UNCLE O – PEEP-O-RAMA

UNCLE O PEEP-O-RAMA
Du 5 décembre 2014 au 16 janvier 2015
Vernissage le 5 décembre de 18h à 21h
12Mail / Red Bull Space, 12 rue du Mail, 75002 Paris

Uncle O est un homme de l’ombre. Collectionneur maniaque, compilateur hors pair, Dj et instigateur des fameuses soirées Toxic, son nom est indissociable de l’underground musical Français de ces 30 dernières années. Comme il n’est pas homme à se laisser enfermer dans un quelconque cliché, c’est son travail d’illustrateur qu’il présentera à la Galerie 12Mail / Red Bull Space en cette fin d’année. Nous avons demandé à une complice de longue date, Sophie Bramly, de nous présenter cet homme (trop) discret.

« Parmi les fans d’Uncle O, il y a ceux qui connaissent le DJ incroyablement pointu et novateur et ceux qui ne jurent que par son art graphique. Tous ne connaissent pas ses deux facettes, il prend indifféremment sons et images pour les tordre, les mélanger avec d’autres, focuser sur un point pour lui donner une force inédite. Uncle O procède toujours de la même manière : peu importe que l’objet soit visuel ou auditif, il avance comme un diamantaire qui trouve une pierre brute et la taille jusqu’à ce qu’elle brille comme une boule disco.

À 12 ans il quitte Saint-Tropez pour découvrir Lyon, la disco, le punk et la new wave, puis, à la fin des années 70 il fréquente les concerts de l’auditorium de l’École Nationale des Travaux Public. Il produit des flyers pour les concerts de James White, OMD, The Cure, Durutti Column, Section 25, YMG… En 1988, il crée une pochette pour un sampler de Factory Records, inspiré par Peter Saville qu’il affectionne particulièrement. Ainsi il met un pied dans le Xerox Art (qu’il aime toujours), le punk, Jamie Reid, X-Ray Specs, Vivienne Westwood et les catalogues de typo Letraset.

Paris, les Bains-Douches. Le jour, il s’occupe de faire des affiches et la promotion des concerts, la nuit, il est DJ. Il a assisté à Lyon à la première tournée de rap et commence à programmer des concerts qui sortent de la programmation habituelle : Whodini, D Train, Kurtis Blow, Fab 5 Freddy, D.St, Afrika Bambaataa, Sheila E. Sa soeur, CC, tombe amoureuse de Futura 2000, ils rentrent ensemble dans la famille pointue et généreuse du Hip Hop et du graffiti américain.

Uncle O s’intéresse à Haze (le créateur des logos des Beastie Boys, Def Jam, EPMD, Public Enemy, Tommy Boy, etc). Il aime Saul Bass, les logos de Bell Telephone, AT&T, Minolta, ou les affiches de films de Hitchcock qui sont de bonnes pistes d’influence. Tout comme PushPin Studios (Seymour Chwast et Milton Glaser), Jackson Pollock, John Carpenter ou George Romero. Peu importe d’où vient l’image, du moment qu’elle a été produite par un intégriste du style.

Dans les années 90, le patron de Virgin, Emmanuel de Buretel l’appelle en disant que les Rolling Stones cherchent une idée pour la pochette d’un nouveau disque. Uncle O travaille dessus sans y croire. Pourtant, son travail deviendra le gatefold à l’intérieur du disque Voodoo Lounge : une petite danse orgiaque de squelettes, de la fin du 19e siècle, avec laquelle il fait mouche.

Uncle O organise de plus en plus de concerts. La Cigale suit les Bains-Douches. Brand New Heavies, De la Soul, Arrested Development, Happy Mondays, Redman, The Alkaholiks ou La Cliqua… Le premier concert de Snoop Dog au Zénith est un plantage total. Deee-Lite à la Cigale, avec NTM en première partie provoque un vrai bordel : des gens escaladent le toit pour rentrer à tout prix, tout le monde veut y être.

Au début des années 2000, sur scène avec Solo, son complice de toujours, ils deviennent Toxic. Pour les premières soirées à la Boule Noire, ils se barricadent derrière un grillage en combinaison de chantier jaune électrique, avec des danseuses de pole dance qui rendent le public hystérique. La musique est hors norme, freaky dit-il. Le succès entraine la sortie d’une compilation Toxic.

À force de faire des pochettes de disques, de collectionner les vinyls sans distinction musicale, il commence à faire des compilations. Certaines sont mythiques ou collector, comme les Shaolin Soul, Champion Sound, Dirty South Bass (dont l’affiche et le disque ont été censurés, à cause d’une grosse paire de fesses) et plus récemment Cosmic Machine. Collectionneur insatiable, il continue de fouiller les magasins comme les brocantes. Il y a des rituels : tous les dimanches, un ami fait pour lui le tour des vide-greniers en province, et, par Skype, lui montre ce sur quoi il tombe, pour acheter ou non. En ce moment, c’est de la musique Turque, du Minimal Synth, de l’Italo Disco et beaucoup de bandes originales de films d’horreur. La musique de Los Angeles le poursuit inexorablement depuis le funk des années 80, du Hip Hop ou électro funk tordu comme Knxwledge, Sasac, Seven Davis Jr, Brian Ellis ou Zackey Force Funk.

Depuis quelques mois, il travaille sur Cerrone, et crée ou refait des pochettes du back catalogue, un peu hot parce que les images porno c’est très bon et que ça l’amuse beaucoup. Il s’est même vu proposer par Kraftwerk, un de ses groupes fétiches, de faire leur merchandising.

Peep-O-Rama présentera un travail qui reprend le principe de ses débuts : du Xerox Art qui a évolué au gré des technologies et des goûts musicaux d’Uncle O. Le principe reste punk : des images joyeusement détournées, provocatrices, irrévérencieuses, mais les univers sont aussi éclectiques que ses goûts musicaux, avec partout une pointe d’humour pour ne jamais se prendre au sérieux. »

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Contact presse 12Mail / Guillaume Sorge : infos@12mail.fr
12Mail / Red Bull Space : www.12mail.fr

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