bartholomew

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JSBJ – Bartholomew (in situ)

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We asked the artists involved in the JSBJ show what they kept from their teenage years, here are the answers (words, pictures, videos, sounds) :

Nous avons demandé aux artistes impliqués dans l’expo JSBJ ce qu’ils gardaient de leurs années d’adolescence, voici leurs réponses sous forme d’images, de mots et de sons :

SASHA KURMAZ – www.homer.org.u
I keep interest in illegal painting on walls.

GRANT CORNETTwww.grantcornett.com
I’d say i keep and carry around disturbing memories that give me constant amusement.

DMYTRIJ WULFFIUS – http://forgottenold.blogspot.com
Here is a song which i liked from a teenage age.

I think this song is really transfer me to my teenage years.

This is a song of russian rock group Ногу Свело (http://en.wikipedia.org/wiki/Nogu_Svelo!)

This song like a DADA art – dont tell nothing – this is only experiment with language.

Ногу Свело – Хару Мамбуру by 12mail

TRAVESS SMALLEY – www.travesssmalley.com

ANDREAS BANDERAS – www.andreasbanderas.com

FLEMMING OVE BECH – http://flemmingovebech.com
Here is my answer with two youtube videos. Moving house a few years back I decided it was time to get rid of my cd collection. However, when I found the two albums that started said collection I simply had to hold on to them. The memory of being at the record section of the department store with my mum that day in 1993 and picking out these two very disparate titles is still very clear to me.

BRIAN KHEK – http://briankhek.comr

SAMUEL FRANCOIS – www.samuelfrancois.com

VINCENT KOHLER - www.vincentkohler.ch
1991, me and my family

ANN WOO – www.annwoo.com
Songs from two of my favorite singers, one is Michael Jackson and another is a Chinese woman called Teresa Tang.

DANIEL EVERETT – www.daniel-everett.com
Most of my optimism and a portion of my anxiety.

SANTIAGO MOSTYNwww.santiagomostyn.com

JASON NOCITO – http://jasonnocito.com
All my old Hard Cored / punk records and zines!

ISRAEL LUND - http://israellund.tumblr.com
An overriding hatred for authority.

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a few pics from the JSBJ show

Photo 1 en partant du haut : © Travess Smalley
Photo 2 : © Sasha Kurmaz
Photo 3 : © Piotr Lakomi
Photo 4 : © Andreas Banderas
Photo 5 : © Amy Lombard

JSBJ Batholomew
Du 16 septembre au 17 novembre 2011
12MAIL… a Red Bull Space
12 rue du Mail 75002 Paris.

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vernissage JSBJ

All pix © Melchior Abeille.

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JSBJ Batholomew
Du 16 septembre au 17 novembre 2011
Vernissage le vendredi 16 septembre de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

A l’heure de l’omnipotence d’internet et de la dématérialisation des supports, 12MAIL donne la parole à un collectif qui promeut la photographie contemporaine par le biais de l’auto-édition de fanzines papier depuis 2007. Parmi les milliers de publications qui voient le jour quotidiennement, celles de JSBJ (Je Suis Une Bande De Jeunes) sortent du lot, de par la qualité de leur contenu, de leurs choix artistiques, du soin apporté à la mise en page et la pertinence des problématiques qu’ils abordent.  Nous leur avons donc proposé de piloter une exposition collective dont ils ont choisi le thème :  les années 90, celles de leur adolescence (et de la notre). Interview.

Pouvez-vous présenter rapidement JSBJ ? d’où vient le nom de votre collectif, quels sont vos parcours respectifs ? Etes-vous vraiment jeunes ?
JSBJ est un collectif qui rassemble 3 amis de longue date: Jérémie Egry, Nicolas Poillot et Aurélien Arbet. En parallèle de JSBJ, nous travaillons en tant que directeurs artistiques et photographes dans les domaines de l’art, de la mode et de l’édition. Je Suis une Bande de Jeunes est le titre d’une chanson de Renaud. Ce nom reflète pour nous l’idée de plusieurs personnes parlant d’une même voix et regardant la vie avec le même oeil. Et a priori, OUI nous sommes encore jeunes!

Pourquoi avez-vous choisi l’auto-édition? Quel regard portez-vous sur la croissance exponentielle des publications « auto-éditées » ?
Nous faisons partie d’une génération de transition. Nous avons connu une enfance et une adolescence où les livres et les CD avaient une place prépondérante. Puis internet est apparu de manière massive et est très vite devenu incontournable. Nous avons donc connu ces deux périodes et nous sommes très attachés à cela. En parallèle, via le graffiti, notre milieu de prédilection, nous avons connu le support fanzine/magazine comme moyen simple de diffuser son travail et ses images. Nous étions donc déjà intéressés par ce support a l’époque, bien avant l’engouement connu ces dernières années. C’est vrai qu’il y a de plus en plus de gens curieux et excites par ce type d’édition. Ce qui nous semble intéressant, c’est d’évoluer en recevant des sollicitations à la hauteur et continuer a proposer des projets de qualités.

Comment décidez-vous qu’une photo ou une oeuvre mérite d’être publiée ?
Ceci est extrêmement subjectif. Nous avons en tête un certain type d’images qui correspondent à nos attentes et aux idées que nous avons définies autour d’un projet précis. C’est donc assez naturellement que nous faisons nos choix. Par ailleurs, nous essayons de suivre les Artistes que nous avons publiés précédemment, on commence donc souvent par regarder leurs images. Mais il nous arrive aussi parfois de faire une demande ouverte autour d’une thématique, nous recevons alors une sélection d’images et faisons un choix.

L’exposition collective sur laquelle vous travaillez pour 12Mail trouve sa genése dans les années 90, qu’est ce qui vous attire dans cette période ?
Etant nous mêmes issus et de ce fait très influencés par les faits marquants et icônes de cette génération, il nous semblait intéressant de proposer une exposition autour de la thématique de l’adolescence en nous focalisant sur les années 90. En tant que curateurs / photographes, cette période est pour nous une source très riche de travail.  Nous avons d’ailleurs intégré certaines images à nous dans le show. Cette « double-casquette » curateurs / photographes n’a pas été un choix simple, mais nous avions certains travaux qu’il nous semblait pertinent de présenter pour l’intérêt et l’équilibre de l’exposition. Enfin, nous souhaitions présenter des travaux actuels produits par des artistes ayant grandis pendant les années 90 et montrer en quoi ces travaux sont révélateurs d’une évolution de la société et de la pratique artistique actuelle.

Comment avez vous choisi les artistes invités ? qu’ont-ils en commun ?
Nous souhaitions que toutes les images fonctionnent ensemble, comme si elles étaient produites par un seul et même artiste. De plus, nous ne voulions pas présenter uniquement des photographies (medium pour lequel les gens nous connaissent). C’est pourquoi nous présentons également des installations et une vidéo. Notre dernier livre Picture Sculpture traite du parallèle entre photographie et sculpture. Nous avons toujours été curieux des « oeuvres en volume », il était donc normal de réfléchir autour de la notion d’espace et de proposer des installations légères (sculptures minimalistes).

A quoi va ressembler ce « group show » ? Plus généralement, qu’est ce qu’une bonne exposition ?
Il nous est intéressant d’appréhender un projet d’exposition par rapport à un projet d’édition. Cela permet de penser les images différemment avec une notion de lieu et de dimension. La scénographie est en effet un exercice sensiblement différent de la mise en page. Suite a notre publication Bruit de Fond Background Noise, nous avons souvent entendu la remarque : « On dirait un catalogue d’exposition… ». Il était donc finalement assez logique de réfléchir à un projet d’exposition.  Les propositions que nous recevons évoluent dans ce sens et cette démarche nous intéresse particulièrement afin d’élargir nos travaux et recherches au rôle de curateur. Pour revenir a la thématique de Bartholomew, nous avons le sentiment que beaucoup de travaux produits actuellement trouvent leurs sources dans la période de l’adolescence, il nous est donc apparu comme une évidence de rassembler une sélection d’oeuvres afin de mettre en lumière cette période de la vie et cette génération en ce qu’elle a de singulier et de magique. Nous avons essayé de ne pas tomber dans les clichés de cette époque mais plutôt de l’évoquer de manière conceptuelle et visuelle en proposant une sélection d’oeuvres sensibles et profondément significatives de notre temps. Une « bonne exposition » est une exposition qui a du sens, qui parle de la société, et qui révèle des faits et éléments qui nous entourent au quotidien.

JSBJ – Batholomew, avec les œuvres d’Ann Woo, Amy Lombard, Andreas Banderas, Andrew Laumann, Aurélien Arbet, Brian Khek, Daniel Everett, David, Schoerner , Dmytrij Wulffius, Flemming Ove Bech, Grant Cornett, Israel Lund, Jason Nocito, Jérémie Egry, Marten Lange, Martin Oppel, Nicholas Gottlund, Nicolas Poillot, Ofer Wolberger, Piotr Lakomy, Samuel François, Santiago Mostyn, Sasha Kurmaz, Travesss Smalley, Victoria Hely-Hutchinson, Vincent Kohler.

Cette exposition à 12Mail coïncidera avec la parution de Batholomew, la nouvelle publication  de JSBJ qui sera vendue dans des points de vente sélectionnés et à la galerie. Plus d’infos sur les points de distribution sur le site web de JSBJ ci-dessous. 12mail est un espace d’exposition et de rencontre où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
Le site de JSBJ : JSBJ : www.jesuisunebandedejeunes.com
Le Tumblr JSBJ : http://jsbj.tumblr.com
Le texte du sociologue Joël Vacheron rédigé à l’occasion de l’exposition Batholomew : www.12mail.fr/2011/08/mwwwxc-adolescentia-aeternum
Facebook event : www.facebook.com/event.php?eid=252195168134681

Photo : Travess Smalley – Foam Form with Palm Tree

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MWWWXC : ADOLESCENTIA AETERNUM
Par Joël Vacheron

I.
Tu tu ru tu tu tu ooh baby,
(Yeah, baby)

Mariah Carey, Dreamlover, 1993

On l’attend avec impatience, on la traverse dans la confusion, on se la remémore avec nostalgie.

You wait for it longingly, are confused when you listen to it but then remember it lovingly.

II.
Hello, hello, hello
How low.

Nirvana, Smells Like Teen Spirit, 1991

Transformation physiologique et catégorie historique, affirmation individuelle et collective, l’adolescence est entièrement marquée par le sceau de l’ambivalence et de la confusion. Malgré cette diversité, les références rattachées à cette période transitoire ne cessent de croître en importance, au point de devenir souvent des composantes prépondérantes dans la constitution d’un patrimoine culturel. Des séries TV aux activités sportives, en passant par les jeux vidéos ou la pornographie, tout le spectre de notre imaginaire porte l’empreinte d’expériences ou de références véhiculées durant l’adolescence. Cette tendance au jeunisme est devenue toujours plus manifeste à partir de la Seconde Guerre mondiale. Le déclin de l’autorité parentale, l’accroissement du pouvoir d’achat et l’exaltation de styles de vie inédits, tout cela à consolider l’impact joué par cette période dans l’éclosion de repères identitaires inédits. A travers la mise à jour continuelle de biens courants, une surenchère d’articles hétéroclites se sont progressivement imposés comme des privilèges exclusifs de la «jeunesse». Chaque décennie a ainsi drainé son lot de  courants qui, de manière plus ou moins spectaculaire, ont proposé des ripostes pour défier le conformisme de l’ordre établi.

Physiological transformation, historical category, individual and collective statement, adolescence is fully marked by ambivalence and confusion. Despite this diversity, references relating to this transitional period continue to grow in importance, often to become the main components in the formation of a cultural heritage. From TV series to sports, video games and even pornography, the whole spectrum of our imagination bears the imprint of experiences and references conveyed during adolescence. This trend cult of youth seems to have become exceedingly clear since World War II. The decline of parental authority, the increasing purchasing power and exaltation of new lifestyles have contributed to making this period an explosion of identity marks. Each decade introduces its own eras and, in more and more spectacular ways, offers new countermeasures to challenge conformity. Through continuous updating of current assets, an escalation of miscellaneous items gradually stood out as exclusive privileges belonging to the « youth »

III.
Jump around!

Jump up, jump up.

And get down!
Jump!

House of Pain, Jump Around, 1993

Bousculé par les effets synchrones de la globalisation et de l’individualisation, MWWWXC constitue un moment crucial dans cette évolution. Durant cette période, de nombreux secteurs de cultures alternatives atteignent leur masse critique. Salles de concerts, presse spécialisée, clubs, skateparks, festivals, battles de hip-hop, mur de graf’ etc., tout un pan de pratiques qui étaient jusqu’alors considérées de manière condescendante touche un public toujours plus large. Ce processus de légitimation répond en grande partie à la rentabilité avérée de certaines niches de marché, ainsi que de la bienveillance intéressée des autorités publiques, toujours plus soucieuses d’accroître leur capital cool. Par rapport au jusqu’au-boutisme des générations précédentes, cette situation impose des formes inédites de responsabilisation au sein des franges juvéniles. La pratique d’un sport, d’un instrument, des jeux vidéos, les loisirs sont de plus en plus envisagés sous l’angle de leur potentiel d’insertion professionnelle. Ceci est d’autant plus important qu’un  passe-temps, même le plus insignifiant, est désormais un atout pour démarrer une carrière, faire des expériences, se construire un réseau. L’expression d’une radicalisation trop explicite, l’affirmation marquée d’un manque d’ambition deviennent des prétextes de mise à l’écart. Lorsque toute une génération apprend qu’aucun choix n’est contingent, les marques ne tardent pas à fournir des étendards de ralliements rassurants. L’épanouissement personnel, la réussite professionnelle ou sentimentale, tout est le fruit de choix individuels. Être adolescent pendant MWWWXC, c’est surtout prendre conscience très jeune de la capitalisation des passions.

Disrupted by the synchronous effects of globalization and individualism, MWWWXC is a crucial time in this evolution.  During this period, a large number of alternative cultural sectors reached a critical mass. Whereas concert venues, core press, clubs, skateparks, festivals, hip-hop battles, graffiti walls etc. had so far been looked down on, they were now starting to appeal to an increasingly broad audience. This legitimatizing procedure was encouraged by the proven profitability of these niche markets as well as gradual interest of local authorities looking to increase their “cool capital”. Compared to the previous hardline generations, this situation introduced new forms of responsibility amongst youth. Sports, instruments, video games and other hobbies became more and more of a potential professional activity.  The idea that even the most insignificant hobby could be an asset to starting one’s career grew and people saw increasing importance in gathering experience and networking. Radicalization and lack of ambition became reasons of exclusion and brands soon offered to convey reassuring standards. A whole generation learned that no choice is contingent. Personal pleasure, professional or sentimental achievement, it is all just a case of making your own choices. Being a teenager in MWWWXC was becoming aware of the capitalization of passions.

IV.
No, no, no, no, no, no,

no, no, no, no, no, no,
there’s no limit!

2 Unlimited, No Limit, 1993

Dans cet univers dopé par des hymnes eurodance, les incitations à garder le rythme se font ressentir de plus en plus tôt. Les stimulations sont toujours plus ciblées, les drogues deviennent récréatives, les déviances empruntent des voies virtuelles et une succession d’artefacts servent de prothèses sociales pour contrer l’égocentrisme croissant. On nous apprend que les expériences doivent être toujours plus nombreuses, plus intenses, sans pour autant être exigeantes ou durables. Pour les plus lucides, le futur se congestionne dans des espoirs enfumés. Encore largement présentes durant la décade précédente, même les extrapolations utopistes se sont estompées. L’horizon est tout entier subordonné à des exigences de simultanéité. A l’instar des personnages désabusés de Kids ou des narrations sans scrupule de Bret Easton Ellis, MWWWXC standardise un regard à la fois distant et finalisé sur le monde. Un effet de nivellement découpe au scalpel les derniers filaments du romantisme. Une posture pragmatique s’impose dans une société qui nous oblige constamment à réévaluer les limites des phantasmes collectifs passés. Comme le souligne Alain Ehrenberg dans L’Individu Incertain, la rhétorique concurrentielle des années 80 laissait entendre que le premier venu pouvait réussir. MWWWXC laisse craindre que chacun peut sombrer dans la déchéance. Dans un tel contexte, les tensions et les provocations juvéniles s’expriment sous des formes toujours plus intimistes, plus radicales. La peur de la chute a définitivement pris le pas sur les rêves d’ascension

In a world doped on eurodance hymns, incentives to keep up with the rhythm were received from a very young age. Stimulation was increasingly sought, drugs became leisure, nonconformity became virtual and numerous artifacts serve as social prostheses to counter growing egocentrism. We are taught that experiences should be ever more numerous, more intense, without being demanding or sustainable. For the clear-sighted, future lies in  smoky perspectives. The futuristic extrapolations still around during the previous decade gradually disappeared. The horizon was entirely subject to the requirement of simultaneity. Like the characters in Kids or in the scrupulous narrations of Bret Easton Ellis, MWWWXC standardized both a remote and finalized look upon the world. A leveling effect that cut the last threads of romanticism. The pragmatic position is a survival instinct in a society that constantly invites us to reassess the limits of the collective fantasies of the past. As Alain Ehrenberg points out in L’Individu Incertain, the competitive rhetoric of the 80’s suggested anyone could succeed. MWWWXC raised the fear that we could all fall into decay. In this context, tension and juvenile provocations are expressed in more intimate, more visceral, ways. Fear of falling had definitely taken over the dreams of ascension.

V.
Now, now, now
Now, now, now…

DJ Shadow, Midnight in a Perfect World, 1996

Dans le même temps, de nouveaux usages technologiques diffusent des productions culturelles d’une teneur inédite. L’art du sampling ou du digging, de la référence ou du pastiche, l’adoption d’un regard rétrospectif devient une alternative prisée pour tempérer cette fuite en avant. Les différentes archives de la mémoire collective sont toujours plus accessibles. Cassé et séquencé sous des formes variées, le passé ressurgit comme une riposte face à l’obsolescence programmée de la prescience cybernétique. Tout au long de MWWWXC, les nouvelles configurations maillées ont accentué l’indétermination des productions artistiques. Saisis dans un enchevêtrement de références, les styles s’hybrident au point de changer de nature. Les réalités recomposées des images numériques nous invitent à éprouver la résistance de nos perceptions du monde. Nos regards apprennent à distinguer le caractère vraisemblable et évanescent des choses. Dans cet environnement aux temporalités multiples, hybridées, répétées, l’adolescence cesse de circonscrire un temps défini. Son caractère accidentel et transitoire traduit plutôt l’état psychique d’un monde qui perd peu à peu ses marqueurs de stabilité. En MWWWXC, les troubles de l’adolescence se confondent curieusement aux aléas du monde contemporain. La flexibilité, l’indistinction, l’ambivalence, la disruption, sont autant de symptômes qui expriment les désynchronisations croissantes vécues au quotidien. Quand les frayeurs millénaristes guettent, même le chaos est devenu une réalité pleinement assumée.

In the same time, current technical devices help to disseminate a certain type of cultural productions. The art of sampling or digging, the reference of parody, a retrospective glance become a popular alternative to escape living in the future. The various archives of the collective memory are more and more accessible. Sequenced in many shapes and forms, the past comes back almost as if to fight the obsolescence of the present cybernetics. All through MWWWXC, new configurations accentuated the indecision of artistic production. Seized within a labyrinth of references, styles hybridized to the extent of changing nature. The recomposed reality of numerical images invite us to test the resistance of our perceptions of the world. Our eyes learn to distinguish the likely and evanescent nature of what surrounds us. In an environment of multiple, hybridized and repeated temporality, adolescence continues to define a set or transitory period. Its contingency rather reflects the mental state of a world that is gradually losing its stability. In MWWWXC, adolescence troubles tend to merge with the vagaries of the modern world. Flexibility, indistinctness, instability, disruption, all these symptoms refer to the various effects of the desynchronization that effected daily life. Millenarian fears were lurking and even chaos became a fully accepted reality.

VI.
One more time

One more time
One more time

Daft Punk, One More Time, 2000

MWWWXC codifie l’adolescence dans des séquences éternellement réactivées.

During MWWWCX, adolescence turned into a series of eternally repetitive sequences.

Joël Vacheron est un sociologue et journaliste indépendant basé à Londres. Après avoir été assistant d’enseignement à l’Institut de Sociologie des Communications de Masse de l’Université de Lausanne, il a suivi le Master “Photography and Urban Cultures” au Goldsmiths’ College de Londres. Il collabore réguliérement à différents projets éditoriaux et travaille actuellement en tant que rédacteur en chef pour le site du magazine Vibrations et enseigne dans le cadre du Master Art Direction de l’ECAL. Ce texte a été écrit à l’occasion pour l’exposition, Batholomew à 12Mail.

Joël Vacheron is a journalist and cultural theorist based in London. After completing studies in Social Sciences (degree in 1997 and Master’s in 1999), he worked as a Teaching Assistant and Lecturer in visual culture at Lausanne University. He completed the MA Photography and Urban Cultures at Goldsmiths’ College London  (2006). He actually teaches in the MA Art Direction at ECAL (University of Art and Design Lausanne) and is currently Web Editor for music magazine Vibrations. This text was written for the JSBJ show at 12Mail.

Photo : Travess Smalley – Foam Form with Palm Tree

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12MAIL, 2011 en vidéo

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