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DUPUY & BERBERIAN CHEVAUCHEMENTS
Du 12 avril au 14 juin 2013.
Vernissage le vendredi 12 avril de 18h à 21h.
12Mail / Red Bull Space,  12 rue du Mail, 75002 Paris.

12Mail, l’espace de création et d’exposition conçu par Red Bull invite Dupuy et Berberian, deux auteurs – illustrateurs de renom et complices de longue date pour une exposition de dessins inédits. Joseph Ghosn, journaliste, essayiste et musicien évoque pour nous cet attelage hors-norme.

« I’d be riding horses if they let me / sleep outside at night and not take fright » – La chanson, Horses (écrite par Sally Timms, surtout interprétée par Will Oldham époque Palace Brothers), vient immédiatement à l’esprit en regardant les dessins préparés par Philippe Dupuy et Charles Berberian pour leur exposition à la galerie 12Mail – Red Bull Space. Une exposition qui, sous couvert de montrer des chevaux, pointe quasiment en contrebande une nouvelle liberté surgissant soudain dans leur travail, soit-il à deux ou en solitaires, chacun chez soi. Une liberté qui leur permet d’expérimenter, de sortir des cadres de la bande dessinée, où ils travaillent depuis 30 ans – la légende et Wikipedia affirment ainsi qu’ils se sont rencontrés en 1983.

Désormais, en plus de la BD, ils investissent d’autres champs, qu’ils sont les rares, dans leur métier, à oser : dessiner librement et hors cadres, improviser, tenter des installations, s’échapper surtout, toujours – ne jamais avoir peur d’être ailleurs. Cette sensation de liberté absolue se fait aussi ressentir grâce aux correspondances étranges, souvent intimes, parfois saisissantes, souvent impromptues, qui se font jour lorsque leurs dessins, selon le principe retenu ici, se chevauchent : l’un sur l’autre, en transparences dévoilant des corps, des espaces, des figures, des chevaux, des centaures recomposés à l’envi, par le calque, le décalque, la superposition.

Des fruits du hasard ? Pas vraiment. Plutôt de la télépathie dessinée et, surtout, une même source d’inspiration, très concrète : le morceau Cheval Mouvement de Rodolphe Burger, qu’ils accompagnent sur scène, improvisant des dessins sur ses sons. Cheval Mouvement, donc, dont on retiendra ici une phrase en lancer de flèche programmatique : « Would you like to see what else is in your bag ? » faisant écho à ce que Dupuy et Berberian jettent désormais à notre face de lecteurs qui ont appris à grandir en lisant leurs livres, en regardant leurs dessins : venez voir ce qu’il y a dans notre sac. Des surprises, à l’infini. Et pas mal de génie aussi. Du génie chevauché, fantastique.

12Mail est un lieu d’exposition et de rencontre conçu par Red Bull où sont exposés les travaux d’artistes et collectifs de talent, dans des domaines tels que l’illustration, le graphisme, la photo ou la mode.

MORE INFOS
Contact presse 12Mail : infos@12mail.fr
Communication Culture Red Bull France : solena.bertin@fr.redbull.com
FB Event : http://www.facebook.com/events/413835985377303

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Publication gratuite conçue par Laurent Fétis, éditée à 1000 exemplaires, regroupant les visuels de l’exposition sous forme de posters détachables.

La publication VISAGES est disponible à la galerie 12MAIl pendant la durée de l’exposition ainsi que dans les lieux suivants : Colette (Paris), Galerie Agnès B (Paris), Ofr (Paris), Lieu Unique (Nantes), Confort Moderne (Poitiers), Oogie (Marseille).

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DIY/+41 FM book

Livre tiré à 500 exemplaires dans le cadre de l’exposition //DIY FM à 12MAIL.

//DIY FM
Du 24 novembre 2011 au 27 janvier 2012
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

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© Catalina Martin Chico

//DIY FM
Du 24 novembre 2011 au 27 janvier 2012
12Mail … Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

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//DIY, preview

//DIY FM Du 24 novembre 2011 au 27 janvier 2012
Vernissage le jeudi 24 novembre 2011 de 18h à 21h.
12Mail … Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

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JSBJ – Bartholomew (in situ)

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a few pics from the JSBJ show

Photo 1 en partant du haut : © Travess Smalley
Photo 2 : © Sasha Kurmaz
Photo 3 : © Piotr Lakomi
Photo 4 : © Andreas Banderas
Photo 5 : © Amy Lombard

JSBJ Batholomew
Du 16 septembre au 17 novembre 2011
12MAIL… a Red Bull Space
12 rue du Mail 75002 Paris.

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vernissage JSBJ

All pix © Melchior Abeille.

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MWWWXC : ADOLESCENTIA AETERNUM
Par Joël Vacheron

I.
Tu tu ru tu tu tu ooh baby,
(Yeah, baby)

Mariah Carey, Dreamlover, 1993

On l’attend avec impatience, on la traverse dans la confusion, on se la remémore avec nostalgie.

You wait for it longingly, are confused when you listen to it but then remember it lovingly.

II.
Hello, hello, hello
How low.

Nirvana, Smells Like Teen Spirit, 1991

Transformation physiologique et catégorie historique, affirmation individuelle et collective, l’adolescence est entièrement marquée par le sceau de l’ambivalence et de la confusion. Malgré cette diversité, les références rattachées à cette période transitoire ne cessent de croître en importance, au point de devenir souvent des composantes prépondérantes dans la constitution d’un patrimoine culturel. Des séries TV aux activités sportives, en passant par les jeux vidéos ou la pornographie, tout le spectre de notre imaginaire porte l’empreinte d’expériences ou de références véhiculées durant l’adolescence. Cette tendance au jeunisme est devenue toujours plus manifeste à partir de la Seconde Guerre mondiale. Le déclin de l’autorité parentale, l’accroissement du pouvoir d’achat et l’exaltation de styles de vie inédits, tout cela à consolider l’impact joué par cette période dans l’éclosion de repères identitaires inédits. A travers la mise à jour continuelle de biens courants, une surenchère d’articles hétéroclites se sont progressivement imposés comme des privilèges exclusifs de la «jeunesse». Chaque décennie a ainsi drainé son lot de  courants qui, de manière plus ou moins spectaculaire, ont proposé des ripostes pour défier le conformisme de l’ordre établi.

Physiological transformation, historical category, individual and collective statement, adolescence is fully marked by ambivalence and confusion. Despite this diversity, references relating to this transitional period continue to grow in importance, often to become the main components in the formation of a cultural heritage. From TV series to sports, video games and even pornography, the whole spectrum of our imagination bears the imprint of experiences and references conveyed during adolescence. This trend cult of youth seems to have become exceedingly clear since World War II. The decline of parental authority, the increasing purchasing power and exaltation of new lifestyles have contributed to making this period an explosion of identity marks. Each decade introduces its own eras and, in more and more spectacular ways, offers new countermeasures to challenge conformity. Through continuous updating of current assets, an escalation of miscellaneous items gradually stood out as exclusive privileges belonging to the « youth »

III.
Jump around!

Jump up, jump up.

And get down!
Jump!

House of Pain, Jump Around, 1993

Bousculé par les effets synchrones de la globalisation et de l’individualisation, MWWWXC constitue un moment crucial dans cette évolution. Durant cette période, de nombreux secteurs de cultures alternatives atteignent leur masse critique. Salles de concerts, presse spécialisée, clubs, skateparks, festivals, battles de hip-hop, mur de graf’ etc., tout un pan de pratiques qui étaient jusqu’alors considérées de manière condescendante touche un public toujours plus large. Ce processus de légitimation répond en grande partie à la rentabilité avérée de certaines niches de marché, ainsi que de la bienveillance intéressée des autorités publiques, toujours plus soucieuses d’accroître leur capital cool. Par rapport au jusqu’au-boutisme des générations précédentes, cette situation impose des formes inédites de responsabilisation au sein des franges juvéniles. La pratique d’un sport, d’un instrument, des jeux vidéos, les loisirs sont de plus en plus envisagés sous l’angle de leur potentiel d’insertion professionnelle. Ceci est d’autant plus important qu’un  passe-temps, même le plus insignifiant, est désormais un atout pour démarrer une carrière, faire des expériences, se construire un réseau. L’expression d’une radicalisation trop explicite, l’affirmation marquée d’un manque d’ambition deviennent des prétextes de mise à l’écart. Lorsque toute une génération apprend qu’aucun choix n’est contingent, les marques ne tardent pas à fournir des étendards de ralliements rassurants. L’épanouissement personnel, la réussite professionnelle ou sentimentale, tout est le fruit de choix individuels. Être adolescent pendant MWWWXC, c’est surtout prendre conscience très jeune de la capitalisation des passions.

Disrupted by the synchronous effects of globalization and individualism, MWWWXC is a crucial time in this evolution.  During this period, a large number of alternative cultural sectors reached a critical mass. Whereas concert venues, core press, clubs, skateparks, festivals, hip-hop battles, graffiti walls etc. had so far been looked down on, they were now starting to appeal to an increasingly broad audience. This legitimatizing procedure was encouraged by the proven profitability of these niche markets as well as gradual interest of local authorities looking to increase their “cool capital”. Compared to the previous hardline generations, this situation introduced new forms of responsibility amongst youth. Sports, instruments, video games and other hobbies became more and more of a potential professional activity.  The idea that even the most insignificant hobby could be an asset to starting one’s career grew and people saw increasing importance in gathering experience and networking. Radicalization and lack of ambition became reasons of exclusion and brands soon offered to convey reassuring standards. A whole generation learned that no choice is contingent. Personal pleasure, professional or sentimental achievement, it is all just a case of making your own choices. Being a teenager in MWWWXC was becoming aware of the capitalization of passions.

IV.
No, no, no, no, no, no,

no, no, no, no, no, no,
there’s no limit!

2 Unlimited, No Limit, 1993

Dans cet univers dopé par des hymnes eurodance, les incitations à garder le rythme se font ressentir de plus en plus tôt. Les stimulations sont toujours plus ciblées, les drogues deviennent récréatives, les déviances empruntent des voies virtuelles et une succession d’artefacts servent de prothèses sociales pour contrer l’égocentrisme croissant. On nous apprend que les expériences doivent être toujours plus nombreuses, plus intenses, sans pour autant être exigeantes ou durables. Pour les plus lucides, le futur se congestionne dans des espoirs enfumés. Encore largement présentes durant la décade précédente, même les extrapolations utopistes se sont estompées. L’horizon est tout entier subordonné à des exigences de simultanéité. A l’instar des personnages désabusés de Kids ou des narrations sans scrupule de Bret Easton Ellis, MWWWXC standardise un regard à la fois distant et finalisé sur le monde. Un effet de nivellement découpe au scalpel les derniers filaments du romantisme. Une posture pragmatique s’impose dans une société qui nous oblige constamment à réévaluer les limites des phantasmes collectifs passés. Comme le souligne Alain Ehrenberg dans L’Individu Incertain, la rhétorique concurrentielle des années 80 laissait entendre que le premier venu pouvait réussir. MWWWXC laisse craindre que chacun peut sombrer dans la déchéance. Dans un tel contexte, les tensions et les provocations juvéniles s’expriment sous des formes toujours plus intimistes, plus radicales. La peur de la chute a définitivement pris le pas sur les rêves d’ascension

In a world doped on eurodance hymns, incentives to keep up with the rhythm were received from a very young age. Stimulation was increasingly sought, drugs became leisure, nonconformity became virtual and numerous artifacts serve as social prostheses to counter growing egocentrism. We are taught that experiences should be ever more numerous, more intense, without being demanding or sustainable. For the clear-sighted, future lies in  smoky perspectives. The futuristic extrapolations still around during the previous decade gradually disappeared. The horizon was entirely subject to the requirement of simultaneity. Like the characters in Kids or in the scrupulous narrations of Bret Easton Ellis, MWWWXC standardized both a remote and finalized look upon the world. A leveling effect that cut the last threads of romanticism. The pragmatic position is a survival instinct in a society that constantly invites us to reassess the limits of the collective fantasies of the past. As Alain Ehrenberg points out in L’Individu Incertain, the competitive rhetoric of the 80’s suggested anyone could succeed. MWWWXC raised the fear that we could all fall into decay. In this context, tension and juvenile provocations are expressed in more intimate, more visceral, ways. Fear of falling had definitely taken over the dreams of ascension.

V.
Now, now, now
Now, now, now…

DJ Shadow, Midnight in a Perfect World, 1996

Dans le même temps, de nouveaux usages technologiques diffusent des productions culturelles d’une teneur inédite. L’art du sampling ou du digging, de la référence ou du pastiche, l’adoption d’un regard rétrospectif devient une alternative prisée pour tempérer cette fuite en avant. Les différentes archives de la mémoire collective sont toujours plus accessibles. Cassé et séquencé sous des formes variées, le passé ressurgit comme une riposte face à l’obsolescence programmée de la prescience cybernétique. Tout au long de MWWWXC, les nouvelles configurations maillées ont accentué l’indétermination des productions artistiques. Saisis dans un enchevêtrement de références, les styles s’hybrident au point de changer de nature. Les réalités recomposées des images numériques nous invitent à éprouver la résistance de nos perceptions du monde. Nos regards apprennent à distinguer le caractère vraisemblable et évanescent des choses. Dans cet environnement aux temporalités multiples, hybridées, répétées, l’adolescence cesse de circonscrire un temps défini. Son caractère accidentel et transitoire traduit plutôt l’état psychique d’un monde qui perd peu à peu ses marqueurs de stabilité. En MWWWXC, les troubles de l’adolescence se confondent curieusement aux aléas du monde contemporain. La flexibilité, l’indistinction, l’ambivalence, la disruption, sont autant de symptômes qui expriment les désynchronisations croissantes vécues au quotidien. Quand les frayeurs millénaristes guettent, même le chaos est devenu une réalité pleinement assumée.

In the same time, current technical devices help to disseminate a certain type of cultural productions. The art of sampling or digging, the reference of parody, a retrospective glance become a popular alternative to escape living in the future. The various archives of the collective memory are more and more accessible. Sequenced in many shapes and forms, the past comes back almost as if to fight the obsolescence of the present cybernetics. All through MWWWXC, new configurations accentuated the indecision of artistic production. Seized within a labyrinth of references, styles hybridized to the extent of changing nature. The recomposed reality of numerical images invite us to test the resistance of our perceptions of the world. Our eyes learn to distinguish the likely and evanescent nature of what surrounds us. In an environment of multiple, hybridized and repeated temporality, adolescence continues to define a set or transitory period. Its contingency rather reflects the mental state of a world that is gradually losing its stability. In MWWWXC, adolescence troubles tend to merge with the vagaries of the modern world. Flexibility, indistinctness, instability, disruption, all these symptoms refer to the various effects of the desynchronization that effected daily life. Millenarian fears were lurking and even chaos became a fully accepted reality.

VI.
One more time

One more time
One more time

Daft Punk, One More Time, 2000

MWWWXC codifie l’adolescence dans des séquences éternellement réactivées.

During MWWWCX, adolescence turned into a series of eternally repetitive sequences.

Joël Vacheron est un sociologue et journaliste indépendant basé à Londres. Après avoir été assistant d’enseignement à l’Institut de Sociologie des Communications de Masse de l’Université de Lausanne, il a suivi le Master “Photography and Urban Cultures” au Goldsmiths’ College de Londres. Il collabore réguliérement à différents projets éditoriaux et travaille actuellement en tant que rédacteur en chef pour le site du magazine Vibrations et enseigne dans le cadre du Master Art Direction de l’ECAL. Ce texte a été écrit à l’occasion pour l’exposition, Batholomew à 12Mail.

Joël Vacheron is a journalist and cultural theorist based in London. After completing studies in Social Sciences (degree in 1997 and Master’s in 1999), he worked as a Teaching Assistant and Lecturer in visual culture at Lausanne University. He completed the MA Photography and Urban Cultures at Goldsmiths’ College London  (2006). He actually teaches in the MA Art Direction at ECAL (University of Art and Design Lausanne) and is currently Web Editor for music magazine Vibrations. This text was written for the JSBJ show at 12Mail.

Photo : Travess Smalley – Foam Form with Palm Tree

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All pix © Sophie Bramly

SOPHIE BRAMLY – 1981 & +
Du 17 juin au 2 septembre 2011
Vernissage le vendredi 17 juin de 18h à 21h.
12MAIL… a Red Bull Space, 12 rue du Mail 75002 Paris.

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