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JEAN ANDRÉ
Anyone who knows what love is (will understand)

Du 7 mai au 11 juin 2015
Vernissage le jeudi 7 mai de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Aveyronnais d’origine, dessinateur et directeur artistique, Jean André est un esthète qui magnifie le charme de la figure féminine par le biais d’une œuvre protéiforme. Il présentera à 12Mail – Red Bull Space ses derniers travaux de peinture, ses encres, dessins et pour la première fois, sculptures.

Librement inspiré par les débuts du magazine Lui, Gainsbourg, Matisse ou encore Angélique et Emmanuelle, Jean André propose une version plus contemporaine de l’illustration érotique « à la française » et diffuse ses dessins via les nouveaux réseaux de communication. Il imagine une sensualité souriante, hyper-réaliste mais doucement pudique.

Dans le travail de Jean André, chaque médium est utilisé pour relater d’une expérience humaine différente. Ses portraits de femmes, qui composent la majeure partie de son travail, racontent des rencontres quotidiennes : sur internet, le long de pages de magazines, ou encore dans la vie quotidienne. De ces contacts spontanés, il crée, par le biais de dessins ou de peintures dans lesquels il isole par un détail, un moment, un regard, une intimité partagée ou fantasmée.

Çà et là, des carrés de soie minimalistes et dessins réalisés au rouge à lèvres crient des mots d’amour, ou subliment des lettres de ruptures. Garçon sensible se réclamant du « gentleman art », Jean André pense cette exposition comme une ode à l’éternel féminin.

Pendant la dernière semaine de l’exposition, l’artiste réalisera des portraits à la demande. Les futurs modèles peuvent envoyer leurs photos à l’adresse suivante : hello@jeanandre.fr à partir du 4 juin. Les portraits sélectionnés seront dessinés puis exposés par l’artiste et leurs propriétaires pourront les récupérer gratuitement lors du décrochage de l’exposition.

MORE INFOS
Jean André : https://hvw8.com/jean-andre
Jean André : https://instagram.com/je_andre
Event Facebook : https://www.facebook.com/events/1544242349170563

CONTACTS
Contact 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
Contact Communication Red Bull / Marion Toche : marion.toche@fr.redbull.com

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SHOBOSHOBO 
- Airc


SHOBOSHOBO 
Airc
Du 16 mars au 30 avril 2015
Vernissage le vendredi 20 mars de 18h à 21h.
Création d’une fresque en public entre le 13 et le 20 mars.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail,  75002 Paris

12Mail poursuit sa saison 2015 en invitant Shoboshobo, un artiste rare évoluant à la croisée des arts graphiques, de la performance et de la musique pour une exposition qui prendra une forme un peu différente, puisque le public pourra assister à la création d’une fresque murale pendant la première semaine et participer à une séance de paint ball lors du vernissage. Le journaliste Julien Bécourt, vieux complice de l’artiste vous en dit plus.

Onomatopée japonaise désignant le bruit d’un ballon qui se dégonfle pour qualifier « un truc naze », Shoboshobo est né sous le stylo de Mehdi Hercberg en 2001, en même temps que les soirées du même nom qu’il organise à Paris et dont il réalise les flyers à la main. Huit ans durant, il y accueille la crème de l’electronica nipponne et du weirdo-noise bricolo, des comparses belges d’Ultra Eczema aux américains de Fort Thunder en passant par Lucky Dragons.

Au croisement des arts visuels, de la performance et de la musique, ses propres projets audiovisuels se révèlent tout aussi improbables que le laisse entendre leur intitulé : gang de bikers braillant sur du noise improvisé (Motards En Colère), trio de « hassidic house » déguisé en rabbins (Moishe Moishe Moishele), électropop transgenre en perruque et zentai (Michelle’s Fusain), workshop de masques et comédie musicale avec la chanteuse Kumisolo (Kumisho) ou solo-Casio-noise sous le nom de Minifer, sans même parler de son inénarrable Motor Karaoke… Shoboshobo, c’est tout ça à la fois! Un univers graphique peuplés de monstres informes qui relève à la fois de l’attraction de foire et du performance art, des films d’horreur et de l’expérimentation low-tech.

A mesure que ses projets se multiplient, d’un fanzine imprimé à la ronéotypeuse (la série des Decapitron) jusqu’aux t-shirts pour Andrea Crews, Shoboshobo fédère autour de lui une communauté d’artistes underground éparpillés aux quatre coins du globe, tous adeptes du DIY et de l’auto-édition: Fréderic Fleury, e*Rock, Dennis Tyfus, Jacob Ciocci, Misaki Kawai, Mat Brinkman, Andy Bolus, Hendrik Hegray ou Jonas Delaborde. Pour Mehdi, chez qui subsiste encore des résidus d’utopie, l’esprit de communauté n’est pas un vain mot.

Imprégné de culture pop japonaise jusque dans ses recoins les plus fantasques, Mehdi voue une tendresse toute particulière pour les personnages atteints de gigantisme et affublés d’appendices étirés comme de la guimauve. Cette obsession pour la disproportion l’amène à fabriquer des géants amorphes à la mine désabusée qu’il expose au festival Pictoplasma en 2011, et qui s’affaissent de tout leur long dans des couloirs et des escaliers, voués à une passivité terminale. Et puis, il y a tous ces monstres difformes, morveux, dégoulinants qu’il dessine compulsivement. Ces créatures, tapies dans son inconscient, Mehdi a mis des années à les amadouer, à leur donner forme. Elles incarnent non seulement les réminiscences de son adolescence – imprégnée de films gore 80’s, de graphzines transgressifs et de frénésie jap-punk-noise à la Boredoms – mais font aussi office de rempart contre l’agressivité d’un monde en voie d’auto-destruction. Sans le manifester explicitement, Shoboshobo nous incite à nous réconcilier avec notre part monstrueuse, à transmuter la négativité en énergie vitale. « Explorer l’idiotie, nous dit l’essayiste Jean-Yves Jouannais, c’est comme descendre avec délectation aux enfers de l’art, un voyage hilare, quand il n’est pas effrayant. »

Dans le monde de Shoboshobo, le dessin est un terrain miné que Mehdi se propose de faire exploser. En quête d’un renouvèlement perpétuel de son medium de prédilection, il exerce des allers-retours incessants entre son bestiaire mutant et des crobards plus sombres, plus sales, plus saturés. Deux graphismes diamétralement opposés qui se cannibalisent l’un l’autre: tantôt une ligne claire ferme et bien découpée, où formes cubiques, têtes de monstres aux yeux exorbités et organes rhizomatiques s’entrelacent, tantôt le gribouillage expressionniste à grands coups de taches d’encre et de griffures de feutre tremblotantes. Ici un masque de robot aux couleurs flashy à fabriquer soi-même, là un vomi goudronneux craché en stries d’encre. Dans ses carnets, sa patte faussement négligente fait jaillir des formes vives, énergiques; un amas de traits d’où surgit parfois un gros pif vérolé ou un globe oculaire innervé de vaisseaux sanguins. Comme si les dessins en soi ne lui suffisaient plus, qu’il fallait qu’ils s’émancipent de leur fonction illustrative, qu’ils trouvent un nouveau souffle à travers un geste plus ample, plus brut, mal dégrossi.

Feutres, gouache, Rotring, Bic, tablette graphique, polycopié, collage, pochoir, wallpainting… Tous les moyens sont bons, de préférence les plus désuets et artisanaux. Mais c’est en découvrant la propriété plastique de l’aérographe, technique utilisée pour la majeure partie des oeuvres présentées dans l’exposition, que Mehdi ouvre la boîte de Pandore. Organes sans corps ou totems animistes, ces deux séries marquent une nouvelle étape dans son travail. Subitement, ses dessins en noir et blanc se métamorphosent en photographies floutées, emplies de méandres inorganiques et de contrastes ahurissants. Il y fleurit tout un vivier de bubons, de mycoses protubérantes, de nervures réticulaires, de dégoulinades et de glaucomes qui agrippent la rétine comme si l’on chaussait des lunettes 3D.

Cette végétation surnaturelle, tout droit sortie d’un récit de Lovecraft, crée la sidération en ouvrant les portes d’un monde à la fois familier et inconnu, délimité par un effet de pochoir qui lui confère une étrange profondeur de champ.

Ces représentations distordues n’ont cependant rien d’anodines ; elles ont autant à voir avec la séduction immédiate d’un graphisme pop-friendly qu’avec un certain constat du marasme dans lequel l’humanité s’est enferrée et l’entropie qui la menace : la débâcle du tout-technologique, l’inconséquence écologique, l’auto-sabotage de la civilisation, la consommation à outrance… A sa façon, Mehdi résiste à l’accélération du flux visuel, à la capitulation avec ce qui nous détruit, au mensonge des apparences. Et laisse entrevoir, dans les interstices de l’inconscient collectif, une infime lueur d’espoir. Car il y a aussi beaucoup d’amour et de générosité dans ce maelstrom pictural.

Pour autant,  le barbouillage freestyle n’est pas en reste, car Mehdi n’aime rien tant que d’inventer de nouvelles attractions, dont la légèreté apparente dissimule un humour acerbe. Les visiteurs seront donc invités à tirer au paint ball sur des figures contrecollées sur carton, comme un bon vieux Shoot’Em Up de fête foraine. Et en cette période sombre où les kalachnikov défient la liberté d’expression, rien de tel qu’un bon défouloir à coup de giclures multicolores pour remettre du baume au coeur.

MORE INFOS
Shoboshobo : http://www.shoboshobo.com

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SOPHIE BRAMLY WALK THIS WAY
Dans le cadre du festival HIP OPsession au lieu unique, du 6 au 21 février 2015.
Vernissage le jeudi 5 février à 18h.
Rencontre Sophie Bramly x Afrika Bambaataa animée par Olivier Cachin le vendredi 6 février à 17h.

Dans le New York des années 1980, la française Sophie Bramly a capturé la naissance de la culture hip-hop en photographiant ses héros, de Fab 5 Freddy à Futura 2000. Près de 40 ans plus tard, ses séries de portrait sur le vif, de photos de concerts ou de backstage ressuscite l’insolence royale de ces premiers b-boys à l’occasion de l’exposition Walk This Way, en ouverture du 11e festival HIP-Opsession et en présence d’Afrika Bambaataa. A l’occasion d’une rencontre animée par le spécialiste du hip-hop Olivier Cachin, la présence exceptionnelle du père de la Zulu Nation résonne comme un symbole de ce vent de révolte qui a traversé les décennies, de la détermination d’une poignée d’adolescents qui n’ont eu de cesse de détourner, retourner et contourner les règles pour exister enfin.
De l’underground à la lumière.

Walk This Way, dans le cadre du festival HIP OPsession au lieu unique, du 6 au 21 février 2015. Vernissage le jeudi 5 février à 18h.

Rencontre Afrika Bambaataa x Sophie Bramly animée par Olivier Cachin, vendredi 6 février à 17h.

Le lieu unique (Atelier 2) – du mardi au samedi : 14h-19h, dimanche : 15h-19h – entrée libre.
2 Quai Ferdinand Favre, 44000 Nantes.

Exposition organisée par le lieu unique, 12Mail / Red Bull Space et Pick Up Production. 
En partenariat avec New York Yankees Footwear.

MORE INFOS
Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr – 12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr
Contact presse HIP OPsession : guillaumed.pickupprod@gmail.com
Contact HIP OPsession : www.hipopsession.com

http://www.lelieuunique.com/site/2015/02/06/walk-this-way
http://www.hipopsession.com/bands/235-vernissage-exposition-walk-this-way-ouverture-officielle-du-festival-avec-dj-chilly-jay

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ÉLISA PÔNE Rocking spectrum

ÉLISA PÔNE
Rocking spectrum

À l’occasion des dix ans du festival Hors Pistes du Centre Pompidou.
Du 27 janvier au 13 février 2015
Vernissage le mardi 27 janvier de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Pour sa première exposition de l’année 2015, 12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu en octobre 2009 par Red Bull France convie Elisa Pône artiste plasticienne,  pour une expérience inédite, Rocking Spectrum, qui mêle performance, combustion /pyrotechnie et son. Cette exposition fera suite à la performance « Alliance Caustique, l’écho des spectres » en collaboration avec le compositeur contemporain Éric Arletti,  qui se tiendra dans le cadre de l’ouverture des dix ans du festival Hors Pistes, sur le parvis du Centre Pompidou le 23 janvier 2015.

Elle se prolongera sous la forme de l‘édition d’un vinyle (dont les pochettes seront des pièces uniques car réalisées par l’artiste avec des fumigènes colorés), disponible à la galerie pendant la durée de l’exposition. Nous avons demandé à Valentine Meyer, commissaire d’exposition, de vous présenter leur travail :

« Le feu suggère le désir de changer, de brusquer le temps, de porter toute la vie à son terme, à son au-delà. Alors la rêverie est vraiment prenante et dramatique, elle amplifie le destin humain, elle relie le petit au grand, le foyer au volcan, la vie d’une bûche et la vie d’un monde. L’être fasciné entend l’appel du bûcher. Pour lui la destruction est plus qu’un changement, c’est un renouvellement.* » Réalité complexe et fugace, la flamme représente « l’ultra-vivant, l’intime, l’universel » et la valorisation des contraires.

Mais comment s’y prennent les artistes pour « jouer avec le feu » à l’intérieur d’un espace clos, sans en perdre la contradiction, la portée ? « Traducteurs, traduisez. » La traduction implique un choix, qui ne nie pas une complexité ou une opacité du sens, mais puisque fatalement incomplète,  laisse derrière un reste irréductible.

On pense à Yves Klein et ses peintures de feu, qui déclarait ne jamais être à proprement parler l’auteur d’une oeuvre puisque la beauté existe déjà à l’état invisible. La tâche de l’artiste consiste à la saisir partout où elle est pour la faire voir aux autres hommes : « Mes tableaux ne sont que les cendres de mon art ».  Pour cette exposition, Elisa Pône se sert en l’occurrence de la mèche brûlante et de fumigènes colorés  qu’elle dispose dans plusieurs boîtes de plexiglas, reprenant l’ordre des couleurs du spectre lumineux : rouge-orange, jaune-vert, etc.  Dans ces réceptacles, les fumées colorées dégagées imprimeront des feuilles de papier et le tout sera baigné par le son.

Si le titre de l’oeuvre Rocking Spectrum fait écho à la série des Color Spectrum d’Olafur Elliason (2005) qui cherche aussi à explorer et à faire sentir au spectateur la nature et le comportement des couleurs, la spécificité d’Elisa Pône est d’inventer une rencontre synesthésique (ndr. qui associe plusieurs sens) entre les spectres lumineux et sonores, grâce à l’association d’une combustion pyrotechnique servant de base à une création de musicale spectrale (courant de la musique contemporaine développé dans les années 70). En diffusant les sons du compositeur Eric Arletti, elle développe les correspondances sensibles entre le visible et l’audible par la combinaison de technologies digitales, acoustiques et pyrotechniques pour baigner le spectateur dans une expérience première de la beauté fugace du spectre lumineux.

* Gaston Bachelard La Psychanalyse du feu, Gallimard, Paris, 1949.

BIOGRAPHIES
Elisa Pône est artiste plasticienne, née en 1979, elle vit et travaille à Lisbonne et Paris.
Elle est représentée par la galerie Michel Rein, Paris et Bruxelles.

Éric Arletti est compositeur de musique contemporaine, né en 1977, il vit et travaille à Paris.

Valentine Meyer est commissaire d’exposition indépendante, membre de AICA France et directrice du programme de résidence d’artistes à la DENA Foundation for Contemporary Art. Elle vit et travaille à Paris.

MORE INFOS
Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr
Elisa Pône : http://michelrein.com/fr/artistes/expositions/31/Elisa%20P%C3%B4ne
Centre Pompidou : www.centrepompidou.fr

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UNCLE O PEEP-O-RAMA
Du 5 décembre 2014 au 16 janvier 2015
Vernissage le 5 décembre de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Uncle O est un homme de l’ombre. Collectionneur maniaque, compilateur hors pair, Dj et instigateur des fameuses soirées Toxic, son nom est indissociable de l’underground musical Français de ces 30 dernières années. Comme il n’est pas homme à se laisser enfermer dans un quelconque cliché, c’est son travail d’illustrateur qu’il présentera à la Galerie 12Mail / Red Bull Space en cette fin d’année. Nous avons demandé à une complice de longue date, Sophie Bramly, de nous présenter cet homme (trop) discret.

« Parmi les fans d’Uncle O, il y a ceux qui connaissent le DJ incroyablement pointu et novateur et ceux qui ne jurent que par son art graphique. Tous ne connaissent pas ses deux facettes, il prend indifféremment sons et images pour les tordre, les mélanger avec d’autres, focuser sur un point pour lui donner une force inédite. Uncle O procède toujours de la même manière : peu importe que l’objet soit visuel ou auditif, il avance comme un diamantaire qui trouve une pierre brute et la taille jusqu’à ce qu’elle brille comme une boule disco.

À 12 ans il quitte Saint-Tropez pour découvrir Lyon, la disco, le punk et la new wave, puis, à la fin des années 70 il fréquente les concerts de l’auditorium de l’École Nationale des Travaux Public. Il produit des flyers pour les concerts de James White, OMD, The Cure, Durutti Column, Section 25, YMG… En 1988, il crée une pochette pour un sampler de Factory Records, inspiré par Peter Saville qu’il affectionne particulièrement. Ainsi il met un pied dans le Xerox Art (qu’il aime toujours), le punk, Jamie Reid, X-Ray Specs, Vivienne Westwood et les catalogues de typo Letraset.

Paris, les Bains-Douches. Le jour, il s’occupe de faire des affiches et la promotion des concerts, la nuit, il est DJ. Il a assisté à Lyon à la première tournée de rap et commence à programmer des concerts qui sortent de la programmation habituelle : Whodini, D Train, Kurtis Blow, Fab 5 Freddy, D.St, Afrika Bambaataa, Sheila E. Sa soeur, CC, tombe amoureuse de Futura 2000, ils rentrent ensemble dans la famille pointue et généreuse du Hip Hop et du graffiti américain.

Uncle O s’intéresse à Haze (le créateur des logos des Beastie Boys, Def Jam, EPMD, Public Enemy, Tommy Boy, etc). Il aime Saul Bass, les logos de Bell Telephone, AT&T, Minolta, ou les affiches de films de Hitchcock qui sont de bonnes pistes d’influence. Tout comme PushPin Studios (Seymour Chwast et Milton Glaser), Jackson Pollock, John Carpenter ou George Romero. Peu importe d’où vient l’image, du moment qu’elle a été produite par un intégriste du style.

Dans les années 90, le patron de Virgin, Emmanuel de Buretel l’appelle en disant que les Rolling Stones cherchent une idée pour la pochette d’un nouveau disque. Uncle O travaille dessus sans y croire. Pourtant, son travail deviendra le gatefold à l’intérieur du disque Voodoo Lounge : une petite danse orgiaque de squelettes, de la fin du 19e siècle, avec laquelle il fait mouche.

Uncle O organise de plus en plus de concerts. La Cigale suit les Bains-Douches. Brand New Heavies, De la Soul, Arrested Development, Happy Mondays, Redman, The Alkaholiks ou La Cliqua… Le premier concert de Snoop Dog au Zénith est un plantage total. Deee-Lite à la Cigale, avec NTM en première partie provoque un vrai bordel : des gens escaladent le toit pour rentrer à tout prix, tout le monde veut y être.

Au début des années 2000, sur scène avec Solo, son complice de toujours, ils deviennent Toxic. Pour les premières soirées à la Boule Noire, ils se barricadent derrière un grillage en combinaison de chantier jaune électrique, avec des danseuses de pole dance qui rendent le public hystérique. La musique est hors norme, freaky dit-il. Le succès entraine la sortie d’une compilation Toxic.

À force de faire des pochettes de disques, de collectionner les vinyls sans distinction musicale, il commence à faire des compilations. Certaines sont mythiques ou collector, comme les Shaolin Soul, Champion Sound, Dirty South Bass (dont l’affiche et le disque ont été censurés, à cause d’une grosse paire de fesses) et plus récemment Cosmic Machine. Collectionneur insatiable, il continue de fouiller les magasins comme les brocantes. Il y a des rituels : tous les dimanches, un ami fait pour lui le tour des vide-greniers en province, et, par Skype, lui montre ce sur quoi il tombe, pour acheter ou non. En ce moment, c’est de la musique Turque, du Minimal Synth, de l’Italo Disco et beaucoup de bandes originales de films d’horreur. La musique de Los Angeles le poursuit inexorablement depuis le funk des années 80, du Hip Hop ou électro funk tordu comme Knxwledge, Sasac, Seven Davis Jr, Brian Ellis ou Zackey Force Funk.

Depuis quelques mois, il travaille sur Cerrone, et crée ou refait des pochettes du back catalogue, un peu hot parce que les images porno c’est très bon et que ça l’amuse beaucoup. Il s’est même vu proposer par Kraftwerk, un de ses groupes fétiches, de faire leur merchandising.

Peep-O-Rama présentera un travail qui reprend le principe de ses débuts : du Xerox Art qui a évolué au gré des technologies et des goûts musicaux d’Uncle O. Le principe reste punk : des images joyeusement détournées, provocatrices, irrévérencieuses, mais les univers sont aussi éclectiques que ses goûts musicaux, avec partout une pointe d’humour pour ne jamais se prendre au sérieux. »

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Contact presse 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr

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(french version below)

TREVOR JACKSON
YESTERDAY, TODAY, TOMORROW, FOREVER

March 21st to may 16th 2014.
Opening on march 21st from 6pm to 9pm.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris, France.
infos@12mail.fr

Musician, DJ and famous art director Trevor Jackson’s exhibition represents the cultural importance and hidden beauty of vinyl recordings. We asked the English magazine Dazed and Confused’s art critic Francesca Gavin, long time observer of Trevor’s work, to introduce the show :

« This is an exhibition about imperfections. A show about how experience changes us and the objects and environment around us. Over the past four years Trevor Jackson has created a series of microscopic images taken of records from his extensive personal collection. The aim – to capture detailed images of vinyl surfaces, highlighting the individuality of physical sound waves visually distorted by scratches, stains and smears – wear and tear the artist unintentionally inflicted upon them during decades of use.  These large scale graphic prints are being shown together publicly for the first time at the 12Mail / Red Bull Space Gallery.

The work can be seen as a reflection of our personal relationships to objects and how we amend and change them through their use and interaction with the human body. Here they also become a form of self portraiture, capturing Jackson’s own personality and emotional relationship with his objects and music. The grooves of a record, blown up to super-human size, appear almost organic, Instead of regular mechanical lines these images resemble veins of plants or cells.

The records that are captured, magnified and transformed into the monolithic images within this devotional space, range from the radical noise of Public Enemy, ethereal house of FIngers inc, perfect pop of The Beach Boys to the pioneering electronics of Jean Michel Jarre, all paying tribute to the physical recorded medium. The choices were based more on the aesthetic value than their audio elements, The method of this creation reflects the nuances and care in the creation of music itself. Jackson adapted the eyepiece used by engineers to check the grooves in cutting rooms where records were mastered into a unique camera, these result in a visual manifestation of the hiss, crackle and pop of vinyl. A visual translation of our ritualistic relationship to vinyl and music in a wider sense.  A soundtrack for the show has been created by Trevor entirely from minuscule elements from the recordings on display and will be released as a limited edition vinyl single to coincide with the exhibition, along with a specially produced publication.

London-based artist, musician, designer, producer and DJ Trevor Jackson has been making visual work since he founded his first design company ‘Bite It!’ in 1987. He has exhibited and created projects for art institutions including London’s ICA and Barbican, Gateshead’s Baltic, and the Onedotzero festival, won various international design awards for his work with the band Soulwax and collaborated with clients such as Nike, BMW, Lexus, Coca Cola, & Uniqlo. Alongside his visual work he is best known for his  music project ‘Playgroup’ and the seminal record label Output Recordings (original home to Four Tet & LCD Sound System). His remix and production work for artists like Dinos Chapman, Massive Attack, U2, the Gossip & Tiga along with his classic DJ Kicks (K7) mix album and acclaimed compilation series entitled ‘Metal Dance’ (Strut) have maintained his status as an important and highly respected figure within contemporary audio visual culture.

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Press contact 12Mail : infos@12mail.fr
Communication Culture Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
Trevor Jackson : http://www.trevor-jackson.com

TREVOR JACKSON Yesterday, Today, Tomorrow, Forever from redbullfrance on Vimeo.


TREVOR JACKSON
YESTERDAY, TODAY, TOMORROW, FOREVER

Du 21 mars au 16 mai 2014.
Vernissage le vendredi 21 mars de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.


Musicien, Dj et directeur artistique réputé, Trevor Jackson propose une exposition en forme de déclaration d’amour au support vinyle. Un travail graphique et musical qui a pris forme lors d’une résidence au Red Bull Studios Paris. Nous avons demandé à Francesca Gavin, critique d’art au magazine Anglais Dazed & Confused et complice de Trevor de nous présenter son exposition :

« Yesterday, Today, Tomorrow, Forever est une histoire d’imperfections. Au cours des quatre dernières années, Trevor Jackson a créé une série d’images microscopiques à partir de sa vaste collection personnelle de disques vinyles. Le résultat, qui met en scène des ondes sonores déformées physiquement par les égratignures des scratches, les tâches et les frottis divers, révélant l’usure que l’artiste a involontairement infligé à son support pendant des décennies d’utilisation. Ces impressions graphiques à grande échelle seront présentées publiquement pour la première fois à la galerie 12Mail / Red Bull Space.

Ce travail peut être considéré comme un reflet de nos relations personnelles avec les objets, de la manière dont les interactions avec l’humain les modifient, en altèrent les contours. En un sens, ils sont aussi une forme d’autoportrait, capturant la personnalité de l’artiste en révélant la relation affective qu’il entretient avec eux. Agrandis à taille humaine, ces sillons manipulés, déformés, semblent presque organiques, vivants, loin des nervures lisses, régulières et presque mécaniques du monde végétal.

Pour capter ces images, Trevor Jackson a adapté sur son appareil photo les oculaires utilisés par les ingénieurs pour vérifier les microsillons dans les usines de pressage. Un procédé qui rend visible, presque palpable, le souffle, le craquement, et le fameux « pop » vinylique, comme une traduction graphique de notre relation avec le disque, mais aussi avec la musique au sens large. Car les disques dont l’image et la structure sont transformées ici en images monolithiques sont choisis, du radical noise de Public Enemy à la house éthérée de Fingers Inc., de la pop parfaite des Beach Boys à la musique synthétique de Jean Michel Jarre, rendant un hommage au média disque autant qu’à son contenu immatériel. Une bande-son a également été créée à partir de minuscules éléments des enregistrements en jeu dans l’exposition. Cette pièce sonore conçue en résidence au Red Bull Studios Paris sera publiée sur vinyle en édition limitée, accompagnée d’une publication. »

Musicien, créateur, producteur et DJ basé à Londres, Trevor Jackson a investi le champ des arts visuels en fondant sa première entreprise de design, Bite It!, en 1987. Il a depuis exposé dans de nombreux centres d’art (ICA, Barbican, festival Onedotzero…), et remporté plusieurs prix internationaux de design, notamment pour son travail avec le groupe Soulwax. Il a par ailleurs collaboré avec des clients tels que Nike, BMW, Lexus, Coca Cola et Uniqlo. En parallèle à ses travaux visuels, il est aussi connu pour son projet Playgroup et son label Output (Four Tet, LCD Soundsystem), fondé en 1996. Ses productions et remix pour Dinos Chapman, Massive Attack, U2, The Gossip et Tiga, et sa célèbre compilation Metal Dance (Strut) ont par ailleurs fait de lui un personnage respecté de la culture audiovisuelle contemporaine.

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Contact Press 12Mail : infos@12mail.fr
Communication Culture Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
Trevor Jackson : http://www.trevor-jackson.com

A FEW PICTURES OF THE SHOW’S SOUNDTRACK RECORDING SESSION AT
RED BULL STUDIOS PARIS

all pics © Philippe Lévy.

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ILL-STUDIO

ILL-STUDIO
FETISHISTIC SCOPOPHILIA

Du 17 janvier au 14 mars 2014.
Vernissage le vendredi 17 janvier de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

12Mail, l’espace d’exposition de Red Bull France entame sa cinquième année en poursuivant ses pérégrinations aux frontières de la photographie, de l’illustration et de la presse indépendante. A l’heure où tout le monde s’autoproclame “DA” il nous a semblé intéressant de proposer une carte blanche aux français de Ill-Studio qui rendent ses lettres de noblesse à la discipline de “directeur artistique” en conciliant forme et fond, sens et esthétique, travail de commande et démarche artistique. Nous avons demandé au critique d’art Jean-Max Colard de vous présenter leur travail sur cette exposition en quelques mots :

“ Ill-Studio ? Je les considère d’abord comme des « esthètes du contemporain ». Dans les termes, ce devrait être un oxymore, une contradiction : l’esthète au sens ancien et dandy du terme n’a en principe que dédain pour les productions démocratiques, pour les artefacts de la civilisation industrielle, pour les surfaces populaires, pour la foule qu’il snobe de toute sa hauteur, en aristocrate du goût.  Il y a de cela dans les travaux d’Ill Studio depuis leur création en 2007 : quelle que soit la commande qui leur est faite — un clip pour Tame Impala, une collection de vêtements avec Christophe Lemaire, une série de casques en collaboration avec la marque Ruby —, ils affectent à l’évidence un raffinement extrême, un culte soigné du Beau, un rapport fétichiste aux matières et aux signes, parvenant à conjuguer un minimalisme forcément épuré avec une préciosité qui confine à l’ésotérisme. Le style est leur style. Et cela passe avant l’affichage d’un quelconque savoir-faire technique ou l’adoption d’un protocole grapho-conceptuel.

Sauf que cette hyperesthésie qui est leur véritable maladie (illness), et dont ils sont visiblement atteints jusqu’à la scopophilie (soit une irrépressible pulsion scopique, le plaisir pris à regarder, à toucher du regard), s’applique non pas à des objets estampillés de qualité, mais à des formes indifféremment hautes ou basses de la culture contemporaine : un mauvais logo au look 3D dégradé,  un pan de mur en béton, le design italien d’Alessandro Mendini, un synthétiseur Roland-Juno 60, une veste de jogging Fila ou un costume Yves Saint Laurent. C’est ce fétichisme exigeant qu’on retrouve dans leurs directions artistiques et qui sera mis en scène dans l’exposition à la galerie 12Mail, où il s’agira de mettre en exergue des obsessions visuelles, d’exhiber des références, de goûter des matières brutes.

Parmi les adeptes du contemporain, on différenciera donc « les esthètes » des « érudits » : dans les années 1980, une génération d’artistes nommés Mike Kelley, Jim Shaw, mais aussi Richard Prince ou Haim Steinbach avaient dépassé les effets de surface du pop art pour devenir de véritables spécialistes de la culture populaire, de ses fanzines innombrables, de ses niches les plus underground. D’autres artistes continuent sur cette voie, tel Raphaël Zarka par exemple. Venant après eux, les « esthètes », telle l’artiste Dominique Gonzalez-Foerster, sont ceux qui peaufinent leur culture vernaculaire, qui passent du savoir érudit à un raffinement tout intellectuel. Outre l’ouvrage Neapolis consacré à une approche culturelle du skateboard, les deux fondateurs d’Ill-Studio ont également dressé l’inventaire de leurs références cultes dans un booklet intitulé Moodcyclopedia. Autant dire une encyclopédie personnelle, subjective, choisie. Ou comment détourner la culture de l’échantillon qui s’étale sur Google à des fins précieuses. Ill-Studio est un moteur de recherche esthétique. »

Créé en 2007, Ill-Studio est une cellule de création artistique basée à Paris et dirigée par Thomas Subreville et Léonard Vernhet. Le studio est investi dans de nombreux domaines, de la direction artistique à la photographie en passant par la mode, le graphisme, le cinéma et l’édition, tant pour des travaux personnels que pour des commandes. Ill-Studio a déjà collaboré avec des marques aussi prestigieuses que Nike, Colette, Supreme NYC, The New York Times, Louis Vuitton, Chanel, Lanvin, Christophe Lemaire, Lacoste and Tigersushi. Leurs travaux ont été exposés à Paris, Londres, Los Angeles, New York, Stockholm, Vienne ou Mexico.

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Contact presse 12Mail : infos@12mail.frwww.12mail.fr
Communication Culture Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
Ill Studio : http://ill-studio.com

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SANGHON KIM  « Echo »
Du 6 septembre au 8 novembre 2013.
Vernissage le vendredi 6 septembre de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

Illustrateur et Directeur artistique de talent, Sanghon Kim dévoilera les travaux préparatoires de son premier court métrage d’animation à 12Mail en septembre : dessins originaux et collaborations visuelles qui lèveront le voile sur un univers de science-fiction unique. Nous avons demandé à Etienne Menu, rédacteur en chef de la revue Audimat et ami de longue date de Sanghon de nous raconter ce projet inédit.

“ Le jour où j’ai rencontré Sanghon, je portais un tee-shirt du robot « Astro ». C’était dans les années 90, nous étions au lycée. On a jamais cessé de se voir depuis, et le mois dernier il m’a étrangement reparlé de ce tee-shirt avant de me demander de rédiger le présent texte. J’ai accepté, même si je ne connais rien à l’art – en même temps Sanghon n’a jamais trop fait l’artiste. Il est pourtant diplômé des Beaux Arts de Paris et depuis une dizaine d’années pratique avec succès les métiers de directeur artistique et d’illustrateur. Il a notamment réalisé de nombreuses pochettes de disques (dernièrement Sébastien Tellier, -M-). Ces dernières années, quand j’allais le voir chez lui, je tombais tout le temps sur des dessins et des aquarelles. Ce que j’ignorais, c’est que ces études étaient destinées à un projet de film d’animation : un court métrage de science-fiction baptisé Echo.

Au début de l’année, quand 12Mail a demandé à Sanghon d’exposer son travail, il était déjà en train de préparer Echo. C’est son projet le plus personnel et logiquement, il a proposé de montrer dans la galerie une large sélection de ses travaux préparatoires. Quand on parle de recherches visuelles pour un dessin animé ou un film fantastique, on appelle ça du « concept art ». Pour trouver les financements de La Guerre des Étoiles, George Lucas avait par exemple demandé à son directeur artistique Ralph McQuarrie de produire du concept art, à savoir une série de peintures à présenter aux producteurs.

C’est ce que Sanghon Kim va accrocher aux murs de 12Mail : les premières esquisses d’un film qui n’est pas encore fabriqué. Mais ce n’est pas très grave – c’est même pas plus mal, les œuvres inachevées. Surtout quand on peut les montrer avant même de savoir si on les finira : on assiste à une sorte de merveilleux rêve éveillé. Ce projet cinématographique qui s’amorce donc par un travail collectif. On pourra voir, lors de cette exposition, une sélection du matériel produit par Sanghon et d’autres travaux réalisés par des artistes amis : des photos de Camille Vivier, des dessins de Siegfried Jégard et des visuels d’Armand Béraud. Sanghon m’a demandé de garder l’histoire secrète, je dirai donc juste qu’il s’agit d’un conte de science-fiction romantique.

L’univers du film est inspiré par les deux grands tandems de l’animation française ; Jacques Prévert/Paul Grimault (Le Roi et l’oiseau) et Roland Topor/René Laloux (La Planète Sauvage). Mais sa force, c’est de mêler des références hétéroclites et de puiser dans l’histoire de l’art autant que dans la pop culture. L’esthétique, singulière et intemporelle, glisse quelque part entre le passé et l’actuel, tout en laissant filer le futur entre les interstices. L’exposition transformera donc 12Mail en atelier ouvert. Un atelier que l’artiste aurait quitté pour quelques jours, y laissant tout de même des traces organisées de son projet. Cette exposition s’apparente à un appel au devenir plus qu’à une réunion de travaux passés. Un rêve incertain qui aura au moins le mérite d’être partagé dans sa forme la plus simple : un dessin.

Entrez-y comme si vous alliez y écouter la version démo d’une chanson entêtante. Prenez-la quand même pour une œuvre en soi, même si elle adopte la forme d’un jubilatoire assemblage, et non d’une entité achevée. Et laissez résonner l’écho des images.”

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

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Communication Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
Sanghon Kim: http://www.monsieurlagent.com/#illustration/sanghon-kim

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ANGELO DI MARCO
Du 8 juin au 7 septembre
Vernissage le 8 juin de 18h à 21h.
12MAIL / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull France poursuit sa quête de modernité jusque dans le passé en vous proposant de redécouvrir le travail d’Angelo Di Marco, jeune dessinateur de 85 printemps passé maître dans l’art d’illustrer les faits-divers.

« Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. » Genèse 4:7-9 : c’est ainsi que la Bible nous raconte le premier meurtre de l’humanité. Quelques siècles plus tard, Victor Hugo reviendra sur « l’affaire Caïn » avec un poème épique, La conscience, qui s’achève sur ce vers définitif : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn » passé depuis à la postérité. Cet œil qui poursuit Caïn jusqu’au sépulcre, c’est celui de sa conscience, c’est celui de Dieu. C’est aussi celui d’Angelo Di Marco, plus grand illustrateur de faits-divers devant l’éternel.

Angelo Di Marco est né à Paris en 1927 de parents émigrés italiens. Son père est décorateur, il veut que son fils travaille à ses cotés et l’inscrit à l’Académie de dessin. Mais depuis son enfance, Angelo a une autre passion : la bande dessinée qu’il a découverte dans Le journal de Mickey. À 18 ans, il décide de prouver à son père qu’on peut vivre de cet art et part avec son carton à dessin sous le bras faire la tournée des journaux et des agences de presse. Son premier dessin, humoristique, paraît en 1946 dans Dimanche Paysage (l’ancêtre de France Dimanche) ; il se souvient : « j’avais représenté un passant qui lisait un bouquin sans s’apercevoir qu’il mettait le pied au-dessus d’une bouche d’égout ouverte ».

Le titre du livre : Voyage au centre de la terre, puis ça sera Ce soir, le Hérisson, Marius et La Vie Parisienne un hebdomadaire libertin où ses premiers lavis de pin ups le font remarquer par la revue Radar consacré aux faits de sociétés. Son dessinateur attitré, Rino Ferrari va avoir une influence déterminante sur Di Marco : « Il faisait toutes les unes du magazine depuis 10 ans: des accidents spectaculaires en général. On m’a confié l’illustration d’une rubrique intitulée Inouï, dans le style de Ferrari, qui traitait d’incidents surprenants de l’actualité: un chasseur qui abat trois sangliers avec une seule balle, le rapt d’un autobus par un passager… Je traitais ces histoires dans un style réaliste comme si l’on avait pris une photo au moment des faits. C’était très amusant de rendre vraisemblable l’invraisemblable. »  Lorsque Radar s’arrête en 1962, Di Marco fait un passage à Détective puis se consacre à la bande dessinée à Télé 7 jours et Télé Poche ( « je faisais des bandes dessinées comme Ivanhoé dont le slogan était, « les épisodes que vous ne verrez jamais à la télévision » dit-il en rigolant) avant de revenir en 68 à Détective (qui deviendra Qui Police ? puis Le Nouveau Détective) pour illustrer un feuilleton, et enfin les faits-divers, en pages intérieures puis en couverture jusqu’en 1986.

Le style de Di Marco explose alors sur tous les murs de France : gros plans, plans américains, plongées, contre-plongées, contrastes violents des noirs et blancs, perspectives exacerbées, figures grimaçantes… toutes les armes du vocabulaire cinématographique sont convoquées pour nous plonger au cœur des faits-divers, dans son climax, au moment précis où le bras du tueur s’abat sur sa proie. Chaque illustration de Di Marco est un défi lancé à l’imaginaire : réussir à représenter la peur, la haine et la souffrance de la manière la plus réaliste et expressive qui soit. En abolissant toute distance entre la scène du crime et le spectateur il réussit à nous transformer en témoin oculaire. L’œil est dans la tombe et ce que nous montre Di Marco est le fruit d’une documentation minutieuse : « La consigne à Détective était d’avoir le maximum de détails pour être le plus proche de la vérité, cela pouvait aller jusqu’au numéro d’une plaque d’immatriculation. Les reporters allaient voir les familles des victimes pour avoir des photos, photographier les lieux du crime sous plusieurs angles. Quand la gendarmerie ne voulait pas nous passer les photos de l’assassin ou de la victime, les journalistes faisaient des portraits robots détaillés ».

Mais le fait-divers est encore au début des années 80 un genre impur et Di Marco est souvent considéré comme un illustrateur faisant l’apologie du voyeurisme et de la violence. Une critique injuste à ses yeux: « Dans mes dessins, je suis du côté de la compassion, de l’empathie. Pour moi la nature même de mes dessins protège la victime puisque j’arrête le geste du meurtrier juste avant qu’il ne se produise. La victime reste ainsi sauve pour la postérité. ». Les quelques bandes dessinées pornographiques qu’il réalise alors sous le pseudonyme d’Arcor pour faire bouillir la marmite n’arrangent pas sa réputation. Pourtant des amateurs éclairés commencent à s’intéresser à son cas et Métal Hurlant, machine à rêver pour tout fan bd des 80’s, est l’un des premiers magazines à faire appel à ses talents en dehors du réseau de la presse à sensation pour une superbe série sur les légendes urbaines parue en 1984. Alors que sa collaboration à Détective s’achève, une nouvelle carrière démarre pour Di Marco qui ne cessera de travailler avec l’ensemble de la presse française : de Gala à l’Huma en passant par l’Echo des Savanes, Playboy, Actuel, Voici, Marie Claire, le Nouvel Economiste, Télérama, La Vie, Le Parisien ou… Plongeur International personne ne sera épargné par son style foudroyant. C’est cette dernière période, plus proche mais paradoxalement moins connue que ses œuvres des années 70 et 80, qu’a choisi de mettre en lumière la galerie 12Mail. En s’affranchissant du fait-divers, Di Marco ose tout : split screens, raccourcis, transparences, couleurs… Ses illustrations prennent alors une dimension étrange et surnaturelle qui navigue de la brutalité du quotidien à un fantastique social burlesque et angoissant. Quelque part entre l’enfer sur terre et le royaume du beau bizarre, l’œil d’Angelo Di Marco n’a pas fini de planer au-dessus de nos têtes.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Facebook event : www.facebook.com/events/132878656836424

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VISAGES

VISAGES
Du 3 février au 30 mars 2012

Vernissage le vendredi 3 février de 18h à 21h.
12MAIL / Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

VISAGES, Une exposition collective et une publication dirigées par Joseph Ghosn avec les dessins de Charles Berberian, Theo Ellsworth, Charles Burns, Philippe Dupuy, Sammy Harkham, Frédéric Fleury, Blutch, Frédérique Rusch, Paul Hornschemeier, Caroline Andrieu, Nine Antico, Serge Clerc, Frédéric Poincelet, Antoine Marquis, Julien Carreyn, Emmanuelle Pidoux, Fanny Michaëlis, Ludovic Debeurme, Michael Deforge.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu en octobre 2009 par Red Bull évolue en commençant 2012 par des travaux qui dureront plusieurs mois dans la grande galerie. Moins d’espace, plus d’énergie avec une première exposition de l’année pilotée par Joseph Ghosn, un ami de la maison, journaliste clairvoyant, bloggeur respecté, grand amoureux des marges surtout. VISAGES explorera toutes les facettes du portrait dans la BD et proposera une sélection de dessinateurs français et internationaux de haut vol pour une expo BD qui n’en sera pas vraiment une. Quelques mots de Joseph :

« On ne regarde jamais assez les visages dessinés, les figures qui traversent une case, une page et les regards qui les habitent. La bande dessinée, pourtant, est un art de la représentation, du visage restitué, réinventé, mais toujours fidèle à lui-même, à sa vérité. Ou alors à la vérité telle que la perçoit le dessinateur. Les visages, donc, sont ces pièces centrales qui font que l’on reconnaît un personnage, une figure, immédiatement. La tension est toujours là, dans ce qui dessine l’ovale d’un visage, la souplesse ou la dureté d’un regard : le visage, donc, est bien l’ultime frontière de la bande dessinée – et du dessin, d’où qu’il provienne. C’est pour cela qu’en écho à une idée de la galerie 12mail (exposons de la bande dessinée), la seule réponse qui sorte et s’impose est celle de montrer des visages, d’accrocher des regards plutôt que de montrer des planches qui ont leur place dans des livres plutôt que sur des murs.

Le regard est central ici : celui de Lovecraft dessiné par Charles Burns, celui de Flash redessiné par Paul Hornschemeier, celui d’un soldat réinventé (rêvé presque) par Charles Berberian, celui d’une famille inventée par Ludovic Debeurme, celui d’actrices parties trop tôt mais ressuscitées par Caroline Andrieu… 18 dessinateurs, au total, certains issus de la BD, d’autres venus d’ailleurs, auront ainsi contribué à forger des yeux, des visages, des figures, pour construire une salle de cinéma à l’envers, comme pour faire en sorte que ces dessins, ces portraits, soient autant d’yeux lancés aux visiteurs de la galerie : venez nous voir vous regarder, semblent dire ces dessins. Où est le spectacle, qui sont les spectateurs ? Parfois, sur un dessin, l’absence d’une figure, la disparition d’un visage en gros plan, pointe bien cela : nous ne sommes plus que des fantômes errant dans un décor et ce sont les dessins qui nous content le mieux notre histoire, ce qui nous passe par la tête et les yeux.

Il faut revoir Faces de John Cassavetes, réécouter Faces & Names de Lou Reed & John Cale, et surtout relire désormais toutes vos bandes dessinées, droit tout droit dans les yeux. Fade to Grey.

JG»

A l’occasion de l’exposition VISAGES, 12Mail éditera une publication gratuite conçue par Laurent Fétis, éditée à 1000 exemplaires, regroupant les visuels de l’exposition sous forme de posters détachables. 12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull France où vous pourrez découvrir des artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

Event Facebook : www.facebook.com/events/147331515375879

Visuel © Paul Hornschemeier

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