red Bull Studio.

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Born Bad, Désordres

BORN BAD RECORDS Désordres
Du 17 novembre 2010 au 14 janvier 2011
Vernissage le mercredi 17 novembre de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

Jean Baptiste Guillot dirige le label BORN BAD RECORDS. La galerie 12MAIL lui a donné carte blanche pour une exposition autour du rock. Pas le rock glamour vidé de sa substance par la mode de masse, plutôt ce dernier envisagé comme un choix de vie dangereux et sans concession. L’exposition Désordres présentera un hommage au livre Le Cuir et le Baston au travers de photos rares de Yan Morvan ainsi que des installations de Moolinex et Discographisme Récréatif (Patrice Caillet).

BORN BAD RECORDS
Jean Baptiste Guillot : « Si Born Bad Records s’amuse à cultiver un certain folklore rock’n roll, j’espère aller au delà. Mon credo, c’est de fuir toutes les tendances rétrogrades qui parasitent le rock’n roll en France depuis trop longtemps et de défendre des groupes qui se mettent en danger en proposant une musique novatrice. Tous les groupes du label ont des influences évidentes, mais qu’ils transcendent (Cheveu / Frustration / Magnetix notamment…) Born Bad Records joue avec des codes un peu premier degré tout en essayant de les amener vers d’autres sphères, vers une certaine avant-garde. Nous ne sommes pas dans le revival car je ne vois pas l’utilité de refaire moins bien des choses qui ont déjà été faites. Mes tendances passéistes, régressives (j’écoute des vinyles, je regarde des films en 16 mm, je roule en vieille Triumph…) je les expulse via des rééditions, un travail d’anthropologue, tourné vers les abysses de l’underground et de l’alternatif à la sauce française : les années 50 avec Rock Rock Rock, 60 avec Wizzz, 80 avec Bippp, des compilations regroupant des artistes qui se sont mis en porte à faux avec les codes prédominants de leurs époques pour proposer des choses différentes. J’ai grandi avec l’idée qu’il n’y a pas de rock’n roll en France du fait de la main mise de Téléphone puis de celle de Noir Désir sur l’hexagone. En France on vit la musique de manière exclusive, c’est peut-être un héritage des idoles : tu as le gagnant de la tombola et puis c’est tout. Derrière, les autres n’existent pas. Un des premiers chocs, c’est quand j’ai découvert Si tu reviens chez moi des 5 gentlemen, pour la première fois un groupe issu des circuits alternatifs français m’interpellait, ça a été le détonateur pour découvrir des tonnes de groupes qui n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs homologues étrangers. J’aime l’idée que l’on possède, de De Roubaix à Metal Urbain en passant par Magma, des artistes majeurs en France. »


« LE CUIR ET LE BASTON » 1977 éditions Jean-Claude Simoen
Jean Baptiste Guillot : « Ce livre de Maurice Lemoine illustré de photos de Yan Morvan renvoie à une marginalité qui n’existe plus : un mélange de rock’n roll et de précarité sociale. C’est le portrait des premiers bikers français, celui de loubards de la banlieue parisienne à la dérive, où se mêlent dans une confusion totale alcool, musique, immigration et croix gammées. L’idée étant avant tout chez eux d’effrayer les gens. Ce sont des mecs en totale rupture, leur seul message étant  : « la société ne veut pas de moi, je ne veux donc pas d’elle et allez-vous faire ******». À la différence de la racaille d’aujourd’hui qui oscille entre frustration et désir de consommation, les voyous du Cuir et le Baston sont dans le nihilisme, la haine, le chaos et l’errance. Toute proportion gardée, je viens de la banlieue et de cette culture de la bande de potes qui glande et qui rode, une culture de l’ennui dans l’attente du dérapage, de l’incident qui va mettre un peu de piquant dans ta vie.

Je me suis construit sur le mythe du loser magnifique, un mélange de flamboyance et de pathétique. Ce livre retranscrit très bien l’envers de ce mythe pour lever le voile sur une réalité difficile. Yan Morvan, dont c’est le premier travail, avait commencé à faire un portfolio de photos et son éditeur n’ayant plus les moyens de le sortir, il a proposé à Maurice Lemoine de faire une étude sociologique sur ces marginaux là. C’est comme ça que ce livre est né. Le Cuir et le Baston c’est un peu le casque d’or des années 70 : l’immersion de Maurice Lemoine dans un monde étranger qu’il décrit avec un certain détachement, parfois sarcastique, parfois tendre, pour révéler l’humanité de gens résignés à une certaine fatalité. On est loin de l’image d’épinal du Hells Angel en Californie sur une Harley avec une nana derrière et un soleil couchant. On est plutôt à Montreuil dans la précarité, la crasse et la perdition. »

Yan Morvan est photographe, il a collaboré avec Libération, Paris Match, Newsweek et fondé le site Photographie.com.

PATRICE CAILLET / DISCOGRAPHISME RECREATIF
Jean Baptiste Guillot
: « J’ai toujours voulu faire quelque chose avec Patrice Caillet, l’instigateur de cette collection de pochettes de 45 tours retravaillés par des inconnus. J’adore l’idée de ces travaux qui, pris isolément n’ont que peu d’intérêt et qui, dans le volume et la répétition, prennent du sens et de la valeur. Si tu regardes une pochette de Sylvie Vartan avec une dent noircie au Bic, ça va t’amuser deux secondes, mais quand tu en vois 150 en mosaïque, là c’est sublime. Je suis également sensible à toutes les formes d’art populaire, la pochette de disque en étant une des plus belle expression, ici réappropriée par des anonymes. Ces disques tirent leur beauté de leur détournement plus ou moins maitrisé et ludique : le spectateur peux s’amuser à imaginer le destin de chacun de ces 45 tours et de leurs propriétaires… Ces disques, personne ne va les chiner, personne ne s’y intéresse. Au même titre que les héros du Cuir et le Baston sont les parias de la société, les 45 tours de Discographisme récréatif sont les parias du disque. Si on veut trouver un thème général à cette exposition, ça serait peut-être une évocation des canards boiteux. »

Patrice Caillet : « Discographisme récréatif est un travail à la fois documentaire et
« assemblagiste » commencé en 1996. Il se compose de différents montages iconographiques élaborés à partir de pochettes de disques. Une particularité, ces pochettes au format 45 tours, 33 tours et CD, trouvées pour la plupart au marché aux puces, ont toutes été refaites ou modifiées par des inconnus ayant utilisé l’originale comme support ou comme source d’inspiration. Au cours de nombreuses pérégrinations lors de vide-greniers, j’ai eu l’occasion de discuter avec les propriétaires de ces pochettes. Certains, en redécouvrant leurs oeuvres passées, parlent avec plaisir de leur intervention sur un disque, liée à des souvenirs personnels ou musicaux, d’autres semblent embarrassés de dévoiler ainsi une trace de leur intimité, voire gênés de révéler la part de naïveté ou l’éventuelle maladresse de leur ouvrage. De nombreuses pochettes se trouvent couvertes d’inscriptions timides ou inachevées, de tracés aléatoires, de caviardages bâclés. Ce sont souvent de simples gribouillages, biffures, retouches, découpages, scotchages. Mais dans d’autres cas se distingue un travail plus élaboré, qu’il soit dessin, collage, peinture, customisation, montage infographique… Ces productions réalisées en dehors des cadres protocolaires de la création artistique (elles n’ont pas été nécessairement créées pour être « montrées ») apparaissent comme stéréotypées car indéniablement liées à la consommation de masse et donc assujetties à ses codes. Il ne s’agit pas ici de porter un jugement esthétique, mais de faire des hypothèses quant aux conditions de leur création, de relever un contenu sensible, revendicatif, fantasmagorique ou poétique… »



MOOLINEX « MONCUL »

Jean Baptiste Guillot : « Je vais également présenter une mobylette, symbole même de l’adolescence minable de banlieue, customisée par l’artiste Moolinex à l’aide des napperons de grand mère : le choc des titans entre deux mondes que tout oppose. »

Un CD sélectionné par BORN BAD RECORDS sera édité et numéroté à 300 exemplaires à l’occasion de l’exposition.

12MAIL est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
12MAIL : http://www.12mail.fr / infos@12mail.fr
BORN BAD RECORDS : http://www.myspace.com/bornbadrecords
YAN MORVAN : http://www.yan-morvan.com / http://fr.wikipedia.org/wiki/yan_morvan
DISCOGRAPHISME RECREATIF : http://approximatif.free.fr
MOOLINEX : http://artpute.over-blog.com/categorie-10642730.html
FACEBOOK EVEN T : http://www.facebook.com/event.php?eid=136778819702869

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